International
Australie

Le PDG de Rio Tinto démissionne après le dynamitage d'un site sacré

Un PDG australien démissionne après le dynamitage d'un site sacré

Des manifestations avaient eu lieu devant les locaux de Rio Tinto
Image: sda
En mai, le géant minier Rio Tinto avait dynamité les grottes de Juukan, l’un des sites de peuplement les plus anciens d’Australie.
03.03.2021, 05:1803.03.2021, 10:20

Le président du géant minier Rio Tinto, Simon Thompson, a annoncé, mercredi, sa démission suite à un scandale provoqué par la destruction par son entreprise d'un site historique de la communauté aborigène en Australie.

L'émoi suscité par ce dynamitage dans l'Etat d'Australie Occidentale de la grotte de Juukan Gorge, un site vieux de 46 000 ans considéré comme sacré par les peuples Puutu Kunti Kurrama et Pinikura (PKKP), avait déjà conduit à la démission, en septembre, du patron de Rio Tinto, le Français Jean-Sébastien Jacques, et de deux autres hauts dirigeants.

L'entreprise souhaitait, grâce au dynamitage, agrandir une mine de fer. Avant l'opération, les PKKP disent avoir alerté sur le fait que les explosifs détruiraient des formations rocheuses historiques et que Rio Tinto aurait pu protéger le site. Considéré comme sacré par les PKKP, il abritait plusieurs objets aborigènes parmi les plus anciens retrouvés en Australie.

Simon Thompson a qualifié la destruction du site de «source de tristesse personnelle et de profond regret, ainsi que de violation flagrante des valeurs de notre entreprise».

Mettre fin à toute destruction planifiée des sites patrimoniaux

Il regrette également que les succès engrangés par Rio Tinto en 2020, qui l'ont conduit à verser un dividende record aux investisseurs, ont été «éclipsés» par le scandale dont il s'affirme être le responsable.

Une enquête parlementaire a recommandé fin 2020 que le groupe anglo-australien dédommage les PKKP, reconstruise le site détruit et s'engage à respecter un moratoire permanent en matière d'exploitation minière dans la région.

Un rapport préliminaire avait également conseillé à toutes les compagnies exploitant des mines en Australie Occidentale de revoir les accords passés avec les propriétaires terriens autochtones et de mettre fin à toute destruction planifiée des sites patrimoniaux jusqu'à la mise en place de protections juridiques renforcées. (ats)

Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Les Etats-Unis font déjà ce qu'ils veulent au Groenland
Les Etats-Unis exploitent une base militaire au Groenland depuis des décennies. En cas de menace, ils peuvent donc, en réalité, déjà y renforcer leur présence à tout moment — le Danemark y serait même favorable. Etat des lieux des accords entre les deux pays.
Nous voici à 1500 kilomètres, à vol d'oiseau, de Nuuk, la capitale groenlandaise. Le village le plus proche se trouve à 100 kilomètres. Pas de route à l'horizon, rien que de la glace. Pour arriver jusqu'à la base militaire américaine de Pituffik, au nord-ouest du territoire, il faut prendre un hélicoptère. Ou le moyen de transport local privilégié: les chiens de traîneau.
L’article