Cette légende du FC Sion a pourri le premier match de Messi
L'Argentine a célébré en grande pompe le 208e et dernier match de Lionel Messi (39 ans) avec la sélection nationale, ce mercredi à Buenos Aires. La superstar a brillé une ultime fois lors de cette victoire contre le Bénin (3-0) en amical: deux passes décisives et un penalty marqué.
La longue histoire d'amour entre Messi et l'Albiceleste a duré 21 ans. Le 17 août 2005, il honorait sa première cape lors d'un match amical contre la Hongrie, à Budapest. Et autant dire que cette grande première avec l'Argentine s'est transformée en cauchemar.
Lionel Messi, 18 ans, remplace Lisandro Lopez à la 64e minute. Moins d'une minute plus tard, il est expulsé pour un mauvais geste sur un adversaire! Le méfait en question: un coup au visage du défenseur hongrois, Vilmos Vanczak. Si vous suivez un peu le football suisse, vous connaissez forcément Vilmos Vanczak: il est une légende du FC Sion. Le Hongrois a porté pendant neuf ans (2007-2016) le maillot sédunois, a été capitaine et est désormais l'adjoint du coach Didier Tholot depuis juillet 2025. Il a remporté trois Coupes de Suisse avec les Valaisans.
Joint par watson, Vilmos Vanczak (43 ans) se souvient parfaitement de cette scène. «Dès sa première touche de balle, j'ai vu le talent de Messi. Il a fait une accélération extraordinaire, m'a mis dans le vent et filait en direction du but. Le seul moyen que j'avais pour l'arrêter, c'était de lui tirer le maillot», se marre le Sédunois. La faute est grossière (heureusement que les maillots de l'Argentine étaient solides) et juste sous les yeux de l'arbitre. Vanczak enchaîne:
Le Hongrois se roule par terre, en se tenant la tête. Aujourd'hui, il le reconnaît:
La séquence en vidéo
Et ça a donc marché, malgré les virulentes protestations des Argentins auprès de l'arbitre. «Franchement, avec du recul, j'aurais mis seulement un carton jaune à Messi. Car je ne pense pas que son coup était volontaire. Et ce n'était qu'un match amical», juge Vilmos Vanczak qui a, lui, reçu un jaune pour sa faute.
Les fans hongrois fâchés contre Vanczak
Pour le jeune Argentin, c'est le drame. Récent vainqueur du Mondial des moins de 20 ans (dont il termine meilleur buteur et meilleur joueur), tout juste promu en équipe A du FC Barcelone, il est déjà présenté comme le futur Maradona. Tout semble s'écrouler à cause de cet incroyable carton rouge. «C'était un moment très difficile pour moi, compte tenu de tout ce que cela représentait. Je suis entré dans le vestiaire en pleurant, et mes coéquipiers n'ont pas pu m'arrêter», a raconté des années plus tard l'octuple Ballon d'Or dans une interview. Sur le moment, il craint le pire:
21 ans, 207 matchs et 126 buts plus tard, Lionel Messi a mené l'Argentine vers un sacre en Coupe du monde (2022) et deux titres en Copa América (2021 et 2024).
Vilmos Vanczak n'a plus jamais croisé le «dieu argentin», pas même dans les vestiaires après ce fameux match. «J'aurais bien voulu, pour avoir son maillot», sourit celui qui a bien failli l'obtenir sur le terrain, en le tirant vigoureusement. L'ex-défenseur de Sion souhaiterait «rencontrer Messi un jour et parler ensemble de ce moment. Pour savoir comment il l'a vécu par la suite. Cette expérience lui a peut-être donné encore plus de motivation».
Pour Vanczak aussi, ce moment est forcément particulier. «C'est une fierté de faire partie de l'histoire de Messi». Avant notre coup de fil cette semaine, il n'avait parlé qu'une seule fois à la presse de cette scène, quand un journaliste argentin l'a appelé il y a quelques années. Pourtant, elle a fortement marqué les esprits, comme le fait savoir en rigolant l'actuel assistant de Didier Tholot:
En plus, leur équipe – déjà menée 2-1 au moment du carton rouge – n'a jamais réussi à recoller au score, même à onze contre dix.
Vilmos Vanczak confie avoir regardé plusieurs fois sur internet la vidéo de cette scène mythique, dont il lui arrive encore de parler avec des proches. Pour le faire directement avec Messi, il faudra espérer un match amical entre le FC Sion et l'Inter Miami, avec qui l'Argentin est sous contrat jusqu'en 2028.
Le Hongrois aura peut-être cette chance: s'il y a un président dans le foot suisse capable d'une telle initiative, c'est bien Christian Constantin...
