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Image: watson/m6

Top Chef, épisode 12: Matthias le King 👑

C'est la douzième semaine de l'émission. Le récap en GIF, en acceng du Sud et en confinement. Aujourd’hui, un plat de génie et un air de déjà-vu...

Anaïs Bordages / slate



Un article de Slate

Temps de lecture: 7 min.

Jusqu'à présent, Top Chef a remarquablement effectué sa transition entre le monde d'avant et le monde de? euh? pendant. Épreuves en extérieur, équipes masquées, distanciation plus ou moins respectée pendant les dégustations? Si un alien se mettait à regarder Top Chef aujourd'hui, il ne pourrait sans doute pas se douter qu'une pandémie faisait rage pendant le tournage.

Par contre, il se demanderait sans doute pourquoi les épreuves de cette semaine ressemblent étrangement à celles du début de la saison. Est-ce que c'est pour éviter l'épreuve pas très covid-friendly des hordes d'enfants qui hurlent et qui courent partout? Est-ce que c'est juste la langueur de 2021 qui me rend ronchon et de mauvaise foi? Est-ce que c'est parce que la prod' en a ras la casquette et se sent comme l'oignon vert de Matthias, découragée et abandonnée? Sans doute un peu des trois.

Cœur sur toi petit oignon. On ne t'oublie pas.

Première épreuve

La première épreuve démarre sous la houlette d'Alexandre Mazzia, génie culinaire triplement étoilé - tu vois Thomas, LUI, c'est vraiment le Andy Warhol de la cuisine.

Le thème? La juxtaposition de trois cuissons. C'est donc parti pour une autre épreuve à base de cuissons cheloues, qui n'est pas sans évoquer celle de l'inimitable Ángel León? Ici, la difficulté tient moins dans l'originalité des modes de cuisson que dans leur complémentarité: avec un minimum de trois cuissons différentes, les candidats doivent trouver «un sens» à leur plat, et surtout, ne pas le surcuire. L'enjeu, c'est une place en quart de finale: la tension est donc à son comble.

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Moi, à chaque fois que j'entends le mot «distanciel».

Les candidats commencent par choisir un bac au hasard avec des ingrédients sélectionnés par Mazzia - ça aurait pu très mal tourner, mais heureusement, il n'y a rien d'atroce comme du psoriasis de dinosaure ou du poulet en conserve.

Matthias, toujours un fidèle représentant de la start-up nation, décide de faire un «guakiwi» (comprendre: un rebranding du guacamole) pour accompagner la volaille qui lui a été imposée. Mais bon, mot-valise à part, il faut l'avouer, son assiette a l'air bonne.

Pierre, lui, a récupéré des gambas et compte les mariner, les cuire sous terre, puis sur un «binchotan» (?). Comme d'hab, il débite plus de mots à la seconde que le Covid ne contamine de gens aux Buttes-Chaumont et hurle «tac tac» frénétiquement comme si sa vie en dépendait. Ce mec me donne des crampes, en fait.

La «tac tac» attitude.

Par contre, on peut vraiment commencer à distinguer l'arc narratif de Pierre comme finaliste de l'émission: un profil un peu «difficile à canaliser mais brillant», une backstory semi-larmoyante («Je vais avoir un enfant avec ma femme, c'est magnifique»), une première élimination injuste suivie d'un retour victorieux? Je dis ça, je dis rien.

Sarah, elle, va devoir cuire du bœuf, alors qu'elle adore la cuisine végétale. Son plan: marinade, fumage, puis grillade au barbecue.

Macron depuis six mois.

Mohamed, lui, doit cuisiner du cabillaud. Sa méthode: marinade, vapeur, puis barbecue. Groundbreaking. Tout le monde fait pareil à part Pierre en fait, ce qui lui garantit sans doute la victoire.

Mohamed, malgré tout, se montre confiant, et se félicite du soutien que lui apporte la cheffe Darroze: «Elle est avec oims. Elle me follow. Elle m'a hashtagué». Je ne suis pas législatrice, mais je pense qu'entendre cette phrase devrait compter comme un motif valable pour une demande d'euthanasie.

Enfin, Bruno a hérité du meilleur ingrédient de tous: le canard! En plus, ça se mange rosé et croustillant, donc c'est quand même moins délicat à cuire que les autres ingrédients. Ses méthodes: pochage, rôtissage, grillade au barbecue. [Insérer un bâillement]. Malheureusement, le candidat remet son canard à la dernière minute alors que sa cuisson était déjà parfaite et foire son plat.

Après un moment de communication non verbale exceptionnel entre Alexandre Mazzia et Stéphane...

Les libertés en France.

...une seule assiette est sélectionnée, et sans grande surprise, c'est celle de Pierre. Vous l'aurez lu ici en premier: Pierre va aller en finale.

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Les gambas en trois cuissons de Pierre. TAC TAC!

Deuxième épreuve

Pour la deuxième épreuve, chaque candidat va être épaulé par un grand chef, en mode école des fans. C'est merveilleux. (Moi je postule pour Sébastien Vauxion, si jamais).

Sarah sera accompagnée par Glenn «manbun» Viel, Matthias par Pascal «choupi» Barbot, Bruno par Arnaud «Bruel» Donckele, et Mohamed se retrouve avec Pierre Gagnaire, le Lord Commander de la cuisine.

Le thème de l'épreuve: réinventer une manière de déguster et offrir une nouvelle expérience culinaire aux chefs. Mais ça sert à quoi, alors qu'Arnaud nous a déjà fait manger dans la cuvette des toilettes?? Je pense qu'une fois qu'on a atteint le stade «caca en chocolat», on peut faire une croix sur toute autre tentative d'«expérience culinaire inédite».

Sérieusement, je regrette tellement qu'Arnaud ne soit pas là pour totalement foirer cette épreuve. On espère juste que personne ne va carboniser un chevreuil, redemander aux chefs de s'asseoir dans des transats en plein milieu du studio, ou de s'enfiler des hot-dogs sur les doigts.

Mais il faut avouer que les candidats, dans l'ensemble, sont plutôt inspirés. Mohamed décide de faire un sachet de bonbons gastronomique, à base de cuisine moléculaire. On ne sait pas si c'est bon, mais ça a l'air hilarant, et ça nous permet de voir à quoi ressemble Michel Sarran quand il se fait une petite fumette le dimanche soir.

Michel «Skinny Pete» Sarran.

L'occasion aussi de découvrir que Philippe Etchebest ne sait pas comment fonctionnent les tétines.

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«Je l'utilise comme un protège-dents», le pic de rugbymanitude.

Sarah, elle, a décidé de faire son plat dans une cagette, l'élément de décoration préféré des bobos après la palette. Le thème de sa recette sera la «balade en forêt». C'est vrai qu'un truc qu'on trouve toujours en forêt, c'est des cagettes. Glenn Viel est inspiré par l'idée et pousse Sarah à se dépasser: il lui dit de se mettre dans la peau d'un chasseur-cueilleur, d'un «homme de Cro-Magnon» qui arrive dans la forêt. «Imagine le premier mec qui a fait une côtelette de mammouth».

Résultat, Sarah décide de partir «à la recherche du chevreuil», un animal qui a déjà assez souffert comme ça dans cette émission et aimerait sans doute qu'on le laisse tranquille. On doute un peu de la solidité du concept, mais la dégustation se déroule plutôt bien, Paul Pairet allant jusqu'à dire qu'«on est presque dans le cul du chevreuil» (oui, quand il le dit, c'est un compliment).

Quand tu vois les 250 000 créneaux libres pour la vaccination sur Doctolib.

On passe à Bruno, dont le concept est «lécher, puis gober, puis boire» - un samedi soir normal, quoi. Comme ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu de petit point masculinité toxique, le candidat communique le fait qu'il se sent vulnérable en expliquant: «Là je suis à poil. En string». Tu sais Bruno, parfois on peut se sentir très puissant en string.

Mais Bruno a envie de se dépasser. Le candidat, qui essaie de se débarrasser de sa timidité depuis le début de la saison, décide de se lâcher, il donne tout, il explose de créativité et part à la recherche de «ce côté barré et ce côté folie»: il fait une langoustine en trois façons.

Malheureusement, Bruno n'a pas vraiment de concept lui permettant de lier ses trois idées à base de gobage et de léchage, et nous fait croire à la dernière minute que ça parle de son enfance. Désolée de refaire la blague, mais on dirait encore un pitch de Kechiche à ses producteurs.

Mais vous l'avez compris, le plat «génial avec une forme de génie», pour reprendre l'expression de Paul Pairet, celui qui va bouleverser tous les chefs et qu'on nous tease depuis le début de l'épisode, c'est celui de Matthias. En même temps, on ne misait pas trop sur la cagette remplie de feuilles de Sarah.

Matthias, qui comprend très bien le concept d'«expérience culinaire» puisqu'il a un DJ dans son restaurant (mon pire cauchemar), se sent particulièrement inspiré par l'épreuve. Il nous ressort le truc qui se cache apparemment tous les ans dans la cuisine de Top Chef: une planche avec une main dessinée dessus.

Sur cette planche, le candidat va déposer quatre préparations à se mettre sur les doigts puis à lécher (brrr): une trop grasse, un trop sucrée, une trop acide et une trop pimentée. Le tout sera rééquilibré par une tartelette à déposer dans le creux de la main et qui constituera l'équilibre parfait entre toutes ces sensations. «C'est un peu comme un délire sado-maso, où en fait tu mets une fessée et après tu mets une caresse quoi», nous explique le candidat. Il a dû tomber sur les fiches de FRG la semaine dernière et se dire que ça sonnait bien.

Quand on va devoir réapprendre à vivre sans masque, on va tous ressembler à ça.

Je n'ai pas trop compris comment tu fais pour manger en même temps sur tes quatre doigts et ta paume, ni pourquoi il faut que la tartelette soit posée au creux de la main pendant qu'on mange le reste, mais passons. Il faut bien admettre que son concept est très ambitieux et on comprend parfaitement pourquoi ça bluffe les chefs.

Sans surprise, Matthias arrive premier de l'épreuve, mais surtout, Sarah se qualifie aussi!!!! Ouais meuf!!!!!!

C'est l'heure de la dernière chance, Mohamed court partout et donne «sa sueur» à son plat, pendant que Bruno, toujours aussi punk, «effeuille gentiment» son haddock. Malheureusement, c'est Bruno qui quitte le concours, après avoir fait un beau retour de plusieurs épisodes. Bravo Bruno, tu auras été choupi jusqu'au bout, et on te souhaite plein de réussite.

La semaine prochaine: «Pour décrocher un pass, les candidats vont devoir se surpasser». Vous l'avez? Et aussi: une épreuve spéciale œuf. Trop hâte!

En vrac

Pierre Gagnaire: «Moi je mettrais un 8.5/10 à un truc comme ça, parce que vraiment tout est réussi!» Un 8.5?? I do not think it means what you think it means.

Quand tu vois quelqu'un qui baisse son masque pour téléphoner:

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«On est dans les bois, là». Les bois:

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Sarah, si elle utilise pas du sarrasin une fois par plat, elle meurt?

Ma santé mentale depuis mars 2020:

Quand on va pouvoir revenir en terrasse:

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Cet article a été publié initialement sur Slate. Watson a changé le titre et les sous-titres. Cliquez ici pour lire l'article original

Et maintenant, des tulipes!

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La Fête de la tulipe à Morges
source: keystone / laurent gillieron
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