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Une élue s’interroge sur le financement d’une «campagne de masturbation»

Une pub pour la masturbation financée par l’Etat? Ça irrite

L’UDC ne goûte pas la dernière campagne du Réseau jeune de Santé sexuelle suisse, une fondation largement financée par la Confédération qui promeut la santé sexuelle et reproductive dans le pays.
02.03.2021, 19:2003.03.2021, 16:08
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La question est pour le moins surprenante: «Une campagne de masturbation financée sur fonds publics?». Elle a été posée au Conseil fédéral par Verena Herzog, une élue UDC du Conseil national. Le gouvernement suisse y a répondu en milieu de semaine dernière.

Verena Harzog
Verena HarzogImage: parlement.ch

Ce qui irrite la Thurgovienne? La manière de «philosopher» de la coprésidente de l’organisation Santé sexuelle suisse, Noemi Grütter, à propos de la masturbation dans le magazine de la Migros en fin d’année dernière.

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Verena Herzog vise en fait ce qu’elle considère comme une «campagne de masturbation» lancée par le Réseau jeune de Santé sexuelle suisse. Cette campagne, qui s’appelle, «La masturbation, est-ce normal?», a pour objectif de:

  • Briser «un tabou qui ne devrait pas en être un».
  • Demander «une information plus abondante et de meilleure qualité» sur la masturbation.
  • Dire que «se masturber fait autant partie de la vie quotidienne que se brosser les dents - et c’est aussi sain».

Surtout, la représentante du plus grand parti du pays s’interroge sur le financement de cette campagne et plus largement sur celui de Santé sexuelle suisse par la Confédération, donc l’argent public.

Deux chiffres:

  • 780 800 francs. La subvention fédérale à Santé sexuelle suisse, soit près de 57% de ses produits d’exploitation en 2019, selon le rapport annuel de l’organisation. Ce montant est plus ou moins similaire pour 2021.
  • 50 000 francs. Le montant du soutien de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) à «l’accompagnement spécialisé et la coordination du Réseau jeune, peut-on lire dans la réponse du Conseil fédéral. Pour 2021, ce montant s’élève à 54000 francs.

L’Exécutif fédéral en conclut: «Le Conseil fédéral n'a pas participé directement au financement de la campagne, mais y a contribué en soutenant le Réseau jeunes.»

C’est un peu le bazar

Plus globalement, l’interpellation adressée au Conseil fédéral pose la question de l’éducation sexuelle en Suisse, son financement et le «poids» du politique quant à son orientation.

Ce qu’en dit le gouvernement

«L’éducation sexuelle, la manière dont elle est présentée et son contenu sont sources de discussion depuis ses premières apparitions. Le Conseil fédéral estime que ces débats sont importants.» (…) Dans l'intérêt d'une prévention et d'une promotion de la santé efficaces, il est nécessaire d'encourager une discussion sur la sexualité, adaptée aux groupes cibles, et de leur transmettre des connaissances basées sur des preuves.»

Aussi, le Conseil fédéral ne se mouille pas et dit «respecter la souveraineté des cantons dans ce domaine». Il leur laisse ainsi le soin de réglementer l'éducation sexuelle (et son contenu) dans le cadre de la formation scolaire.

Là-dessus, Noemi Grütter souligne que c’est un peu le Far West. «L’éducation sexuelle est enseignée de façon très hétérogène chez nous: dans chaque canton, école, classes, c’est différent. Dans plusieurs cantons, il n’existe pas de règles qui édictent clairement le contenu des cours.»

Une réaction encore, celle du magazine suisse gay, lesbien, bi et trans 360°, qui lance: «L’UDC peut aller se brosser»

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