Une chaîne allemande ouvre deux filiales en Suisse
Au 19e siècle, la bouillie d’avoine était considérée comme un «plat patriotique et sain», avant de tomber dans l’oubli avec l’augmentation du niveau de vie. Ces dernières années, ce mets, désormais appelé «porridge» en référence à ses origines écossaises, a toutefois connu un regain de popularité. Réputé sain, il peut être préparé avec des ingrédients locaux et rassasie durablement. Une chaîne allemande spécialisée dans ce plat nourrit désormais de grandes ambitions en Suisse.
L’entreprise Haferkater, qui exploite déjà plus de 30 établissements en Allemagne et en Autriche, principalement dans des gares et des aéroports, devrait ouvrir à la mi-novembre sa première enseigne en Suisse, à la gare centrale de Zurich. Une deuxième succursale est également prévue dans une autre gare CFF, mais la chaîne ne souhaite pas encore révéler laquelle. Pour son expansion en Suisse, elle a récemment créé une filiale à Glattbrugg (ZH), qui sera chargée d’exploiter les établissements.
En Allemagne, Haferkater ne propose pas seulement différentes variantes de porridge, notamment aux fruits, aux baies ou au fromage, mais aussi des bowls à base d’avoine, des gâteaux, des wraps, des salades, des sandwichs, du café et d’autres boissons. Les établissements ciblent ainsi une clientèle variée souhaitant se restaurer rapidement. Une grande partie des produits proposés sont végans. Les prix qui seront pratiqués en Suisse ne sont pas encore connus.
Haferkater promet des collaborations locales
Peu de pays correspondent aussi bien au concept de Haferkater que la Suisse, avance Florentine Rank, responsable marketing de l’entreprise. Elle explique:
La tradition coopérative profondément ancrée en Suisse présente également un intérêt aux yeux de l’entreprise, car elle se rapproche de son propre modèle. Il y a deux ans, Haferkater a racheté les parts détenues par d’anciens investisseurs et fonctionne depuis selon le principe de la «propriété responsable», un modèle juridique dans lequel les bénéfices et les actifs restent liés à la mission de l’entreprise.
Haferkater entend adapter son concept au marché suisse. Ses responsables visitent actuellement des moulins suisses qui transforment de l’avoine cultivée dans le pays et prennent contact avec des producteurs locaux. Plusieurs collaborations sont à l’étude. Ces derniers jours, l’entreprise a également développé le «Znüni-Kater», présenté comme une «interprétation suisse d’un petit-déjeuner à emporter».
L'entreprise ne fixe aucun objectif chiffré pour ses activités en Suisse et affirme ne pas avoir de plan d’expansion classique. Florentine Rank développe:
Haferkater souhaite d’abord observer l’évolution de ses deux premiers points de vente. Une chose est toutefois certaine: elle compte se concentrer sur les lieux de transit très fréquentés, en particulier les gares.
SSP ferme déjà une succursale
A la gare centrale de Zurich, Haferkater prendra la place d’une succursale de l'entreprise Ida & Frida, qui n’aura été exploitée qu’un peu plus d’un an. Derrière cette enseigne se trouvait le géant britannique de la restauration SSP. Le groupe exploite ses propres concepts, comme Caffè Ritazza ou Upper Crust, et gère également des établissements de marques tierces, telles que Starbucks, Burger King et Pret A Manger. En Suisse, il est surtout présent à l’aéroport de Zurich.
SSP a récemment dû fermer trois établissements Pret A Manger situés dans le centre-ville de Zurich et à la gare centrale. Dans cette dernière, le groupe reste présent avec l’enseigne Point, un commerce de proximité comparable à Coop Pronto ou Avec.
Si certains concepts de SSP n’ont pas réussi à s’imposer en Suisse en dehors des aéroports, c’est notamment parce que la concurrence est plus forte dans les centres-villes et les gares. Les consommateurs peuvent choisir où faire leurs achats et ont notamment la possibilité de se tourner vers des supermarchés moins chers.
La situation est différente dans les aéroports, en particulier après les contrôles de sécurité. On parle alors de «captive customers», autrement dit de «clients captifs», qui n’ont guère d’autre choix que d’acheter auprès d’un nombre limité de commerces. Outre SSP, des entreprises comme le groupe suisse Avolta se sont spécialisées dans ce segment. Ce dernier exploite lui aussi plusieurs établissements dans les aéroports du pays.
Traduit et adapté de l'allemand
