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Le plan de la Suisse c'est d'avoir 20 000 stations de recharges d'ici 2025. Mais, s'il n'y a plus de voitures à essence en 2035, elle peut ajouter un zéro derrière.
Le plan de la Suisse c'est d'avoir 20 000 stations de recharges d'ici 2025. Mais, s'il n'y a plus de voitures à essence en 2035, elle peut ajouter un zéro derrière.Image: Shutterstock
Interview

L'Europe enterre les voitures à essence et force la Suisse à l'imiter

Ce mercredi, la commission européenne a annoncé sa volonté de mettre fin aux ventes de voitures à essence dès 2035. Une décision de promouvoir les voitures électriques qui va se répercuter en Suisse. Décryptage avec François Launaz, président d'Auto-Suisse, l'association des importateurs automobiles.
14.07.2021, 14:3902.08.2021, 09:58
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Êtes-vous surpris par l'annonce de la commission européenne de bannir les voitures à essence dès 2035?
François Launaz: Non, cela fait un moment que ça bougeait dans la marmite. Le passage au tout électrique, c'est une tendance qui est dans l'air, les marques s'y préparent gentiment. Mais 2035, c'est très court, c'est un immense challenge. Tout le monde va devoir accélérer. Pour certaines marques, ce sera possible, mais je ne sais pas si toutes pourront suivre. C'est une vraie révolution industrielle, il faut changer toute la chaîne de production. Cela risque aussi de laisser la place à d'autres acteurs, notamment chinois, qui sont plus avancés dans le domaine.

La décision concerne l'Europe, mais que va-t-il se passer en Suisse?
Nous serons bien obligés de suivre la volonté européenne. On ne peut pas fabriquer des voitures à essence uniquement pour la Suisse. Il faut se rendre compte qu'à l'échelle mondiale, on représente moins d'une journée de production par année. Mais je pense que le changement va se faire plutôt naturellement grâce à la pression des lois et du peuple. Aujourd'hui, la voiture électrique va de soi, les Suisses ont conscience des problèmes de la planète et savent qu'il faut faire quelque chose.

«C'est un gros changement pour les automobilistes, l'Etat doit les soutenir et les motiver»

Concrètement, qu'est-ce que ça va changer chez nous?
C'est un pas gigantesque, il faut que notre pays puisse le suivre et même le devancer pour se préparer à accueillir toutes ces voitures électriques. Le plan de Simonetta Sommaruga, c'est d'avoir 20 000 stations de recharges d'ici 2025. Mais, s'il n'y a plus de voitures à essence en 2035, elle peut ajouter un zéro derrière. Le deuxième point important, c'est de développer l'infrastructure capable de produire suffisamment d'électricité propre pour alimenter ces voitures. Finalement, il faut que le gouvernement mette en place de bonnes conditions cadres, par exemple en faisant en sorte que ce soit intéressant fiscalement d'acheter une voiture électrique ou en facilitant l'installation de stations de recharge pour les locataires, qui représentent 70% de la population, et pour ceux qui n'ont pas de garage.

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En termes de budget, quel sera l'impact sur le porte-monnaie des automobilistes?
Pour le moment, les voitures électriques sont plus chères à l'achat, mais on se rattrape à l'usage parce que le coût au kilomètre est plus faible (réd: lui-même roule en voiture électrique depuis trois ans). La difficulté, pour certains, c'est de sortir le cash au début. Le problème principal, actuellement, c'est le prix des batteries. Mais c'est une histoire de technologie et de volume, les prix devraient donc diminuer dans les années à venir et là, ce sera vraiment intéressant financièrement.


Un pantalon de 70 mètres de long présenté à Beromünster (LU)

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Un pantalon de 70 mètres de long présenté à Beromünster (LU)
source: sda / urs flueeler
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