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Amazon ouvre un centre de distribution à côté d’un bidonville mexicain

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Image: twitter

Amazon ouvre un centre de distribution à côté d’un bidonville mexicain

Le leader mondial de l’e-commerce, fondée par le milliardaire Jeff Bezos, est accusé de vouloir exploiter la main-d’œuvre locale pour son marché américain.
17.09.2021, 06:1507.04.2022, 13:39

«Scandaleux», «dystopique», «c’est ça, le capitalisme»… Les qualitatifs des internautes sont sévères contre cet entrepôt ultramoderne de 32 000 mètres carrés, qui a coûté 21 millions de dollars (20 millions de francs) au leader mondial de la vente en ligne, comme le rapporte Le Monde.

L’immense centre de distribution qu’Amazon s’apprête à ouvrir à Tijuana, ville mexicaine frontalière avec les Etats-Unis, se trouve juste à côté de misérables baraques en bois et en taule, appartenant à un bidonville.

De la main-d’œuvre mexicaine surexploitée

Dans les régions frontalières mexicaines, le salaire minimal plafonne à 213 pesos (11 dollars, soit 9 francs) par jour, contre 15 dollars de l’heure du côté américain.

«Une image brutale qui reflète de manière crue l’avancée des inégalités dans le monde»
Le sociologue mexicain Carlos Gomez Giltwitter

Ce centre est le onzième entrepôt de distribution d’Amazon au Mexique et il est interprété par de nombreux économistes comme étant le nouveau symbole des ravages de la mondialisation.

«Le nouveau centre de distribution n’est pas là pour servir le marché local. Il emploiera de la main-d’œuvre mexicaine surexploitée pour répartir des marchandises qui seront réexpédiées de l’autre côté de la frontière»
Charmaine Chua, économiste à l’université de Californietwitter

Une entreprise qui n'a pas une super réputation

L’image de la compagnie américaine est d’ores et déjà écornée des deux côtés de la frontière. Une enquête publiée en avril par l’agence Reuters a révélé:

  • Que des employés d’un centre de distribution près de Mexico auraient été poussés à la démission sans indemnités de départ, après avoir contracté le Covid-19;
  • Qu'ils avaient été également soumis à des heures supplémentaires obligatoires au-delà de la durée légale;
  • Et pire encore que certains de ses employés américains avaient été contraints d’uriner dans des bouteilles afin de tenir les cadences imposées. Ceci avait été confirmé par Amazon.

De son côté, la firme fondée par Jeff Bezos insiste sur le fait que le mastodonte de l’e-commerce a créé 15 000 emplois au Mexique, auxquels s’ajouteront 250 postes supplémentaires à Tijuana. (jch)

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