La directrice de la COP30 accuse les USA de freiner d'autres pays
«Directement ou indirectement, les Etats-Unis ont influé très négativement sur la capacité d'autres pays à avancer» dans la lutte contre le réchauffement de la planète, a déclaré à l'AFP Ana Toni, directrice exécutive de la COP30 l'an dernier à Belem, au Brésil.
Avant la COP31, du 9 au 20 novembre en Turquie, Mme Toni a critiqué l'administration du président Donald Trump, qui s'est retirée de l'Accord de Paris en 2025, et impacte l'agenda climatique d'autres pays, à coups de pressions et droits de douane.
La rivalité entre Washington et Pékin joue, selon elle, un rôle dans cet engrenage. Les pays «sont plus réticents à importer des produits chinois d'empreinte carbone basse de crainte de représailles des Etats-Unis» ou parce que ceux-ci font «pression pour des produits d'empreinte carbone plus élevée», mais américains. «Cela retarde logiquement la capacité de ces pays à atteindre des objectifs de décarbonation plus ambitieux», estime-t-elle.
Dépendance au pétrole «dommageable»
Pour Ana Toni la hausse des prix des carburants due au conflit au Moyen-Orient démontre que la dépendance au pétrole peut être «très dommageable pour l'équilibre général» du monde.
Après un accord historique en 2023 à la COP de Dubaï, cette question avait été abandonnée à Belem sur pression de pays producteurs. Le Brésil s'est engagé à promouvoir une «feuille de route» globale de sortie progressive et volontaire du pétrole, du charbon et du gaz.
Ana Toni, qui a travaillé sur ce document, estime que «tous les pays peuvent progresser afin de diminuer leur dépendance et aller vers cette transition». Elle a par ailleurs déploré le «manque de solidarité» des pays riches pour aider ceux en développement à s'adapter au changement climatique, regrettant que l'effondrement d'un glacier au Népal ne les sensibilise pas davantage. (sda/ats/afp)
