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Pétain «sauveur» de juifs: Zemmour condamné

Selon les juges, Eric Zemmour a prof
Eric Zemmour a annoncé qu'il formerait un pourvoi en cassation.Keystone

Pétain «sauveur» de juifs: Zemmour condamné

Eric Zemmour avait déclaré que le maréchal Pétain avait «sauvé» des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un tribunal parisien lui a infligé 10 000 euros d'amende.
02.04.2025, 14:3202.04.2025, 14:32

La cour d'appel de Paris a condamné mercredi Eric Zemmour à 10 000 euros d'amende pour contestation de crime contre l'humanité. L'ancien journaliste avait soutenu en 2019 que le maréchal Pétain avait «sauvé» des juifs français pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Dans cette affaire, le président du parti d'extrême droite Reconquête! avait été relaxé par le tribunal de Paris en 2021 puis par la cour d'appel en 2022, avant que la Cour de cassation, saisie par cinq associations parties civiles et par le parquet général, n'annule sa relaxe, ordonnant un nouveau procès.

Dans un communiqué publié dans la foulée de la décision, Eric Zemmour a affirmé qu'il n'a «à aucun moment souhaité 'défendre Pétain'» et annoncé qu'il formerait un pourvoi en cassation.

La cour d'appel l'a en outre condamné à verser un euro de dommages et intérêts et 1200 euros au titre des frais justice à chacune des cinq associations parties civiles.

Du «révisionnisme»

Eric Zemmour avait été cité devant le tribunal après des propos tenus le 21 octobre 2019, lors d'un débat dans l'émission «Face à l'info» dont il était le chroniqueur vedette sur la chaîne CNews, avec Bernard-Henri Lévy.

«Un jour (...) vous avez osé dire que Pétain avait sauvé les juifs», avait déclaré BHL. «Français, précisez, précisez, français», l'avait interrompu Eric Zemmour. «Ou avait sauvé les juifs français. C'est une monstruosité, c'est du révisionnisme», avait poursuivi Lévy. «C'est encore une fois le réel, je suis désolé», lui avait répondu Zemmour.

Le 12 mai 2022, la cour d'appel avait estimé que, si les propos «peuvent heurter les familles de déportés», ils «n'ont pas pour objet de contester ou de minorer, fût-ce de façon marginale, le nombre des victimes de la déportation ou la politique d'extermination dans les camps de concentration».

Elle avait rappelé que Philippe Pétain, chef du gouvernement du régime de Vichy, n'avait pas été condamné «pour un ou plusieurs crimes contre l'humanité» lors de son procès à la Libération, mais pour «attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat» et «intelligences avec l'ennemi».

Des propos «repris à son compte»

Mais la Cour de cassation avait estimé que «les propos reprochés peuvent constituer un délit, même s'ils portent sur une personnalité qui n'a pas été condamnée pour crime contre l'humanité».

Pour elle, «en affirmant 'c'est encore une fois le réel'», Eric Zemmour «a repris à son compte les propos» mentionnés par Bernard-Henri Lévy et, si ces derniers «faisaient écho à des écrits plus mesurés précédemment publiés (...) dans un de ses livres, la cour d'appel aurait dû en faire une meilleure démonstration». (jzs/ats)

Il fonce en voiture dans une concession automobile
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