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Bosnie: manifestations suite à un féminicide diffusé en direct

Les Bosniaques manifestent suite à un féminicide diffusé en direct

Une marche pacifique a réuni des milliers de personnes dans les rues de Sarajevo, en Bosnie.
Une marche pacifique a réuni des milliers de personnes dans les rues de Sarajevo, en Bosnie.Keystone
Vendredi dernier, un jeune bodybuilder professionnel a tué sa compagne d'une arme à feu, après l'avoir battue, en diffusant son acte sur Instagram. La transmission a d'ailleurs été très largement suivie par les internautes.
15.08.2023, 05:4515.08.2023, 07:53

Des milliers de personnes ont manifesté lundi à Sarajevo et dans plusieurs autres villes bosniennes, trois jours après l'assassinat d'une femme par son conjoint qui a diffusé son acte en direct sur les réseaux sociaux, avant de tuer deux autres personnes et de se suicider.

Ces meurtres et la retransmission sur Instagram par l'assaillant, un homme de 35 ans, de l'agression et de l'assassinat de sa compagne ont choqué le petit pays des Balkans:

«Nous réclamons que le féminicide soit qualifié comme un acte criminel particulier (ndlr: dans le code pénal) et qu'il soit traité comme une forme de meurtre particulière.»
Benjamina Karic, maire de Sarajevo 

Elle a réclamé des peines plus graves pour le crime de féminicide, la violence conjugale et familiale, ainsi que la construction de davantage de «maisons sûres» pour des femmes victimes des violences et elle a aussi encouragé les victimes à dénoncer leurs agresseurs.

Silence est complicité

«C'est le dernier moment pour adopter des mesures adéquates. Tous ceux qui occupent des postes de responsabilité et qui tolèrent cette situation deviennent les complices dans la pratique de la violence», a dit la maire.

«Stop au féminicide», «Disons non à la violence» ou encore «Le silence, c'est l'approbation», pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants.

Des manifestations ont également eu lieu à Gradacac (nord-est), la ville du crime, après l'enterrement de la victime, à Mostar (sud) et à Zenica (centre), ont rapporté les médias locaux.

Vendredi, Nermin Sulejmanovic, 35 ans, un bodybuilder professionnel et professeur de fitness à Gradacac, a tué sa compagne Nizama Hecimovic, 37 ans, d'une arme à feu, après l'avoir battue, en diffusant son acte sur Instagram.

Pau avant, il l'avait enlevée, avec leur enfant de neuf mois, chez des cousins où elle avait fui quelques jours plus tôt, après avoir été agressée une première fois.

Des supporters

Selon les médias locaux, la retransmission de son meurtre a été suivie en direct par plusieurs milliers de personnes, dont certaines auraient même soutenu la démarche funeste de l'agresseur.

Après avoir tué sa compagne, Sulejmanovic a tué deux autres personnes, un homme et son fils, qu'il connaissait, et en a blessé trois autres, une femme et deux hommes, dont un policier.

Selon des ONG locales, une vingtaine de femmes ont été tuées en Bosnie au cours des deux dernières années par leurs conjoints. Dans ce pays de 3,5 millions d'habitants, 48% des femmes ont été victimes d'une forme de violence exercée par un homme, après l'âge de quinze ans, selon une étude de l'OSCE réalisée en 2018. (ats/jch)

L'agression de cette femme dans un fitness est glaçante
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