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Abus sexuel

Abus sexuels: l'évêque Charles Morerod pourrait démissionner

L'évêque Charles Morerod pourrait démissionner

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Geneve et Fribourg, a conscience que l'Eglise est en crise (archives).
Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Geneve et Fribourg, a conscience que l'Eglise est en crise.Keystone
Accusé de ne pas avoir agi après le signalement de cas d'abus, le Fribourgeois Charles Morerod est prêt à quitter son poste, sur fond de scandale pédophile au sein de l'église catholique romande.
14.09.2023, 04:1214.09.2023, 08:04
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L'évêque de Genève, Lausanne, Fribourg et Neuchâtel dit ne pas exclure une démission. «Il vaudrait effectivement mieux que je parte si je constate avoir fait de grosses fautes», a-t-il affirmé dans un entretien publié jeudi par Arcinfo.

«Je n'ai jamais exclu une démission»
Charles Morerod.

Il a été accusé dans la dernière édition du Sonntagsblick de ne pas être intervenu après le signalement de cas d'abus. Il aurait même promu le prêtre en question. Le Fribourgeois affirme ne pas vouloir s'exprimer sur le sujet afin de ne pas interférer dans les enquêtes en cours. Il indique également qu'il vaudrait mieux qu'il parte s'il constate «avoir fait de grosses fautes dans ce domaine».

De plus, il dit ne pas être surpris «ni par l'ampleur du phénomène ni par les méthodes utilisées pour étouffer les affaires», révélées mardi dans l'étude de l'Université de Zurich. «Dans le tri successif de nos archives, nous avons retrouvé à plusieurs reprises des documents à un endroit où ils n'avaient strictement rien à faire», indique-t-il notamment.

Pas de service spécialisé

L'étude critique également l'abandon d'un service spécialisé sur les questions d'abus sexuels entre 2012 et 2016 au sein du diocèse. La commission en question n'a pas été renouvelée, «à la demande de certaines victimes notamment», selon Charles Morerod.

«Je voulais alors constituer une nouvelle commission romande. On l'a entrepris. Mais cela n'a pas fonctionné»
Charles Morerod, dans Arcinfo.

L'évêque recevait donc personnellement les personnes concernées. «C'était très rarement moi-même qui menais les enquêtes, puisque je signalais les cas, mais je recevais en effet ces personnes», réagit-il, tout en se disant «pas du tout heureux» de cette période de vacance.

Mesures entreprises «récemment»

Charles Morerod revient également sur le cas de cinq prêtres actifs dans le diocèse soupçonnés en 2020 d'actes pédophiles. La justice est arrivée à la conclusion qu'il n'y avait pas matière à poursuivre dans deux cas, indique-t-il.

Pour d'autres cas, les personnes en question n'étaient pas condamnables, les faits ayant été prescrits, mais elles devaient être surveillées. Dans ce cas, un suivi psychologique est demandé. «Et dans les cas les plus problématiques, je peux retirer son ministère à un prêtre ou le limiter fortement dans son champ d'action», indique l'homme de foi. Des mesures qu'il dit avoir entreprises «relativement récemment». (ats/jch)

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