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Banderole déployée le 23 mai à Uni Mail.
Banderole déployée le 23 mai à Uni Mail.image: watson

A l'Uni de Genève, le syndicat étudiant défie le rectorat

Suite au coup de force d'activistes le 17 mai dernier et à la décision du rectorat d'entamer des poursuites pénales, l'association faîtière des étudiants de l'Université de Genève contre-attaque.
24.05.2022, 12:0324.05.2022, 19:56

L’épreuve de force est montée d’un cran. Lundi 23 mai, la CUAE, l’association faîtière des étudiants de l’Université de Genève (UNIGE) a déployé une banderole géante dans le hall d’Uni Mail: «ÉTUDIANT-E-X-S RÉPRIMÉ-E-X-S: LE MALAISE», est-il écrit en lettres majuscules. Cette action est une réponse à la décision du rectorat de déposer une plainte pénale contre les personnes qui, le 17 de ce mois, dans les locaux de l’UNIGE, ont interrompu avec violence une conférence du professeur français Eric Marty, auteur du livre «Le sexe des modernes», jugé transphobe par les perturbateurs, des transactivistes.

Le recteur à Davos

«Et pour vous, Flückiger, ça veut dire quoi liberté académique?», lance sèchement la CUAE dans un communiqué publié sur son site. «Flückiger», c’est Yves Flückiger, le recteur de l’UNIGE, absent le 23, le jour du déploiement de la banderole et de la publication du communiquée. «Le recteur est au forum de Davos», indiquait lundi son secrétariat.

Suite au coup de force du 17 mai, le rectorat a justifié son intention de déposer plainte – ce sera chose faite cette semaine, «contre inconnus», les perturbateurs ayant agi masqués – au titre, notamment, de la «liberté académique» et de la «liberté d’expression» selon lui bafouées à cette occasion.

Dialogue de sourds

A ce stade, c’est un dialogue de sourds, puisque les mêmes mots n’ont manifestement pas le même sens pour l’association faîtière des étudiants, qui semble vouloir instaurer ce qui pourrait être interprété comme une censure préalable. Voici ce que dit à ce propos son communiqué:

«(…) il est toujours possible d’étudier un livre. Néanmoins, ces ouvrages (réd: celui d’Eric Marty et celui de deux autres intervenantes, les psychanalyste françaises Céline Eliacheff et Caroline Masson, empêchées de prendre la parole le 29 avril dans l’enceinte de l’UNIGE) diffusent des discours fallacieux, discriminatoires et dangereux pour la vie des personnes transgenres, et s’ils doivent être étudiés à des fins académiques, un cadre critique rigoureux doit être mis en place.»
Communiqué de la CUAE, 23 mai.

Et la CUAE de condamner «fermement le tournant répressif que prend cette affaire». Sur un plan disciplinaire, le rectorat n’exclut pas de prononcer des exclusions contre les étudiants qui se seraient joints aux perturbateurs du 17 mai. L'emploi du conditionnel semble à présent caduc, la CUAE affirmant dans l’entame de son communiqué daté du 23: «La répression de l’université à l’encontre des étudiant.e.x.s et militant.e.x.s ayant interrompu des événements transphobes.»

La ligne du rectorat est la suivante: d’une part, pas d’impunité pour les perturbateurs du 17 mai; lutte contre la transphobie à l’UNIGE, d'autre part. «Nous nous associons pleinement au combat contre les discriminations transphobes qui pourraient survenir au sein de l’UNIGE, mais nous ne prenons pas tout des méthodes des militants agissant contre la transphobie», indique à watson le directeur de la communication de l’UNIGE, Marco Cattaneo.

A son retour de Davos, le recteur Yves Flückiger aura fort à faire. Dans les locaux de la CUAE, une association où s'affiche un militantisme intersectionnel, mêlant les causes tiers-mondistes et celles liées au genre, on ne souhaitait pas s'exprimer sur l'affaire du 17 mai.

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