International
Covid-19

Covid: Pourquoi Hong Kong étouffe sous les cas et les morts?

Au pied de la 5e vague, en février 2022, les habitants de Hong Kong se pressaient dans les centres de tests.
Au pied de la 5e vague, en février 2022, les habitants de Hong Kong se pressaient dans les centres de tests.Image: Shutterstock

4000 morts en 2 mois: pourquoi le Covid fait étouffer Hong Kong

Alors que le territoire, fer de lance de la stratégie «zéro Covid», a traversé deux ans de pandémie sans grands dommages, voilà que tout s'affole. Le taux de mortalité flambe et le nombre de cas bat tous les records. Que se passe-t-il?
17.03.2022, 05:5017.03.2022, 07:19

Un record, pour commencer: depuis le début de la vague Omicron, Hong Kong comptabilise plus de 600 000 cas d'infection. L'université de Hong Kong pense, de son côté, que le chiffre réel dépasse les 4,5 millions de malades. Un chiffre qui fait froid dans le dos, sachant que le territoire n'avait enregistré que 12 000 cas en deux ans.

Hong Kong, qui fait partie des régions du monde à avoir appliqué, le plus rigoureusement possible, la stratégie «zéro Covid», est littéralement engloutie par une catastrophe sanitaire. Un taux de létalité parmi les plus élevés des pays développés et des maisons de retraite qui croulent sous les décès. Selon le dernier bilan du 14 mars, le pays, qui n'avait enregistré que 213 morts en deux ans, déplore 4066 décès supplémentaires depuis le 1er janvier 2022.

Trois raisons semblent expliquer cette folle accélération pandémique.

Vaccination à la traine

«Environ 90% des personnes mortes lors de la cinquième vague n'avaient pas reçu deux doses de vaccin.» C'est une déclaration du gouvernement hongkongais, cité par BFM TV. Pour de nombreux épidémiologistes, la stratégie «zéro Covid», seule, ne suffit pas. Notamment pour Arnaud Fontanet, qui était sur France Inter lundi:

«Il aurait fallu, en parallèle, faire une politique de vaccination pour protéger la population parce que le virus n'avait pas circulé, il n'y avait pas d'infections»
Arnaud Fontanet, épidémiologiste.

Un médecin anonyme, qui pratique dans une soixantaine de maisons de retraite, a également expliqué à l'AFP que «le faible nombre de décès du Covid-19 à Hong Kong au cours des deux premières années a contribué à un faible niveau de vigilance». Le Financial Times rappelle, de son côté, que seulement 31% des personnes âgées ont reçu au moins une dose jusqu'à aujourd'hui.

Vaccins moins efficaces

Une grande partie des personnes vaccinées à Hong Kong ont reçu le vaccin chinois Sinovac, connu pour n'offrir qu'une protection «négligeable» contre le variant Omicron. Le Financial Times avance, lui, que plus des deux tiers des vaccinés sont concernés. En décembre 2021, une étude réalisée par l'Université de Hong Kong démontrait que sur une vingtaine de personnes, les personnes vaccinées avec le sérum Sinovac «ne présentaient pas suffisamment d'anticorps pour lutter contre le Covid-19».

Hôpitaux saturés

Les médias français ont récemment cité le docteur Siddharth Sridhar pour évoquer le fait que les centres de soins débordent de patients depuis quelques jours. Les hôpitaux hongkongais sont submergés: «Les corps s'entassent, les patients âgés attendent désespérément d'être pris en charge dans des salles de soins improvisées, voire en plein air».

Trop tard?

Si bon nombre d'observateurs locaux pensent «qu'il est déjà trop tard», la cheffe du gouvernement, Carrie Lam, a promis que tous les résidents de maisons de retraite allaient recevoir au moins une dose de vaccin d'ici les deux prochaines semaines. Affaire à suivre.

Joya, le chihuahua qui fait du ballet
Video: watson
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le budget militaire de Poutine explose à cause de «dépenses secrètes»
Moscou prévoyait de réduire ses dépenses militaires cette année. Les chiffres du premier trimestre montrent au contraire une forte hausse.
Au premier trimestre 2026, les dépenses militaires de la Russie ont atteint un niveau record de 5900 milliards de roubles (environ 70,4 milliards d'euros). C'est ce qui ressort des calculs de Janis Kluge, chercheur à la Fondation allemande pour la science et la politique (SWP), réalisés à partir des données du ministère russe des Finances. Selon ces calculs, les dépenses militaires s'élevaient à 4500 milliards de roubles (environ 53,7 milliards d'euros) au premier trimestre 2025. Elles ont donc augmenté de près de 30% en l'espace d'un an.
L’article