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Confinement, certif dans le bus, retour du masque, quelles mesures pour la Suisse?

Alors que le Conseil fédéral reste impassible face à la 5e vague, la France, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne mettent en place de nouvelles restrictions sanitaires pour lutter contre le Covid. Seraient-elles pertinentes en Suisse?
26.11.2021, 05:2626.11.2021, 10:58
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Le masque de retour partout

La France l'a annoncé ce jeudi, le port du masque redeviendra obligatoire dans tous les espaces clos (restaurants, cinémas, spectacles, événements, etc.) de l'Hexagone et ce même pour les porteurs du passe sanitaire. Les autorités régionales ont également la possibilité d'imposer le masque à l'extérieur, au cas par cas.

Pour l'infectiologue Philippe Eggimann, aucun doute, la Suisse devrait s'inspirer de la décision française:

«C'est la mesure urgente à prendre dès maintenant et qui sera la plus efficace»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

Il souligne que le variant Delta est plus contagieux que les versions précédentes et rappelle que les vaccinés – même s'ils ont moins de risque de souffrir d'une forme sévère de la maladie – participent à transmettre le virus. «Si on veut ralentir la circulation du Covid, il faut remettre le masque à l'intérieur, au travail, au restaurant. C'est embêtant, mais c'est très efficace et facile à mettre en place»,

Infectiologue au Chuv, Serge de Vallière se montre plus mesuré. «Le masque est surtout utile dans les espaces où les gens sont très près les uns des autres. Donc, ce serait bien de le porter dans les lieux publics où on ne peut pas respecter les distances, comme les cinémas». Mais le spécialiste n'irait pas aussi loin que la France:

«A part pour certains métiers où vous avez beaucoup de contacts, je pense que ce n'est pas nécessaire de généraliser le retour du masque au travail»
Serge de Vallière, infectiologue au Chuv et Unisanté

Le certif seulement pour les vaccinés et les guéris

Depuis la semaine passée, l'Allemagne applique la stratégie des 2G sur 3 (de l'allemand «geimpft» pour vacciné, «genesen» pour guéri et «getestet» pour testé). En clair, seules les personnes vaccinées et guéries ont accès au certificat Covid et donc aux lieux publics. Un simple test ne suffit plus.

Une mesure qui n'a pas vraiment de sens du point de vue de la transmission du virus, à écouter Serge de Vallière. «Médicalement parlant, il est tout à fait raisonnable de donner un certificat valable deux ou trois jours à une personne testée», analyse-t-il tout en soulignant que la démarche est une manière d'inciter les non-vaccinés à passer par la case piqûre.

Philippe Eggimann va dans le même sens. «Cela va renforcer la contrainte sur les non-vaccinés, mais c'est une mesure plus sociéto-politique que médicale». L'expert précise que, si la restriction est facile à mettre en place, elle n'est pas forcément prioritaire et risque de susciter beaucoup de polémiques.

La 3ᵉ dose pour tous

Plusieurs pays, notamment la France, ont déjà opté pour l'ouverture de la troisième dose pour tous les adultes. «C'est très efficace pour limiter la circulation du virus et les formes graves de la maladie. Dans la semaine après l'injection, l'immunité remonte déjà», approuve Philippe Eggimann. Tout en invitant les plus de 65 ans à se faire revacciner sans attendre, l'infectiologue pointe aussi la nécessité pour les autorités de réaugmenter les capacités de vaccination. Il ajoute:

«C'est une mesure extrêmement importante pour nous prémunir contre les effets de la 5e vague»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

De son côté, Serge de Vallière met surtout en avant la nécessité d'administrer un rappel aux personnes à risques et aux plus de 65 ans. Pour les autres, l'infectiologue n'est pas sûr qu'une troisième dose soit vraiment capitale à ce stade. «La vaccination de base est probablement suffisante pour les jeunes pour le moment. Pour combien de temps? Seul le temps nous le dira».

A ses yeux, ce n'est donc pas là que se fera la différence, d'un point de vue épidémiologique:

«Là où il faut mettre le paquet, c'est sur la vaccination de base pour ceux qui résistent encore»
Serge de Vallière, infectiologue au Chuv et Unisanté

Le confinement

La mesure a fait beaucoup parler ces deniers jours. Face à la hausse des cas et des hospitalisations, l'Autriche a décidé de reconfiner sa population. «Ce serait totalement exagéré pour la Suisse aujourd'hui. Nous avons un nombre d'infections conséquent, mais les hôpitaux restent plutôt vides», affirme Serge de Vallière. S'il reconnaît que la restriction serait efficace, il souligne à quel point elle serait impopulaire, coûteuse et difficile à imposer chez nous.

«Ce n'est pas une mesure que qui que ce soit aimerait prendre»
Serge de Vallière, infectiologue au Chuv et Unisanté

Philippe Eggimann assure, lui aussi, que ce serait la «mesure ultime». Pour autant, le spécialiste assure qu'elle est tout à fait envisageable dans notre pays également. Il va plus loin:

«Les Suisses ne sont pas à l'abri d'un confinement à Noël»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de Suisse romande

L'infectiologue explique que, si le système sanitaire venait à être débordé dans les semaines à venir, les autorités seraient obligées de prendre cette décision pour éviter de se retrouver dans une situation où les médecins devraient trier les patients, faute de pouvoir s'occuper de tout le monde.

Et, selon le président de la société médicale de Suisse romande, deux nouveaux facteurs pèsent désormais sur les soins intensifs:

  • «Contrairement à l'an passé, nous ne pourrons pas doubler la capacité hospitalière, car nous avons moins de réserve de personnel, il y a eu des départs dans la profession».
  • «Les patients en réanimation sont plus jeunes qu'en 2020 et ont donc moins de comorbidités, ils vont donc séjourner plus longtemps et risquent d'engorger les soins intensifs».

Le certificat dans les transports publics

La mesure vient d'Italie. Désormais, l'accès aux transports publics sera réservé aux personnes disposant d'un certificat Covid (vaccinées, guéries ou testées depuis moins de 48h). Pour Serge de Vallière, la restriction fait sens d'un point de vue médical:

«Dans le train ou le bus, on est très proches les uns des autres donc cela diminue très clairement les risques de transmission»
Serge de Vallière, infectiologue au Chuv et Unisanté

L'infectiologue souligne toutefois la difficulté de mettre en place une telle mesure. Philippe Eggimann appuie: «C'est trop compliqué et cela pousse les gens à prendre la voiture, ce qui est un peu dommage».

S'il admet que la restriction va, elle aussi, avoir un rôle incitatif pour pousser les non-vaccinés à se faire vacciner, l'infectiologue avoue ne pas être convaincu. «Du moment que l'on a le masque dans les transports et à l'arrêt, cela ne me semble pas être une priorité. Surtout que cela risque d'attiser encore la colère de la population».

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