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<font style="vertical-align: inherit;"><font style="vertical-align: inherit;">Le saviez-vous? Si vous voulez définitivement en finir avec cette allergie au pollen, soyez prêts à respecter  plusieurs recommandations dont une vous demandant de ne pas déménager du territoire pendant trois à cinq ans.</font></font>
Le saviez-vous? Si vous voulez définitivement en finir avec cette allergie au pollen, soyez prêts à respecter plusieurs recommandations dont une vous demandant de ne pas déménager du territoire pendant trois à cinq ans.Image: shutterstock
Pour comprendre

Ai-je le rhume des foins ou le Covid? Le masque protège-t-il du pollen?

Le printemps est arrivé! Et avec lui, ses merveilleuses graines de pollen qui gâchent la vie de ceux qui y sont allergiques. Du coup, on a répondu aux sept questions les plus courantes à propos de ce phénomène de plus en plus important en Suisse.
14.04.2021, 11:5215.04.2021, 12:57
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Vous avez terminé l'intégralité de la boîte de mouchoirs? Vous ressemblez à une personne qui aurait pleuré pendant 172 heures d'affilée? Oui, c'est bien ce que vous pensez: la douce saison des pollens est arrivée. Sauf qu'à l'ère du coronavirus, les causes d'un éternuement ou d'une quinte de toux ne sont plus aussi évidentes qu'avant.

Que cela soit au niveau du développement de l'allergie, de son traitement ou de ses différences avec les symptômes du Covid, les zones d'ombre sont foison. Ça tombe bien! Aidé du docteur Yannick Muller, médecin au Service d’immunologie et d’allergie au Centre hospitalier universitaire vaudois (Chuv) et de Roxanne Guillod, experte auprès de aha! Centre d’Allergie Suisse, watson s'y est intéressé. Certaines réponses devraient vous étonner.

Quand commence la saison des pollens?

La date du début de floraison des plantes liée à l’apparition du pollen dans l’air varie d’une année à l’autre, mais aussi selon la température extérieure. Car oui, un temps frais modère généralement les concentrations de pollen dans l'air. Raison pour laquelle, en principe, ce type d'allergie ne se manifeste pas en automne ou en hiver.

Selon pollenundallergie, MétéoSuisse utilise plusieurs modèles de prévision pour déterminer le début de la floraison des pollens les plus allergéniques. Soit en Suisse, et plus particulièrement dans les villes citées ci-dessous, ceux du noisetier, de l’aune, du frêne, du bouleau et des graminées:

  • A Bâle, la saison des pollens a commencé le 28 janvier 2021.
  • A Genève, la saison des pollens a commencé le 28 janvier 2021.
  • A Lausanne, la saison des pollens a commencé le 31 janvier 2021.
  • A Neuchâtel, la saison des pollens a commencé 1er février 2021.
  • A la Chaux-de-Fonds, la saison des pollens a commencé 12 février 2021.

Vous l'aurez compris (ou senti), aujourd'hui, on est en plein dedans. Mais attention! La date de prévision du début d’une floraison peut varier jusqu'à quatre jours. De plus, aucune prévision n’est établie pour les stations situées dans les Alpes et le Jura, car les premiers grains de pollen qui y sont mesurés sont toujours transportés de manière imprévisible par le vent depuis la plaine.

Quels sont les symptômes d'une allergie au pollen?

Les personnes allergiques au pollen ressentent généralement les symptômes suivants: des crises d’éternuements, une rhinite ou le nez bouché. Les yeux peuvent aussi s'irriter, jusqu'à potentiellement développer une conjonctivite. Pour couronner le tout, Roxanne Guillod, spécialiste de la question, énumère également des démangeaisons au niveau du palais, du nez et des oreilles. Sans oublier la toux. Même si ces manifestations restent la plupart du temps supportables, elles ne sont pas sans danger: un rhume des foins non traité pendant une plus longue période peut conduire à un asthme allergique.

Chaque personne allergique développe ces symptômes selon un ou plusieurs types de pollens auquel son système immunitaire réagit. Ces pollens apparaissent à différentes périodes de l'année. Voici les dates en Suisse:

  • Le pollen du noisetier apparaît entre mi-janvier et fin mars
  • Le pollen de l'aune apparaît entre février et début avril
  • Le pollen du frêne apparaît entre mars et mi-mai
  • Le pollen du bouleau apparaît entre mi-mars et fin mai
  • Le pollen des graminées apparaît entre mai et mi-septembre
En gras, les plantes les plus allergènes en Suisse.
En gras, les plantes les plus allergènes en Suisse.Image: MétéoSuisse

Comment différencier l'allergie au pollen et une infection au coronavirus?

A cette confusion, le docteur Yannick Muller conseille de tout d'abord savoir à quelle(s) plante(s) l'on est allergique: «Il y a des applications mobiles qui aident à monitorer le moment de l'année où chacune d'elle apparaît. De cette manière, selon les périodes de floraison des pollens, on peut mieux savoir si nos symptômes sont davantage liés à un rhume des foins qu'à autre chose».

Ensuite, il rappelle que la perte du goût ou de l'odorat sont des indications d'une potentielle infection au coronavirus. En revanche, comme le souligne également Roxane Guillod, des symptômes comme les yeux qui grattent ou l'écoulement nasal vont plutôt dans le sens d'une allergie au pollen.

Dans le doute, les deux spécialistes s'accordent sur le fait de ne pas hésiter à se faire tester du Covid, notamment à l'aide d'autotests désormais disponibles dans les pharmacies suisses.

Notre journaliste watson vous explique comment faire, en vidéo👇

Comment se protéger du pollen?

Qu'on soit clair, le remède miracle n’existe pas. Mais pas de panique. Il existe plein d'astuces pour éviter de passer sa journée à éternuer tout son oxygène:

  • Il est important d'aérer, en fin d'après-midi. Pas avant. Car comme le docteur Yannick Muller le signale, l'effet serait inverse et ferait entrer davantage de pollen dans la maison, notamment en raison de «la charge pollinique qui est plus élevée en début de journée». Mais ce n'est pas tout. Roxane Guillod recommande de le faire qui-plus-est les jours de pluie «périodes durant lesquelles les pollens sont absents», affirme-t-elle.
  • Si l'on continue à suivre les recommandations des deux experts, se laver les cheveux devrait désormais devenir une routine nocturne. Histoire de ne pas dormir emmitouflé dans votre chevelure abreuvée de ces graines qui vous veulent tant de mal.
  • Autre habitude à tenir dans la salle de bain: s'y changer plutôt que dans la chambre à coucher. Afin de ne pas y transporter les pollens accumulés sur vos vêtements.
  • Sur pollenundallergie, on apprend par ailleurs que les ventilateurs sont à éviter puisque ces sauveurs de l'été redistribuent en fait les pollens de l'air dans toutes les pièces de la maison.
  • L'aspirateur devrait également devenir votre nouveau compagnon d'infortune. Une fois par jour, il faudrait passer un petit coup de vent sur tous les tapis de sorte à éliminer les pollens qui y ont élu domicile.
  • Et pour finir, acquérir un filtre à pollen et/ou opter pour le port de lunettes.
Et le masque dans tout ça?
La taille des pollens et celles des gouttelettes de Covid est relativement la même. Ainsi, même si, selon le docteur Yannick Muller, les médecins n'ont pas encore assez de recul sur la question, il apparaît logique de constater que le masque devrait en principe protéger du rhume des foins, «pour autant qu'il soit porté comme il faut, du nez jusqu'au menton», insiste Roxane Guillod.

Bien que ces habitudes à prendre minimisent l'exposition au pollen, elles ne demeurent pas moins uniquement des solutions à très court terme. Si les symptômes sont trop intenses et conduisent à de l'asthme, les deux experts préconisent de se faire traiter le plus rapidement possible.

Comment soigner une allergie au pollen?

Il existe des traitements qui doivent être pris avant que la saison pollinique débute. D'autres se prennent en même temps que cette dernière. Vous pouvez choisir de traiter les symptômes d'une allergie au pollen avec des décongestionnants, des antihistaminiques, des gouttes pour les yeux ou des médicaments contre l’asthme. La majorité devant être prescrite par un médecin.

Mais en faisant ça, vous ne vous attaquez qu'à la manifestation de la maladie, et non à sa cause principale. Pour cela, il faut opter pour une désensibilisation au pollen.

«La désensibilisation peut soulager les symptômes d'environ 75 à 80 % et réduire de manière significative la consommation de médicaments.»
Roxane Guillod, experte auprès de aha! Centre d’Allergie Suissewatson

Qui peut bénéficier d'une désensibilisation au pollen?

En termes techniques, on parle d'immunothérapie allergénique. Ce traitement permet d'agir de manière plus durable, au cœur de la maladie.

Mais il faut savoir que la désensibilisation n'est pas destinée à tous le monde. Elle se prête de manière plus urgente aux personnes allergiques souffrant d'asthme, comme le signale le docteur Yannick Muller. Il assure toutefois que si, même en l'absence d'asthme, la qualité de vie est vraisemblablement détériorée par les autres symptômes, il ne faut pas hésiter à réaliser des tests médicaux qui permettent d'intégrer le programme de désensibilisation.

Les personnes qui, d'office, ne peuvent pas bénéficier de ce traitement sont, d'après le médecin, généralement celles présentant des infections en cours, de l'auto-immunité ou étant en période de grossesse: «En effet, il est rare que l'on débute ce type de traitement chez les femmes enceintes. Notamment parce qu'il est long et peut être très fatigant pour ce type de population».

Comment se passe la désensibilisation au pollen?

Si vous faites donc partie de l'élite, le parcours du combattant peut débuter. Oui, on a bien dit «parcours du combattant». Car ce traitement à long terme est un véritable engagement qui doit, pour commencer, être entamé en amont de la saison. Idéalement jusqu'à cinq mois avant le début de la floraison des pollens. Une fois réalisé, la personne est certes protégée, mais seulement jusqu'à la saison prochaine.

Pour une réponse complète de son efficacité, il convient donc de réitérer la désensibilisation au pollen durant trois à cinq années consécutives. Dans les grandes lignes, voici en quoi consiste la désensibilisation au pollen:

«L'idée de la désensibilisation au pollen consiste à exposer le patient à l'allergène de manière continue. Il y a deux manières de le faire. La première, revient à lui en injecter de manière progressive, plusieurs mois avant la période de pollinisation, en augmentant petit à petit les doses. Le corps peut ainsi s'y habituer et générer une réponse immune de sorte que la personne ne soit plus embêtée par l'allergie. La deuxième, plus récente, repose sur des extraits de l'allergène, sous forme de gouttelettes, que l'on dépose sous la langue du patient. Bien que le recul soit moindre avec cette seconde technique, elle semble assez bien marcher.»
Docteur Yannick Muller, médecin associé au service d'immunologie et d'allergie du Chuvwatson

A noter que l'immunothérapie allergénique peut être plus confuse chez les personnes réagissant à plusieurs allergènes différents. Notamment parce que «la désensibilisation se veut spécifique», tel que l'appuie Roxane Guillod. Dans un tel cas, l'experte auprès de aha! Centre d’Allergie Suisse explique qu'il revient à l'allergologue de créer un traitement à visée multiple. Le docteur Yannick Muller recommande de son côté une réalisation de la désensibilisation en parallèle d'une prise d'antihistaminiques.

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source: keystone
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