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Ni trop hommes, ni trop femmes: voici comment se définissent les Suisses

Comment se positionnent les Suisses vis-à-vis de leur genre? Se sentent-ils discriminés? Se définissent-ils comme strictement homme, femme ou non-binaire? Une étude publiée mardi a tenté de faire la lumière sur ce sujet complexe.
28.12.2021, 17:0029.12.2021, 12:52

En Suisse, plus de 99% de la population se considère clairement comme homme ou femme. Mais attention: il est toutefois important d'apporter des nuances.

Strictement «homme» ou «femme»? C'est un peu plus compliqué que ça...

Effectivement, selon un sondage sur le thème du genre mené par l'institut Sotomo, le tableau se complexifie lorsqu'il s'agit de caractéristiques concrètes. En effet, si une très petite minorité de la population se considère explicitement comme non-binaire (0,4%), rares sont les personnes qui se décrivent comme exclusivement masculines ou exclusivement féminines.

  • Seuls 14% des hommes s'estiment exclusivement masculins.
  • 6% seulement des femmes s'estiment exclusivement féminines.
  • 12% des hommes et des femmes se perçoivent autant féminins que masculins.

Les femmes se sentent davantage limitées par leur genre

Selon l'étude, pour 55% de la population, le sexe joue un rôle important pour la construction de sa propre identité. Et c'est particulièrement le cas des femmes:

  • 60% d'entre elles considèrent que leur sexe détermine qui elles sont.
  • Contre seulement 49% des hommes.

Autre fait pointé par le sondage: les femmes sont davantage confrontées à leur féminité en raison de discriminations persistantes. De leur côté, il semblerait que les hommes associent moins leurs possibilités et leurs limitations à leur sexe.

Un fossé gauche-droite chez les messieurs

Un fossé idéologique apparaît toutefois chez les hommes en fonction de leur bord politique quand on leur demande «l'importance d'être un homme».

  • Pour 62% des hommes de droite, être un homme est important, voire très important pour deux tiers d'entre eux.
  • En revanche, seuls 12% des hommes de gauche s'identifient très fortement à leur sexe.

Une différence biologique et sociale

Une majorité des sondés s'accordent sur le fait que les différences entre les sexes ont des raisons aussi bien biologiques que sociales.

De chaque côté du tableau, 17% pensent que les différences de comportement sont innées. De même, 17% sont d'avis qu'elles sont uniquement le résultat de conventions sociales. Les hommes plutôt âgés surtout soulignent l'importance des facteurs biologiques.

Une société plutôt ouverte sur d'autres possibilités

Seuls 18% des personnes interrogées pensent qu'il n'y a que des femmes et des hommes. Le fait que certaines personnes ne se laissent pas classer dans ce schéma est aujourd'hui courant, selon l'étude.

Le casse-tête administratif

Si les sondés se montrent ouverts en termes de diversité des genres, ils sont en revanche plus divisés sur la manière de gérer cet état de fait dans l'administration. Aujourd'hui, en Suisse, il faut encore se désigner comme homme ou femme dans les documents officiels. Une bonne moitié des personnes interrogées souhaiterait que cela change, l'autre moitié s'y oppose.

Une majorité n'accepte pas l'étoile de genre et d'autres formes d'écriture similaires: 7% seulement les utilisent. Le masculin générique, soit l'utilisation de la forme masculine pour désigner également les femmes comme c'est le cas en français, ne remporte les faveurs que de 27% des sondés.

Pour son étude, Sotomo a interrogé en ligne 2690 personnes dans les trois régions linguistiques entre le 29 septembre et le 1er novembre. Les résultats ont été pondérés afin d'être représentatifs de l'ensemble de la population.

(ats/mbr)

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