Suisse
France

Ces Suisses soutiennent les meurtriers présumés de Quentin

La mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite identitaire nationaliste, survient le 14 février 2026 à Lyon à la suite de blessures causées deux jours plus tôt lorsqu’il est battu par plu ...
L’affaire Quentin déborde en Suisse: à Genève, des antifas réclament la libération des suspects interpellés à Lyon.Image: montage watson

Ces Romands affichent leur soutien aux meurtriers présumés de Quentin

Deux groupes d'extrême gauche genevois affichent sur une banderole leur «soutien aux 11 de Lyon», soit le nombre de suspects interpellés dans l'enquête pour homicide volontaire sur la personne de Quentin, jeune militant nationaliste français. L'éclairage de Jean-Yves Camus, spécialiste des radicalités.
20.02.2026, 17:1020.02.2026, 21:13

Après les tags néonazis apparus cette semaine sur la façade de l’«espace autogéré» de Lausanne en soutien à Quentin Deranque, le jeune nationaliste identitaire tué jeudi 12 février à Lyon par des antifascistes, deux groupes d’extrême gauche genevois ont apporté le leur aux «11 de Lyon» dans une publication Instagram montrant une banderole déployée devant un mur rempli de graffitis. «Free all antifas», «Libérez tous les antifas», peut-on lire aussi sur la banderole

Les «11» en question renvoient au nombre d’individus interpellés et pour certains d’entre eux placés en détention provisoire dans le cadre de l’enquête pour homicide volontaire sur la personne de Quentin, lynché alors qu’il était au sol. Parmi les suspects incarcérés figure Jacques-Elie Favrot, l'assistant parlementaire du député de la France insoumise (LFI) Raphaël Arnault.

Arnault est le fondateur en 2018 du groupe la Jeune Garde antifasciste, dissoute en 2025 pour violences et dont les liens avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon sont démontrés. Favrot, comme d'autres suspects du meurtre de Quentin, ont appartenu à la Jeune Garde.

Nés en 2017 et 2022

Les deux groupes à l'origine de la banderole suisse portent le nom de Secours rouge Genève et de Ligne rouge. Le premier aurait été créé en 2017, le second en 2022.

Révélée par le site français d’extrême droite Boulevard Voltaire, présent sur les réseaux sociaux, la photo de la banderole est accompagnée sur les comptes Instagram des deux groupes genevois d’un texte ne montrant aucune compassion pour la victime. En voici un extrait:

«(…) Nous avons vu un déferlement médiatique sans précédent visant à angéliser Quentin qui serait un pauvre nouveau catholique, tout juste patriote et surtout pacifiste. Il aurait été lynché par une horde de barbares d’extrême gauche assoiffés de sang. Les faits rattraperont bien vite le récit médiatique, les militants néofascistes étaient armés de gazeuses, béquilles et d’engins pyrotechniques, ils étaient bien là pour se battre.»
Secours rouge Genève et de Ligne rouge

Enquête en cours

Les faits survenus jeudi 12 février à Lyon doivent encore être établis avec exactitude par l’enquête. Rien ne permet de dire à l’heure actuelle que Quentin, venu avec d’autres jeunes gens assurer la sécurité de «féministes identitaires» de Némésis opposées à la conférence que tenait ce jour-là la députée européenne Rima Hassan dans les locaux de Science Po Lyon, ait participé à la confrontation qui a opposé avant les coups mortels antifas et nationalistes identitaires. Décrit de corpulence frêle, pesant 64 kilos selon son père, Quentin n’avait a priori pas un physique fait pour la «castagne».

Dans leur texte, Secours rouge Genève et de Ligne rouge cite l’Allemande Clara Zetkin, une marxiste morte en exil à Moscou en 1933, qui pourfend «le pacifisme démocratique bourgeois (…) qui refuse la violence». A l'opposé, les deux groupes antifascistes genevois justifient le recours à la violence en certaines circonstances.

Un jeune soutien témoigne

Nous avons joint par téléphone un jeune Romand qui a «liké» la publication en soutien aux «11 de Lyon». Il s'explique:

«J’ai liké non pas pour approuver la mort de Quentin, même si l’Histoire nous enseigne qu’il faut parfois tuer pour combattre le fascisme, mais pour dénoncer le déferlement médiatique et l’incroyable récupération politique de cet événement.»

Notre interlocuteur ajoute: «Malgré le mort de Lyon, on ne peut pas mettre au même niveau de moralité les antifascistes et les fascistes.»

«Névrose antifasciste»

On retrouve ici un raisonnement qui consiste à justifier la mort d’un individu désigné comme fasciste. Joint par watson, Jean-Yves Camus, spécialiste des radicalités, décrypte ce qu’il appelle une «névrose antifasciste».

«Nous sommes dans une sorte de répétition permanente de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, où des groupes antifascistes nous enjoignent d’être perpétuellement vigilants et d’être aussi des résistants prêts à affronter le fascisme par la confrontation, comme les résistants l’ont fait il y a 80 ans.»
Jean-Yves Camus

Jean-Yves Camus ajoute:

«Or, c’est là une interprétation totalement erronée de l’histoire. Il n’existe pas aujourd’hui un pouvoir nazi avec des camps d’extermination. Nous vivons dans une démocratie libérale et non pas fasciste. Ce qui ne veut pas dire que nous ne devons pas nous prémunir, comme nous nous y employons par la défense de nos valeurs, contre un régime dictatorial ou totalitaire.»
Jean-Yves Camus

Une marche sous haute surveillance

Une marche en hommage à Quentin Deranque, prévue ce samedi à Lyon, est autorisée par la préfecture du Rhône dans le cadre d’un dispositif de sécurité «de haut niveau», ont fait savoir les services de l’État ce vendredi. «En parallèle, écrit Le Figaro, deux arrêtés préfectoraux ont été pris pour interdire toute manifestation dans plusieurs quartiers de Lyon, dont les pentes de la Croix-Rousse, bastion des "antifas" et dans le 7e arrondissement, lieu de la marche pour Quentin, et pour autoriser la captation d’images par drone durant la marche.»

- Code Vein II trailer
Video: youtube
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
3 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
3
«L’appréciation du franc face au dollar» oblige Bernina à délocaliser
La délocalisation prévue de la production Bernina du lac de Constance vers l’Asie est désormais actée. Même la procédure de consultation avec le personnel n’a rien pu y changer. Les suppressions d’emplois, avec 27 licenciements, restent toutefois moins importantes qu'initialement craintes.
Ce qui s’est dessiné de plus en plus clairement ces dernières semaines se concrétise désormais: le fabricant thurgovien de machines à coudre Bernina ferme son dernier site de production suisse, situé à Steckborn, et délocalise ses activités dans son usine en Thaïlande.
L’article