Christine Lagarde quittera la BCE plus tôt que prévu en 2027
Christine Lagarde a informé ses collègues ainsi que le président du Conseil européen, António Costa, de sa décision de quitter son poste en février, selon un communiqué.
La dirigeante ouvre la possibilité au président français sortant Emmanuel Macron de participer à la désignation de son successeur avant l'élection présidentielle du printemps, tandis que les sondages donnent actuellement Marine Le Pen parmi les favorites pour le scrutin.
Berlin affiche de son côté déjà ses ambitions pour le prochain partage des postes clés au sein de la BCE. Tout en exprimant envers Lagarde son «grand respect pour son action», le ministre des Finances allemand Lars Klingbeil souligne dans un message que l'Allemagne «fera valoir son poids de plus grand pays de la zone euro afin de contribuer à la mise en place d'une direction largement soutenue et responsable».
Le chancelier Friedrich Merz a, lui, relevé que «le processus de nomination prévu par le traité de l'UE va maintenant débuter, et nous le mènerons à bien d'ici la fin de l'année au sein du cercle des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro».
Bataille politique
«Merci pour tout ce que vous avez fait pour l'Europe et pour l'euro. De la pandémie à la guerre d'agression menée par la Russie, vous avez contribué de main sûre à maintenir notre économie stable et résiliente», a réagi Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, sur X. Le ministre français de l'Economie, Roland Lescure, a salué «une voix puissante pour l'Europe sur la scène internationale», qui a «modernisé et renforcé l'institution avec brio».
Le départ anticipé de la première dame de l'euro ouvre une bataille de succession. Deux favoris émergent déjà: l'ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise, Klaas Knot et Pablo Hernández de Cos, l'ex-patron de la Banque d'Espagne et actuellement à la tête de la Banque des règlements internationaux (BRI). Ce dernier est donné favori par des économistes mais selon un diplomate européen favorable à la candidature de Klaas Knot, lui apparaît comme le candidat le plus solide.
Il met en avant un contexte marqué par les tensions sur les marchés obligataires et la remontée des taux, face à une inflation encore élevée alimentée par la guerre au Moyen-Orient. La désignation s'inscrit aussi dans un vaste renouvellement de la direction de l'institution de Francfort.
Outre la présidence, les postes de chef économiste, occupé par l'Irlandais Philip Lane jusqu'en mai 2027, ainsi que celui de membre du directoire, pour remplacer l'Allemande, Isabel Schnabel, sont à repourvoir. Derrière la bataille des personnes se joue en réalité un partage délicat. Paris pousserait ainsi pour obtenir la fonction influente de chef économiste si la présidence revenait à Knot.
Un troisième candidat de compromis pourrait toutefois émerger pour la présidence si les grands pays ne parvenaient pas à s'entendre, comme ce fut le cas en 2019 avec l'arrivée surprise de Christine Lagarde.
Pas encore à la retraite
Ex-ministre et ancienne directrice du Fonds monétaire international (FMI), elle aura traversé une succession de crises majeures, de la pandémie de Covid-19 à la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine.
Selon le communiqué publié jeudi, les membres du Conseil des gouverneurs ont chaleureusement remercié Lagarde et lui ont réservé une longue ovation après l'annonce de sa décision.
Reste désormais à savoir quelle sera la prochaine étape pour Christine Lagarde, 70 ans, figure familière des grandes organisations internationales.
Si la politique française ne semble pas figurer dans ses plans, Christine Lagarde n'entend pas forcément tourner le dos à la vie publique.
Celle qui a écarté fin septembre l'idée d'une candidature à l'Élysée est citée parmi les personnalités susceptibles de prendre la tête du Forum économique mondial de Davos. (ats/vz)
