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Le droit à l'avortement est de plus en plus menacé aux Etats-unis

Anti-abortion advocates use their signs to block the sun during a rally near the north steps of the Nebraska State Capitol on Saturday, Jan. 16, 2021 in Lincoln, Neb. (Kenneth Ferriera/Lincoln Journal Star via AP)

De plus en plus d'Etats interdisent ou veulent interdire l'avortement. Image: AP Lincoln Journal Star

L'Arkansas avance un peu plus en faveur d'une interdiction quasi-totale de l'avortement. L'objectif n'en est pas moins national: amener la Cour suprême des États-Unis à revenir sur ce droit constitutionnel reconnu depuis 1973.



Un pas en avant, deux pas en arrière. L'Arkansas a adopté, mardi, une loi interdisant l'avortement même en cas de viol ou d'inceste. L'Etat américain connu pour son conservatisme chrétien espère ainsi pousser la cour suprême des Etats-Unis à revenir sur son arrêt, qui avait, en 1973, étendu ce droit à l'ensemble du pays. Depuis cette date, la justice américaine fédérale considère que le droit d'une femme à l'avortement concerne le droit à la vie privée protégé par le 4e amendement.

L’arrêt Roe c. Wade, une avancée historique... aujourd'hui menacée

En vertu de la jurisprudence Roe v. Wade, de 1973, tant que le fœtus n'est pas viable, c’est-à-dire avant 24 semaines a minima, il est possible, selon la loi fédérale américaine, de choisir de le conserver ou pas.

Depuis lors, les militants et les responsables politiques opposés à l’avortement se mobilisent en vue de faire annuler cette décision. Les attaques contre l’arrêt rendu dans l’affaire Roe se sont intensifiées lorsque le président Donald Trump a nommé deux nouveaux juges à la Cour suprême, tous deux ayant exprimé des opinions hostiles à l’avortement.

45 États autorisent les assurances à refuser l’IVG

Dans un pays où la santé est principalement affaire de financement privé, onze États demandent aux assurances de limiter la prise en charge des avortements, le plus souvent limitée aux cas où la grossesse menacerait la vie de la mère. Dans certains Etats, les assurés peuvent étendre la couverture d’un éventuel avortement… moyennant une surprime. Plus encore, 45 États autorisent les assurances à refuser l’IVG.

99 ans de prison pour un médecin pratiquant l'IVG

En mai 2019, le Sénat de l'Alabama vote la loi anti-avortement la plus répressive du pays. Elle fait encourir jusqu'à 99 ans de prison pour un médecin pratiquant l'IVG.

«Cinq Etats interdisent l’avortement après environ six semaines, c’est-à-dire pour beaucoup de femmes avant qu’elles ne réalisent qu’elles sont enceintes»

Extrait d'un rapport de Amnesty International.

La seule exception prévue dans le texte promulgué, hier en Arkansas, est pour «sauver la vie de la mère lors d'une urgence médicale», a annoncé son gouverneur, Asa Hutchinson.

Cour suprême ancrée à droite

«Le but de cette loi est de préparer le terrain pour que la Cour suprême annule la jurisprudence actuelle», a indiqué sans détour le gouverneur de l'Arkansas. Or, le temple du droit américain est ancré solidement à droite depuis la nomination par Donald Trump de Amy Coney Barrett, une juge conservatrice, quelques jours avant sa défaite à la présidentielle.

Le texte ne doit pas entrer en vigueur avant l'été, et la puissante organisation de l' Union américaine pour les libertés civiles (Aclu) a d'ores et déjà annoncé qu'elle le contesterait en justice. (ga)

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