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La Banque centrale européenne sonne l'alerte mais maintient ses taux

La Banque centrale européenne sonne l'alerte mais maintient ses taux

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Gardienne de l'euro, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux pour le moment.Image: www.imago-images.de
Comme d'autres banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux malgré l'incertitude actuelle des marchés.
19.03.2026, 15:4719.03.2026, 15:47

La Banque centrale européenne (BCE) a averti jeudi que la flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient risquent d'alimenter sur la durée l'inflation et de peser sur la croissance en zone euro, tout en maintenant ses taux inchangés. Elle a indiqué dans un communiqué:

«La guerre au Moyen-Orient a considérablement accentué l'incertitude entourant les perspectives, créant des risques à la hausse pour l'inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique»

La BCE estime que cela aura une «incidence significative» sur l'inflation à court terme via les prix de l'énergie, avec des effets à moyen terme dépendant de l'intensité et de la «durée du conflit» ainsi que de leur impact sur l'économie, est-il expliqué.

En parlant d'économie mondiale 👇

Dans l'immédiat, les gardiens de l'euro ont choisi de ne pas changer le cap monétaire: le taux de dépôt, qui sert de référence, reste fixé à 2%, comme depuis juillet, tandis que l'inflation évolue ces derniers mois autour de l'objectif de 2%.

L'impact du conflit au Moyen-Orient

Le conflit a entraîné une quasi-paralysie du détroit d'Ormuz par l'Iran – passage clé par lequel transitent environ 20% du pétrole mondial – ainsi que des attaques contre des infrastructures énergétiques du Golfe, faisant bondir les prix de l'or noir et du gaz.

L'impact se fait sentir en Europe, fortement dépendante des importations d'énergies fossiles, et ainsi vulnérable aux retombées du conflit opposant les alliés que sont les États-Unis et Israël à l'Iran.

Les prix des carburants à la pompe ont nettement monté et les entreprises, en particulier celles énergivores, vont payer le prix fort. De quoi fragiliser davantage une croissance déjà poussive dans la zone euro et gonfler l'inflation, le pire des scénarios pour la BCE. Le Conseil des gouverneurs de la BCE se dit toutefois en «bonne position pour faire face à cette incertitude».

Naviguer à vue

En l'absence de signes d'une accélération de l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et des matières premières, la BCE n'a «pas vraiment d'argument pour une hausse de taux», a indiqué Reinhard Pfingsten, directeur des investissements d'ApoBank, en ajoutant:

«Ils vont simplement naviguer à vue»

D'autres banques centrales ont déjà opté pour la prudence. La Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu mercredi ses taux inchangés pour la deuxième réunion consécutive, expliquant que:

«Les implications des événements au Moyen-Orient pour l'économie américaine sont incertaines».

La Banque d'Angleterre (BoE) a également laissé jeudi son taux directeur inchangé, à 3,75%, comme l'avaient fait plus tôt la Banque du Japon (BoJ) et la Banque nationale suisse (BNS).

A propos de la décision de la BNS 👇

Ces banques centrales ont jugé que l'inflation globale sera plus élevée dans les mois à venir en raison du choc causé par le conflit au Moyen-Orient.

Nouvelles projections

La BCE a publié jeudi de nouvelles projections économiques à l'horizon 2028 qui ont partiellement tenu compte des hausses du prix du Brent et du gaz observées depuis fin février.

La banque centrale a taillé dans ses prévisions de croissance revue à 0,9% pour 2026, contre 1,2% en décembre. Côté inflation, l'institution attend un taux de 2,6% pour cette année, contre 1,9% auparavant, puis 2% en 2027 et 2,1% en 2028.

La BCE dit avoir évalué l'impact du conflit sur la croissance et l'inflation via plusieurs «scénarios alternatifs». Elle avait déjà fait un tel exercice en juin 2025, après la guerre commerciale lancée par Donald Trump. (btr/ats)

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source: emphase
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