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On les appelait «travailleurs essentiels», aujourd'hui ils sont dans les rues de Suisse

Le personnel soignant, mais aussi les autres branches qualifiées d'essentielles pendant la pandémie: la construction, l’artisanat et l’industrie en ont assez et le disent ce samedi.
30.10.2021, 15:3731.10.2021, 09:35

Samedi, dans les villes de Berne, Genève, Olten, Zurich et Bellinzone près de 12 000 travailleurs sont descendus dans la rue à l'appel des syndicats. Ce mouvement rassemble des soignants, des ouvriers du bâtiment et de l'industrie ou encore de l'artisanat. Tous réclament davantage de considération pour leur travail durant la pandémie:

«Nous avons fait fonctionner l'économie... À notre tour d'en bénéficier maintenant!»
Syndicat Uniasource: unia vaud

A noter que le peuple suisse votera le 28 novembre prochain sur l'initiative sur les soins infirmier. Cette dernière, réclame que la Confédération et les cantons soutiennent davantage ce secteur.

A Berne, les soignants au front

A quatre semaines de la votation sur l'initiative sur les soins, le personnel soignant est descendu dans les rues de Berne (ici 👇). Les manifestantes et manifestants réclament de meilleures conditions de travail et plus de respect.

Image: sda

En début d'après-midi, plus de 1000 personnes se sont rassemblées sur la place «Schützenmatte» de Berne. Avant de se mettre en ordre de marche pour gagner la Place fédérale, des professionnelles et des professionnels des soins provenant de toutes les régions du pays ont témoigné:

  • De l'«état de nécessité» actuel dans le domaine de la santé.
  • Les discours ont vanté les mérites de l'initiative «pour des soins infirmiers forts» qui veut revaloriser les conditions de travail, soumise au vote le 28 novembre.
  • Le contre-projet du Parlement, qui se contente d'une offensive dans la formation, ne suffit pas.
  • «A quoi bon, si tant de personnes quittent ensuite le métier?», a dit une oratrice.
  • Une réforme fondamentale du système de santé est nécessaire.

Toujours à Berne 👇

Image: sda

Sur des pancartes, on pouvait lire:

«Nous vous sauvons, sauvez-nous»
«Stop au burn-out et à l'épuisement»

La manifestation est organisée par l'Alliance des professions de la santé, qui regroupe plus de 10 organisations professionnelles et syndicales et est à l'origine de l'initiative sur les soins.

Que contient le texte sur lequel nous voterons?
L'initiative demande à la Confédération et aux cantons de garantir qu'il y ait suffisamment de diplômés. Il vise également à inscrire dans la Constitution une réglementation des salaires du personnel soignant et veut imposer à la Confédération de veiller à une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale.

Pour le Conseil fédéral et le Parlement, ces demandes vont trop loin. Le contre-projet indirect prévoit d'améliorer la situation sur le front de la formation. Mais, aux yeux des autorités, pas question d'inscrire dans la Constitution une catégorie socio-professionnelle. Et la Confédération ne doit pas réglementer les salaires.

Ailleurs en Suisse, la convergence des luttes

Les soignants sont au cœur de l'actualité ces jours, car la votation approche, mais ils ne sont pas les seuls travailleurs à être descendus dans les rues. Les métiers de l'artisanat, l'industrie ou du bâtiment se sont également mobilisés, comme ici à Genève 👇.

Les syndicats pointent les injustices suivantes:

  • Les travailleurs de la construction n'ont pas eu droit au travail à distance, pas plus que les vendeuses ou les soignantes qui ont œuvré d'arrache-pied en première ligne au plus fort de la pandémie.
  • La crise du Covid-19 montre à quel point la société dépend de centaines de milliers d'employés qui travaillent dans des métiers de services mal payés.

Une hausse des salaires est nécessaire, selon les syndicats

Les représentants des salariés estiment que les éléments suivants sont devenus la norme pour le personnel, dont une majorité de femmes:

  • Le stress et sous-effectifs chroniques.
  • Le refus du patronat de signer des conventions collectives de travail (CCT).
  • Les bas salaire et surcharge de travail.
  • Dans la construction, les problèmes de relève et de stress augmentent dans des proportions encore jamais vues.

Des arguments qui selon le syndicat doivent mener à une hausse des salaires. Unia, sur son site, évoque un autre argument en faveur d'une hausse des salaires 👇:

«Les carnets de commandes de beaucoup entreprises sont pleins, mais celles-ci menacent de geler à nouveau les salaires dans tout le pays, alors que les prix augmentent pour les salariés ordinaires.»
Ces professions ont-elles raison de manifester?

A quoi se monte le salaire minimum, selon les syndicats?

A l'occasion de cette journée les syndicats demandent:

  • 13 mois de salaire mensuel à 4200 francs, en particulier pour les professions féminines essentielles.
  • Plus de respect pour le travail des femmes.
  • Des CCT.
  • Des places de travail sûres et des chantiers bien organisés.
  • Le syndicat a aussi exprimé son rejet de la hausse de l'âge de la retraite pour les femmes.

Où se situaient les manifestations?

Si le cortège de Berne, au vu de la symbolique politique de la capitale fédérale, se concentrait surtout sur les soignants, d'autres villes ont réuni les manifestants et leurs revendications, les voici 👇:

(jah/ats)

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