Les étudiants à nouveau dans la rue en France: «On ne veut rien lâcher»
Décidés à «ne rien lâcher» et soutenus par Greta Thunberg, lycéens et étudiants sont de nouveau massivement descendus dans la rue mardi en France. Ils ont appelé à rejoindre des manifestations contre «la vie chère», prévues samedi, malgré une mobilisation en baisse selon le gouvernement.
Le cortège parisien, à l'appel des principales organisations syndicales et de jeunesse, s'est élancé en début d'après-midi de la place d'Italie derrière une banderole défendant «le droit à étudier» et proclamant:
La manifestation, devant rallier les Invalides, a débuté dans le calme, en présence d'une dizaine de responsables Insoumis, dont Jean-Luc Mélenchon acclamé.
Manque de profs
«J'ai le bac cette année et toujours pas de prof d'anglais et physique chimie», a raconté Lise, une étudiante de terminale. De nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents: «On est inquiet pour nos enfants et petits-enfants qui travaillent dans de mauvaises conditions», a expliqué Hubert Comon, retraité de la fonction publique. Un autre cortège, moins fourni, défilait en même temps entre l'Hotel de Ville et la place de Port-Royal.
Plus tôt dans la journée, des manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon (11 000 personnes selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille (3800 personnes selon la police). «On est là parce qu'on a vraiment l'impression de ne pas se faire écouter par le gouvernement», a résumé Nina, lycéenne de 17 ans, à Marseille.
L'appui de Greta Thunberg
L'Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées. «Dans notre lycée, il y a des fuites d'eau, des morceaux de plafond qui tombent dans les classes, pourquoi on devrait accepter ça?» s'est interrogée Cloé, de Caen.
Mardi matin, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement.
De source policière, 360 actions étaient en cours mardi, avec une cinquantaine d'universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l'objet de blocage.
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré que «tant qu'il n'y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer», avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d'achat.
Moins de monde
Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, qui doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur, ont également appelé mardi à «rejoindre le mouvement des "gilets jaunes"» samedi.
De son côté, le gouvernement a dit constater une décélération du mouvement. En milieu de journée, le ministère de l'Education a indiqué que 94,2% des lycées étaient «ouverts», avec «214 fermetures d'établissements scolaires, contre 800» le 6 octobre, pic de la mobilisation.
Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient «bloquées» ou «fermées» ce mardi, selon l'organisation Union étudiante – le ministère a évoqué des perturbations dans un tiers des établissements du supérieur.
Sébastien Lecornu a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant «certaines propositions formulées» sur la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens.
Le ministre de l'Education Edouard Geffray a promis que 3000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.
Au total, 147 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés depuis le début du mouvement, selon un bilan du ministère de l'Education, avec 20 personnes blessées lundi, dont cinq chefs d'établissement. En Ile-de-France, la facture des dégradations occasionnées par le mouvement «s'élève désormais à 8,5 millions d'euros», selon la Région. (ag/ats)
