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Iran: des hacktivistes piratent Ebrahim Raïssi en direct

Des hacktivistes piratent le président iranien en direct

Ebrahim Raïssi a profité de l'anniversaire de la révolution islamique pour déclarer l'échec des émeutes qui secouent le pays depuis cinq mois. Le même jour, les détracteurs du régime ont répliqué.
14.02.2023, 09:3614.02.2023, 11:35
Chantal Stäubli
Chantal Stäubli

A l'occasion de l'anniversaire de la Révolution islamique, samedi, le régime a voulu montrer qu'il était toujours aussi populaire auprès des Iraniens. Des milliers de ses partisans ont défilé à Téhéran pour commémorer la révolution d'il y a 44 ans.

Le régime aurait forcé des étudiants, des militaires et des fonctionnaires à participer aux différents défilés.

epa10460363 Iranians celebrate during the 44th anniversary of the 1979 Islamic Revolution, at the Azadi (Freedom) square in Tehran, Iran, 11 February 2023. The event marks the 44th anniversary of the  ...
Les partisans de la Révolution islamique célèbrent la Journée nationale à Téhéran, le 11 février 2023.image: keystone

Les célébrations ont été éclipsées par les manifestations qui se déroulent depuis l'automne. Elles font suite, pour rappel, à la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans.

Le président Ebrahim Raïssi a décrit la vague de protestations dans son discours sur la place Azadi à Téhéran – devant le monument de la ville – comme un échec:

«Le peuple iranien a fait échouer les troubles et la guerre médiatique des ennemis étrangers»
Jour de la Révolution islamique
Le 11 février 1979, l'Ayatollah Khomeini arrive au pouvoir après un an de manifestations et de tumulte, mettant fin à l'Empire d'Iran, dirigé par le shah Mohammad Reza Pahlavi.

Et ce n'est pas tout. Ebrahim Raïssi a accusé l'étranger, notamment les Etats-Unis, d'avoir dirigé et financé les protestations afin de freiner le progrès du pays. «Les représentations des femmes sont fausses. En Iran aussi, les femmes occupent des postes de haut niveau, et elles ne sont pas commercialisées en tant qu'objets.» Pour rappel, Mahsa Amini est décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs. Elle avait été accusée d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

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Des ballons aux couleurs du drapeau national iranien s'envolent sur la place Azadi.image: keystone

Piratage des médias d'Etat

Les détracteurs du régime des mollahs ne se sont pas laissés faire bien longtemps. Ils ont répliqué.

Alors que le discours de Ebrahim Raïssi était diffusé à la télévision d'Etat, des pirates informatiques ont brièvement interrompu la transmission. Des images d'hacktivistes cagoulés et des bannières avec le slogan «Mort à la République islamique» ont été diffusées.

Le groupe hacktiviste Ali's Justice (Edalat-e Ali) aurait été désigné comme étant à l'origine de l'attaque. Le collectif a appelé les Iraniens à retirer leur argent des banques «corrompues» du régime et à manifester ce 16 février contre le gouvernement.

Ce n'est pas la première attaque contre une retransmission en direct de la télévision d'Etat iranienne. En octobre déjà, lors d'un discours du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, une bannière était apparue avec le texte:

«Le sang de notre jeunesse est sur tes mains»

Traduit de l'allemand (nva)

Un couple iranien va passer 10 ans en prison pour cette vidéo
Video: watson
«Ces quatre promesses non tenues» poussent la Gen Z à bout
La «Gen Z» européenne est dans la rue et sa colère ne désenfle pas. Un expert analyse pour nous les conditions de vie des jeunes. Selon lui, la classe politique a trahi quatre promesses faites à cette classe d'âge.
De la France à plusieurs autres pays européens, la colère des jeunes s'exprime dans la rue. Derrière ces mobilisations, un sentiment grandissant: celui d'une génération qui ne croit plus à la promesse d'un avenir meilleur. Julius E. O. Fintelmann, 24 ans, suit de près les enjeux politiques et sociaux du continent. Cofondateur et rédacteur en chef de The European Correspondent, un média spécialisé dans l'actualité européenne, il décrypte les raisons de cette désillusion et identifie quatre promesses que les responsables politiques n'auraient pas tenues.
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