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Aus dem Fotobuch Bordelle, by Yoshiko Kusano. (Yoshiko Kusano)

C'est dans de telles chambres que se joue la vie sexuelle du jeune Sacha Borer. 
image: Yoshiko Kusano

Sascha Borer, 24 ans: «Je n'ai eu que des relations sexuelles avec des prostituées» – Une discussion entre hommes

Sascha Borer* est un jeune consommateur de prostituées. Il a commencé ses visites dans des bordels à 18 ans et n'a jamais eu d'autres relations sexuelles en dehors. Une discussion sur le business, les sentiments et pratiques sexuelles.

Par Maurice Thiriet

Tout a commencé avec un petit article dans «Le Matin Dimanche»: Le nombre de jeunes consommateurs de prostituées, ayant même parfois moins de 18 ans est en hausse régulière, alors qu'il compte déjà pour un quart de toute la clientèle. Ensuite, les dépêches se sont télescopées.. Les rumeurs parlaient de rabais étudiants dans des bordels, certaines de mineurs de 13 ans qui allaient plusieurs fois par semaine dans de telles institutions et devenaient plus tard des criminels. Nous n'en croyons rien et avons pris la décision d'aborder ces questions avec deux personnes qui savent véritablement ce dont ils parlent. Une première discussion avec un jeune homme qui depuis son 18ème anniversaire va voir les prostituées et qui ne connaît rien d'autre. La seconde est avec le plus grand gérant de bordels de Suisse.

Sascha, quel âge avais-tu lors de ta première visite dans un bordel?
J'avais 18 ans.

Et que s'est-il passé sur place?
Un collègue m'y a emmené. Nous étions en soirée, et il m'a dit que je devais avoir au moins vécu ça une fois dans ma vie. Nous nous sommes ensuite pointés à la Häringstrasse dans le quartier de la Niederdorf à Zurich. C'était dans la Fünfzigerhaus, où les femmes «travaillent» dans des chambres. 

C'était bien?
Pas particulièrement. J'étais bien bourré. Mais, j'ai quand même apprécié. Plus tard nous sommes aussi allés dans les roulottes du Sihlquai. C'était dans les débuts. Ensuite, je me suis mis à essayer d'autres choses comme un vrai bordel dans sa version classique comme le Club Eden à Schlieren, où la mère maquerelle t'apporte un linge, et un truc à boire avant de t'envoyer sous la douche. 

Et ça n'a intéressé personne de savoir que tu étais tout juste majeur?
Non, à la Häringstrasse de toute façon pas. Ils prennent tout le monde, particulièrement le week-end où les prostituées essaient de faire autant d'argent que possible. Je ne peux pas m'imaginer qu'on y demande des papiers d'identité et que des contrôles d'âge soient effectués. Dans les plus grands établissements (et plus sérieux), c'est plus le cas, mais je vais dans ces endroits seulement depuis mes 20 ans. 

«Quand j'ai envie de sexe, je vais aux putes. Je peux y avoir une relation dans des conditions d'hygiène sûres. C'est moins stressant et je m'y sens bien.»

C'est pas trop cher? Comment est-ce que tu peux t'offrir ça?
Ça va. Je n'y vais pas toutes les semaines. En gros, tous les deux trois mois cela me suffit. 

Et depuis ta première fois dans un bordel, tu n'as pas eu de relation sexuelle avec une femme sans rémunération? 
Non. Jusqu'à maintenant, je n'ai couché qu'avec des prostituées. Bien sûr que j'ai envie d'avoir une relation sexuelle en dehors d'un bordel, mais jusque-là je n'en n'ai pas eu l'opportunité. Je ne suis pas un joueur, un grand dragueur qui arrive à aborder et séduire des filles en soirée. Et elles ne font pas d'avances aux hommes, en tout cas pas à moi. 

Tu peux bien essayer. L'amour est fait de courage. N'as-tu pas peur de te faire plaquer?
D'une certaine façon, c'est exactement ça. Mais en disant les choses plus honnêtement: pourquoi prendre le risque? Si j'ai besoin de sexe, je vais aux putes. Là-bas je peux avoir une relation dans des conditions d'hygiène sûres. C'est moins stressant et je m'y sens bien. 

Tu n'as jamais pensé que du sexe dans une relation amoureuse ne serait pas mieux que du sexe payant?  
Oui. Parfois. J'ai grandi jusqu'à mes huit ans dans une secte évangéliste qui prévoyait la fin du monde. Le sexe comme plaisir y était assez mal vu, comme on peut se l'imaginer. C'était plus un mal nécessaire pour la reproduction. C'est peut-être une des raisons qui font que je ne peux pas associer le sexe avec amour et relations sentimentales. C'est évidemment une question qui revient régulièrement. Je ne l'ai pas analysée plus en détail car je suis satisfait de ma situation actuelle de célibataire.

Mais cela n'a rien produit en six ans de consommation de sexe dans des bordels. Tu ne souhaites pas des fois avoir une copine et fonder plus tard une famille?
Oui, évidemment. J'ai maintenant 24 ans. Dans 5 ou 6 ans, je peux bien m'imaginer cette situation. Je crois qu'elle se produira. Je ne vois pas ça comme étant méga difficile. Je n'ai pas de problèmes avec le fait de ne plus aller au bordel. J'y pense à chaque fois. Mais pour le moment ce n'est pas la question. Là-bas, il n'y a pas de stress, je m'y sens bien, et m'y éclate plus que dans la nature.

«Certains de mes collègues disent, qu'ils ont rencontré des femmes normales qui étaient dix fois plus cochonnes qu'eux.»

Comment tu peux le savoir? Tu n'as jamais essayé la chasse en milieu sauvage? 
Juste! C'est que je suis satisfait de mes relations sexuelles avec des prostituées. Pourquoi devrais-je essayer quelque chose d'autre?

À propos d'essayer quelque chose de nouveau: quelles sont les pratiques que tu peux vivre au bordel et que tu penses être difficilement réalisables dans la vraie vie?
En fait, rien d'extraordinaire.

Mais?
La sodomie et jouir sur le visage de ma partenaire. Ces deux trucs pourraient - je pense - susciter une forme de dégoût ou de rejet. 

Mais dans un bordel, c'est quelque chose de possible?
Évidemment. Contre un supplément négocié entre 50 et 100 francs, il n'y a normalement pas de problème.

Tu penses donc que ce genre de choses n'est pas pratiqué dans la vraie vie?  
Je ne sais pas. Je peux me l'imaginer. J'ai entendu des collègues me dire qu'ils ont déjà rencontré des femmes normales qui étaient dis fois plus cochonnes qu'eux et qui voulaient faire de tels trucs. Des trucs qui ne plaisaient pas à mes collègues. Ça doit donc être pratiqué.

Tu as depuis le temps une régulière?
Oui. Depuis deux ans, je vais souvent voir une femme à la Häringstrasse dans la Niederdorf, mais j'essaie aussi de temps en temps une autre ou une fille d'un établissement de plus haute qualité. 

«C'est quelque chose que je fais là-bas et qui reste aussi sur place. Je ne raconte pas ça à mes collègues.»

Tu es déjà tombé amoureux d'une prostituée?
Non. Au bordel, il n'y est question que de sexe. De sexe commercial. Des sentiments, des relations humaines, rien de tout cela ne joue un rôle. 

Drogues et stupéfiants, comment sont-ils étendus dans le quartier rouge? 
Il y a des offres. Je n'ai jamais essayé. On m'a proposé une fois une sorte de liquide qui, étalé sur mon pénis, devait le faire bander plus longtemps. J'ai poliment refusé. 

Ta mère ne demande jamais si tu as une copine et quand est-ce qu'elle aura des petits-enfants? 
Non. J'ai quitté la maison à 16 ans. Je n'ai pas beaucoup discuté avec elle depuis. À ce sujet non plus. Mais elle sait que j'ai toujours été célibataire et je pense qu'elle sait ce que je fais. Sans que j'ai besoin de le lui expliquer. 

Tu te protèges tout le temps?
Oui. Sans capote je ne fais rien. On raconte que les prostituées refusent le sexe sans préservatif, mais j'ai déjà vécu le contraire. Certaines disent que contre un supplément - le sexe sans capote - c'est possible. Elles sont régulièrement contrôlées contre les maladie. Mais même si d'un point de vue de santé ce n'était pas un problème, je trouve ça assez dégueulasse. On n'est pas le seul à coucher avec elles. Bien au contraire. 

Documentes-tu d'une façon ta vie sexuelle? Films? Journaux intimes?
Non. C'est quelque chose que je fais là-bas et qui reste aussi là-bas. Je ne raconte pas ça à mes collègues. Si je dois le faire, je leur dis la vérité et que c'était sympa, point final.

«Elle ne doit pas être super belle, mais ne doit pas être moche.»

Est-ce que tu as déjà ressenti une quelconque hostilité du fait de ne consommer que du sexe payant?
Non, c'est quelque chose qui est de nos jours bien accepté par les jeunes. Mes collègues sont plutôt envieux du fait que je n'ai pas de copine, mais que j'aie néanmoins droit à du sexe. C'est un truc qu'ils aimeraient bien: coucher régulièrement sans devoir subir les différents caprices de leurs copines. À chaque fois j'entends ce genre d'histoires.

Ta future copine, que doit-elle apporter pour qu'elle te sorte du bordel? 
Ah, la question sur la femme idéale... elle devait bien arriver. Je n'ai pas de femme idéale. Elle ne doit pas être super belle, mais pas être non plus super moche. 

Est-ce qu'il n'y a pas le danger que ta future fiancée puisse te décevoir au lit après 10 ans d'expériences au bordel?
J'espère que non. Je crois qu'on pourrait faire une petite pause pour revenir ensuite à des choses un peu plus inhabituelles. En fait, dans une relation, il ne s'agit pas uniquement de sexe mais aussi de confiance et de sécurité.

Est-ce que tu t'es entendu?
(rires) Non, j'ai du lire ça quelque part.

*Nom et prénom modifiés

Un roi du bordel à propos des jeunes consommateurs de prostituées: «Un mythe»

Ingo Heidbrink (50 ans) est un des entrepreneurs les plus influents du milieu. Outre le Sauna-Grossclub Globe à Schwerzenbach (ZH), il gère 7 autres établissements de taille similaire dans les cantons de Berne et Lucerne. Heidbrink critique violemment le profil du jeune consommateur de prostitué développé dans les médias:

Monsieur Heidbrink, est-ce que les bordels suisses seront plein de petits jeunes comme veulent nous le faire croire les médias? 
C'est une gigantesque fumisterie cette histoire de jeune consommateur. Particulièrement les jeunes entre 16 et 18 ans. Ils viennent en fait toutes les années bissextiles. 

Vous êtes en train de dire que les journaux dominicaux et les journaux gratuits ne font pas des enquêtes sérieuses?
D'un point de vue journalistique, ce n'est absolument pas sérieux de diffuser de tels chiffres. De tels tendances ne peuvent pas être confirmées avec des chiffres fiables et représentatifs. Nous, on le peut. On a la masse critique de clients. Et alors quels en sont les résultats?

Vous pourriez adapter votre palette de services à un public jeune. 
(rires) Que les 16-18 ans soient un quart de la clientèle hebdomadaire, comme vous le soutenez est une gigantesque plaisanterie. C'est visible. Je n'ai encore jamais entendu de la part d'un confrère, ou d'un autre gérant la tenue de telles statistiques sur la clientèle. Cela mettrait fin à la protection des données.  

Et donc au pifomètre, vous avez environ combien de ces jeunes clients? 
Chez nous, pour les jeunes clients c'est à peine un pourcent. Je suis même pas sûr qu'il soit atteint. (thi)

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