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Cette Ukrainienne échappe à Poutine, mais pas aux impôts vaudois

A 80 ans, une Ukrainienne échappe à Poutine, mais pas aux impôts vaudois

Deux mois après son arrivée, l'octogénaire reçoit enfin une lettre du Canton. Et ce n'est pas l'aider dans son installation en Suisse.
31.05.2022, 15:2431.05.2022, 18:03

C'est l'histoire d'un couple vaudois qui décide de venir en aide aux Ukrainiens réfugiés en Suisse. Jean-Paul et Chantal sont donc allés chercher Alla, 41 ans, et sa mère, Ganna, 80 ans, à la gare de Lausanne le 18 mars dernier, comme le rapporte 24 Heures.

«Nous vivions à deux dans cette grande maison. On se sent solidaires. Et puis notre fils est marié à une Ukrainienne»
Jean-Paul, ingénieur à la retraite.

Sauf que, ni l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants ni le canton, ne les aide pour les différentes démarches administratives. «Nous nous sommes personnellement occupés de l’obtention de leur permis S et de la carte leur permettant d’avoir accès aux soins médicaux» poursuit Jean-Paul.

Et pourtant, fin avril, le couple reçoit finalement une lettre du Canton à l'attention de Ganna. Loin d'être un message de bienvenue, le courrier en question est en fait un formulaire de détermination des acomptes 2022, envoyé par les impôts.

Un courrier qui n'a pas plus du tout à Jean-Paul, qui s'est tout de suite empressé d'appeler le fisc pour savoir s'il s'agissait d'une erreur. Mais non, quelques jours plus tard, on le rappelle pour lui dire qu'il doit effectivement remplir le formulaire en mettant des zéros partout.

«Ganna ne parle que le russe et ne lit que l’alphabet cyrillique. Elle devait juste signer le formulaire sans rien y comprendre. J’appelle cela un chèque en blanc»
Jean-Paul, cité par 24 Heures

Dix jours plus tard, Ganna reçoit la détermination des impôts: elle leur doit zéro franc. «Tout ça pour ça! On ne peut pas dire que la démarche soit très élégante», fulmine Jean-Paul dans 24 Heures. Surtout que l'octogénaire ne touche que de maigres revenus: 160 dollars de rente de veuve et 12 francs par jour de la part de l'EVAM. Malgré tout, l'ingénieur vaudois ne perd pas son sens de l'humour:

«Maintenant, on la surnomme l’oligarque»

(ari)

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