Zverev a pris une décision radicale avec son téléphone
Alexander Zverev avait agacé pas mal d'adversaires et de fans lors du dernier US Open, qu'il a remporté. La raison? Le temps pris avant chacun de ses services, en faisant rebondir avec sa main de très nombreuses fois la balle sur le sol.
L'Allemand (29 ans) est revenu sur cette manie, cette semaine à Shanghai, où il disputera une demi-finale samedi. «Si vous avez remarqué, je le fais moins qu’à New York. A l’US Open, j’étais vraiment allé trop loin», a-t-il reconnu, dans des propos relayés par Tennis Temple. Zverev a expliqué qu'il ne s'en était «pas rendu compte». La raison qu'il avance pour justifier cette absence de prise de conscience est particulièrement intéressante:
Il y a sept ans, le natif de Hambourg a pris une décision radicale: mettre totalement de côté son smartphone pendant les quatre tournois du Grand Chelem (qui sont les plus prestigieux du tennis), histoire de rester dans sa bulle. Il avait déjà expliqué lors du dernier Roland-Garros cette habitude, qui a de quoi détonner dans une époque où les gens – y compris les athlètes – sont hyperconnectés.
Mais ce choix d'Alexander Zverev est des plus compréhensibles: pour performer, un tennisman doit rester focus, y compris entre ses matchs. Or, un smartphone a de quoi créer beaucoup de stimuli parasites. On pense évidemment aux messages insultants ou menaces reçus sur les réseaux sociaux (souvent envoyés par des parieurs frustrés), véritable fléau du tennis qui peut pourrir la santé mentale des joueurs et joueuses.
Ce bannissement du téléphone semble en tout cas réussir à Alexander Zverev: il a remporté ses deux premiers titres du Grand Chelem cette année (Roland-Garros et US Open), et va devenir le prochain numéro 1 mondial.
Les plus fins enquêteurs auront remarqué que les comptes de l'Allemand sont pourtant actifs durant les Majeurs, avec des publications de photos ou des «like» sur des comptes liés au tennis. On imagine dès lors que Zverev emploie – en tout cas durant ces périodes – une personne qui gère sa communication sur les réseaux sociaux, un community manager. Une pratique courante parmi les stars du sport.
Une exemption pour une bonne raison
Fait cocasse: Alexander Zverev est l'un des très rares joueurs à avoir été aperçu en train d'utiliser un smartphone en plein match, notamment lors du dernier Wimbledon. En règle générale, c'est interdit. Mais le futur roi du circuit bénéficie d'une exception très spécifique. Atteint de diabète, il a le droit de consulter un téléphone – sans carte SIM – uniquement pour contrôler son taux de glucose et ainsi savoir à quel moment il doit s'injecter de l'insuline.
Généralement, le dispositif fonctionne comme ça: un capteur sur la peau, qui envoie les informations sur une application. Zverev détaillait à la BBC:
Au tournoi de Halle cette année, un bug du moniteur a conduit l'Allemand «à s'injecter une dose d'insuline bien supérieure à celle nécessaire», fait savoir la BBC. Et les conséquences ont été néfastes: Zverev s'est senti «terriblement mal» et a «dû consommer environ 350 g de sucre pour contrer la forte dose d'insuline». Et il a fini par perdre cette demi-finale contre Taylor Fritz.
Le double lauréat en Majeurs a aussi fait beaucoup parler de lui à cause d'un téléphone, au Masters 1000 de Madrid en 2025. Mais cette fois, son utilisation était totalement différente. Et illégale. Consterné par l'arbitrage électronique qui avait annoncé une balle de son adversaire bonne alors qu'elle était «out» selon Zverev, il est allé chercher son smartphone dans son sac pour prendre une photo de la trace sur la terre battue. Un acte qui lui a valu un avertissement.
La séquence en vidéo
Après la partie – qu'il a remportée –, l'Allemand a publié cette photo sur Instagram avec la légende:
La publication en question
Son adversaire ce jour-là était Alejandro Davidovich Fokina. Et c'est justement l'Espagnol qu'affrontera Alexander Zverev, ce samedi en demi-finale du Masters 1000 de Shanghai.
Cette fois, le prochain numéro 1 mondial ne pourra utiliser un smartphone que pour contrôler sa glycémie: les balles ne laissent pas de trace sur surface dure.
