DE | FR

Le variant indien est-il plus dangereux? Voici tout ce qu'on sait

epa09156209 Indian health workers attend to a suspected covid-19 positive patient at the Covid-19 hospital in Kolkata, Eastern India, 24 April 2021. India recorded a massive surge of 332,730 fresh Covid-19 cases and 2,263 deaths, the highest single-day spike in COVID-19 infections.  EPA/PIYAL ADHIKARY

Image: sda

Le premier cas du variant indien du coronavirus a été détecté samedi en Suisse. Voici ce que nous savons de ses effets jusqu'à présent.

Grace C Roberts / the conversation



Un article de The Conversation

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a finalement pris des mesures pour freiner la propagation du variant indien, le B1617, - dont le premier cas a été recensé hier au Québec. Les vols en provenance de l'Inde et du Pakistan sont interdits pour une période de 30 jours. L'Inde a recensé, mercredi, près de 315 000 nouveaux cas de Covid-19, un record mondial.

Pendant ce temps, Le premier ministre britannique Boris Johnson a annulé son voyage en Inde et le pays a été ajouté à la «liste rouge» des destinations restreintes du Royaume-Uni.

En Grande-Bretagne, le variant est actuellement «en cours d'investigation», mais contrairement à ceux du Kent (B117), de l'Afrique du Sud (1351) et du Brésil (P1), il n'a pas été désigné comme «variant préoccupant»

Cela signifie-t-il qu'il ne faut pas s'en inquiéter? Voici ce que nous savons de ses effets jusqu'à présent.

Ce variant est-il plus contagieux?

Nous croyons que ce variant peut se propager plus facilement que les formes précédentes du virus. Cela est dû à une mutation qu'il porte, appelée L452R, qui affecte la protéine spike du virus. Il s'agit de la «clé» que le coronavirus utilise pour déverrouiller nos cellules.

La mutation L452R modifie la partie de la protéine spike qui interagit directement avec l'ACE2, la molécule à la surface de nos cellules à laquelle le virus se lie pour y pénétrer. Les premières recherches - qui doivent encore être examinées par d'autres scientifiques - suggèrent que la mutation L452R permet au virus de se lier aux cellules de manière plus stable. Pour les variants précédents, dont celui du Kent, des mutations comme celle-ci améliorent la capacité de liaison du virus et le rendent plus infectieux.

Le variant B1427 détecté en Californie contient la même mutation L452R que le B1617. Il est estimé être environ 20% plus transmissible que la forme antérieure du coronavirus qui circulait lors de la première vague.

Est-il plus dangereux?

Les mutations telles que L452R, qui facilitent la liaison, n'entraînent pas nécessairement une maladie plus grave ou ne rendent pas le virus plus mortel. Par exemple, si la variante B1427 semble se propager plus facilement, les recherches préliminaires n'ont pas montré qu'elle était associée à des infections plus graves ou à des charges virales plus élevées. Il pourrait en être de même pour la variante B1617, bien que cela doive encore être étudié.

Mais l'impact que le B1617 pourrait avoir sur l'efficacité des vaccins est particulièrement préoccupant. La grande majorité des vaccins développés contre le coronavirus sont basés sur le ciblage de la protéine spike. Cette protéine se trouvant à la surface externe du virus, c'est elle que votre système immunitaire «voit» principalement lors d'une infection et contre laquelle il produit donc des anticorps efficaces. Si des mutations modifient la forme de la protéine spike, ces anticorps peuvent devenir moins efficaces.

En effet, des études préliminaires suggèrent que la mutation L452R pourrait aider le virus à échapper au système immunitaire. En outre, le virus B1617 porte une deuxième mutation, appelée E484Q, qui modifie également la protéine spike. Les recherches suggèrent que de telles mutations (qui affectent la même zone de la protéine spike) peuvent également rendre le virus moins sensible aux anticorps préexistants.

Les premières études non révisées des effets de ces mutations sur le B1617 suggèrent qu'elles rendent effectivement la variante moins sensible aux anticorps générés précédemment. Cependant, il est important de souligner que ces résultats n'ont été démontrés que dans des expériences de laboratoire et non sur des personnes.

Devons-nous être inquiets?

Le ministère indien de la Santé a déclaré que l'augmentation du nombre de cas dans son pays n'est pas liée à ces mutations. Celles du B1617 n'ont pas été détectées en quantité suffisante pour déterminer si le variant est directement responsable. Cependant, cela peut être dû à un manque de données, et de nombreux experts ont souligné l'importance d'augmenter le séquençage du virus afin d'obtenir une meilleure image.

Il est encore trop tôt pour dire si cette variante constituera une menace importante pour les efforts de lutte contre le virus. Toutefois, comme toujours en matière de santé publique, il vaut mieux prévenir que guérir. Nous devons donc poursuivre nos efforts pour contrôler le virus, tant en termes de réglementation - masques, distanciation sociale, etc. - que de vaccination, dépistage de masse et de séquençage du génome. En continuant à combattre le virus, nous pouvons limiter l'impact de ce variant.

La plus grande source d'inquiétude serait que le B1617 sape les efforts de vaccination. Si ce variant est capable de provoquer la maladie chez les personnes vaccinées, il risque de créer des épidémies à grande échelle dans le monde entier.

Des travaux visant à créer des vaccins de rappel pour faire face aux variants actuels et futurs sont déjà en cours, mais il est trop tôt pour dire s'ils seront nécessaires pour contrôler spécifiquement le B1617.

Cependant, un moyen plus efficace d'empêcher les variants de causer des problèmes dans le monde entier serait, en premier lieu, d'empêcher leur propagation. Des restrictions aux voyageurs, telles que celles observées en Nouvelle-Zélande et en Australie, peuvent sembler complexes, mais elles ont permis un retour à une normalité relative dans ces pays.

Cet article a été publié initialement sur The Conversation. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

La Kumbh Mela a eu lieu en Inde, malgré le Covid

1 / 16
La Kumbh Mela a eu lieu en Inde, malgré le Covid
source: sda / idrees mohammed
Share on FacebookShare on TwitterShare via WhatsApp

Cela pourrait aussi vous intéresser:

Bill Gates aurait quitté Microsoft à cause d'une liaison avec une employée

Link zum Artikel

5 haies d'honneur légendaires du sport

Link zum Artikel

19 animaux qui prouvent que l'Australie est un pays flippant

Link zum Artikel

L'Etat le plus vacciné du monde forcé à reconfiner suite à une flambée de cas

Link zum Artikel

Le ou la Covid: connaissez-vous ces autres mots qui changent de sexe?

Link zum Artikel

«Ton mariage, c'était sympa... mais sans plus»

Link zum Artikel
Montrer tous les articles

Quiz

Quel variant du Covid es-tu?

Il y avait un Covid-19. Puis deux, puis trois, puis une tonne. Il y a des mutations simples ou doubles, des inoffensives et des plus contagieuses. Parmi tous ces variants, il y en a bien un qui te correspond. Fais-vite ce quiz pour savoir lequel!

Lire l’article
Link zum Artikel