La recette de ce démocrate séduit, et Trump n'y est presque pour rien
Pete Buttigieg aimerait en réalité passer plus de temps avec ses jeunes enfants: «Je les aime tellement.» Mais, deux semaines avant les élections au Congrès (midterms), ce démocrate de 44 ans sillonne les Etats-Unis pour aider ses collègues de parti. Ce faisant, il pense bien sûr déjà à son avenir. Lui qui n’occupe actuellement aucune fonction politique lorgne une nouvelle candidature à la présidence.
Le discours de campagne qu’il prononce en ce jour d’automne dans une banlieue de Richmond, en Virginie (est), pourrait donc donner un avant-goût de sa future campagne. Pete Buttigieg parle alors notamment des dépenses élevées des ménages américains et de la corruption galopante au sein du gouvernement à Washington.
70% des Américains agacés par les démocrates
Contrairement à nombre d'autres démocrates, l’homme en campagne renonce toutefois à menacer Donald Trump de conséquences politiques, et à spéculer, par exemple, sur une troisième procédure de destitution (impeachment) le visant. Il maintient cette ligne même lorsqu’on lui demande directement s’il soutiendrait une telle démarche après la prise de pouvoir prévisible et imminente des démocrates au Congrès. A la question de CH Media (éditeur de watson), Pete Buttigieg répond:
Le politicien rusé précise alors que ce qu’il soutiendrait, ce sont de nouvelles règles anticorruption auxquelles l’ensemble du personnel politique de la capitale devrait se plier. Par exemple, une interdiction des transactions spéculatives en bourse. Il met cependant l’accent sur la population et sur la manière dont elle souffre des conséquences des mauvaises idées du gouvernement Trump.
C’est une formule qui pourrait faire école. Le président a beau être très impopulaire, avec plus de 60% des Américains désormais insatisfaits de la manière dont Trump exerce sa fonction, la cote de sympathie du parti de Pete Buttigieg est elle aussi au plus bas. En effet, près de 70% des électeurs sont irrités contre les démocrates, selon un sondage du New York Times publié mercredi.
Pete Buttigieg semble donc estimer que les démocrates doivent investir dans un travail politique de fond pour regagner la confiance de la population. Les Américains sont en colère contre le système politique, affirme-t-il après son intervention de campagne, et c’est là que son parti doit agir. Il martèle:
Le besoin d'agir
En Virginie, ce message passe. Après son discours, Pete Buttigieg est entouré de personnes qui veulent absolument se faire photographier avec lui. Elles le félicitent de nommer sans détour les problèmes auxquels les électeurs ordinaires sont confrontés, sans verser dans l’invective. L’ancien ministre des transports de l'administration de Joe Biden peut ainsi marquer des points auprès des électeurs indécis.
Ses collègues de parti l’ont eux aussi remarqué. Pete Buttigieg est un invité très prisé cet automne. Avant son étape à Richmond, il a ainsi fait campagne en Caroline du Nord pour le candidat au Sénat Roy Cooper. Une visite en Géorgie est également au programme, où il entend aller chercher des voix avec le jeune sénateur Jon Ossoff.
Pete Buttigieg ne veut toutefois pas répondre à la question de savoir qui incarne l’avenir des démocrates. Il se contente de dire:
Et ce présent implique qu’il soit constamment en déplacement et ne puisse passer que trop peu de temps avec ses jumeaux de cinq ans, soupire-t-il. Mais il veut pouvoir raconter à ses enfants, dans quelques années, qu’il a fait sa part lorsque le pays allait mal sous le second mandat de Donald Trump. Il leur dira alors: «Oui, ça avait l’air peu réjouissant. Mais regardez ce que nous avons fait alors!»
Qui sera le héros de cette histoire, il laisse la question ouverte. (trad. ysc)
