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Meurtre de Fernando Villavicencio: l'Equateur en état d'urgence

Meurtre d'un candidat: l'Equateur en état d'urgence, aidé par le FBI

Des partisans du candidat tué, Fernando Villavicencio, proclamant qu'il sera à jamais un «président éternel».
Des partisans du candidat tué, Fernando Villavicencio, proclamant qu'il sera à jamais un «président éternel».Keystone
La semaine dernière, la victime, qui était sous protection policière, avait fait état par deux fois de menaces contre lui et son équipe.
11.08.2023, 05:3911.08.2023, 08:03

Le président Guillermo Lasso a instauré l'état d'urgence en Equateur et sollicité l'aide du FBI dans l'enquête sur le meurtre mercredi d'un des favoris de la présidentielle, Fernando Villavicencio. Le pays est secoué par une vague de violence liée au narcotrafic.

Selon la police équatorienne, les six suspects arrêtés après l'attentat sont de nationalité colombienne, de même qu'un septième assaillant abattu par les forces de sécurité. Le ministre de l'Intérieur Juan Zapata a confirmé l'implication de «groupes criminels organisés» dans cet assassinat.

L'actuel dirigeant a décrété l'état d'urgence pour une durée de 60 jours afin de garantir la tenue du scrutin dont le premier tour, le 20 août, a été maintenu par le Conseil national électoral (CNE):

«Les forces armées sont en ce moment mobilisées à travers tout le territoire national afin de garantir la sécurité des citoyens, la tranquillité du pays et des élections libres et démocratiques»

Peu après, il a annoncé sur X (ex-Twitter) avoir «demandé le soutien du FBI» dans l'enquête sur cet assassinat, assurant que la police fédérale américaine avait accepté la demande:

«Une délégation arrivera dans le pays dans les prochaines heures»

Il a également décrété trois jours de deuil national «pour honorer la mémoire d'un patriote», celle du candidat centriste de 59 ans assassiné par balles mercredi soir à la fin d'un rassemblement de campagne à Quito. L'attaque a également fait neuf blessés, selon les autorités, dont une candidate à l'Assemblée et trois policiers.

«Groupes criminels»

«Les premières informations confirment que les personnes appréhendées appartiennent à des groupes criminels organisés», a déclaré responsable de l'Intérieur, sans préciser lesquels, lors d'une conférence de presse:

«Le crime organisé est allé très loin. Je vous assure que ce crime ne restera pas impuni.»
Guillermo Lasso

Le mouvement du candidat décédé, Construye, a réclamé la création d'une commission internationale pour enquêter sur le meurtre de son «courageux» leader, un ancien journaliste et farouche pourfendeur de la corruption qui briguait pour la première fois la présidence du pays.

«Menace sérieuse»

La communauté internationale a fermement condamné le meurtre, Washington le qualifiant d'«acte de violence odieux», l'Union européenne d'«attaque contre la démocratie» et la France d'«acte barbare».

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a dénoncé un «meurtre épouvantable», voyant dans la violence contre les responsables politiques «une menace sérieuse pour le processus électoral et la capacité du peuple à exprimer sa volonté démocratique».

Quelques jours seulement avant d'être tué, Fernando Villavicencio avait dénoncé des irrégularités dans des contrats publics. L'un de ses principaux faits d'armes reste d'avoir envoyé sur le banc des accusés l'ancien président Rafael Correa (2007-2017) grâce à l'une de ses enquêtes. Réfugié en Belgique, l'ex-dirigeant a été condamné par contumace à huit ans de prison dans cette affaire.

La victime faisait partie des huit candidats déclarés aux élections générales anticipées provoquées par la dissolution de l'Assemblée en mai par Guillermo Lasso. L'ancien journaliste se classait deuxième en intentions de vote avec environ 13%, selon les derniers sondages de l'institut Cedatos, derrière l'avocate Luisa Gonzalez (26,6%), proche de l'ancien président Correa. (ats/jch)

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