DE | FR

Crise des migrants: Minsk menace l'UE d'une riposte

Des migrants se sont rassemblés jeudi pour recevoir l'aide humanitaire distribuée par les militaires biélorusses, au camp situé à la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno.
Des migrants se sont rassemblés jeudi pour recevoir l'aide humanitaire distribuée par les militaires biélorusses, au camp situé à la frontière biélorusse-polonaise dans la région de Grodno.Image: sda
L'Union européenne a peur que l'histoire se répète, comme en 2015. Deux mille migrants, principalement d'origine kurde, sont coincés entre la Pologne et la Biélorussie.
12.11.2021, 04:2412.11.2021, 07:26

La Biélorussie a menacé jeudi de riposter à d'éventuelles sanctions européennes en lien avec la crise à sa frontière avec la Pologne. Quelques milliers de migrants sont bloqués dans des conditions difficiles. Interpellé, Moscou renvoie la balle à l'UE.

2000 migrants bloqués

Sur le terrain, l'inquiétude se cristallise sur le sort de plus de 2000 personnes bloquées dans un camp de fortune côté bélarusse, où elles se réchauffent en brûlant du bois pour supporter des températures proches de 0°C.

Une «aide humanitaire d'urgence», notamment des couvertures, des vêtements chauds et des couches, a pu leur être acheminée jeudi, a indiqué un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Crainte d'une vague migratoire comme en 2015

Bruxelles, où cette situation a réveillé la crainte d'une vague migratoire similaire à celle de 2015, accuse le régime biélorusse d'Alexandre Loukachenko d'avoir orchestré cet afflux pour se venger de sanctions occidentales, et a annoncé la prise de nouvelles mesures punitives la semaine prochaine.

Aux Nations Unies, à New York, les membres européens et américains du Conseil de sécurité ont condamné dans une déclaration conjointe une «instrumentalisation orchestrée d'être humains» par la Biélorussie afin de «déstabiliser la frontière extérieure de l'Union européenne».

Mise en garde du président biélorusse

Mais le président de Biélorussie a adressé, jeudi, une mise en garde à l'Union européenne, menaçant de «répondre» à toute nouvelle sanction. Selon un communiqué, il a notamment évoqué la possibilité de suspendre le fonctionnement du gazoduc Yamal-Europe qui traverse la Biélorussie et livre du gaz russe vital aux Européens, en pleine crise énergétique.

La cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa, qui vit en exil, a qualifié de «bluff» cette menace:

«Ce serait plus dommageable pour lui, pour le Bélarus, que pour l'UE et je peux supposer que c'est du bluff. Je ne crois plus à une résolution de la crise par voie diplomatique».

Bruxelles accuse le gouvernement de la Biélorussie d'attirer les candidats à l'exil en leur offrant des visas et en affrétant des vols, puis de les acheminer à la frontière polonaise.

Moscou, la «solution»?

Face à cette impasse, l'UE et l'Allemagne ont appelé mercredi la Russie, principal soutien de Minsk, à intervenir. La chancelière allemande Angela Merkel a exhorté le président russe Vladimir Poutine à «user de son influence» auprès d'Alexandre Loukachenko pour mettre fin à ce qu'elle a qualifié d'instrumentalisation «inhumaine» des migrants.

Paris a estimé jeudi que la Russie était «une partie de la solution, puisque la dépendance de la Biélorussie à Moscou est de plus en plus forte», notamment sur le plan économique et politico-militaire.

Et la Pologne dans tout ça?

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a estimé jeudi que son pays était la cible d'une «guerre d'un genre nouveau». Cette fois, «les munitions (utilisées) sont des civils», a-t-il déclaré dans un communiqué publié à l'occasion de la fête nationale de l'Indépendance polonaise.

Les gardes-frontières polonais ont fait état jeudi de 468 nouvelles tentatives de traversée pendant la nuit écoulée. Le vice-ministre polonais de l'Intérieur, Bartosz Grodecki, a précisé qu'un groupe de «150 personnes» avait tenté de «forcer la frontière».

Depuis août, la Pologne a enregistré au total plus de 32 000 tentatives d'entrée illégale sur son territoire, dont 17 300 au mois d'octobre. Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, dix personnes sont mortes dans la zone frontalière depuis le début de cette crise.

La Lituanie et l'Ukraine également au sein de la crise

La Lituanie, qui a elle aussi vu des migrants arriver à sa frontière avec le Bélarus, a plaidé jeudi pour la création d'un «corridor humanitaire» pour évacuer les migrants vers la ville bélarusse de Grodno, dotée d'un aéroport, d'où ils pourraient être renvoyés «chez eux».

Redoutant d'être entraînée dans la crise, l'Ukraine, autre pays voisin du Bélarus, a annoncé jeudi le déploiement de 8500 militaires supplémentaires à la frontière. (ats/jch)

Et sinon, ailleurs sur la planète: le ministre de l'île de Tuvalu, Simon Kofe, les pieds dans l'eau à la COP26

L'actu' internationale, jour et nuit, c'est par ici:

Hillary Clinton pourrait-elle être candidate en 2024 face à Trump?

Link zum Artikel

Le président de Credit Suisse pensait être au-dessus des règles Covid-19

Link zum Artikel

Il ne manquait plus qu'un restaurant NFT à New York, le voici

Link zum Artikel

Les îles Tonga sont coupées du monde réel et virtuel à cause d'un volcan

Link zum Artikel
Mort inattendue du grand couturier Thierry Mugler
C'était un artiste protéiforme et l'un des créateurs favoris des stars de Jerry Hall à Kim Kardashian, en passant par Cardi B. Il est décédé dimanche à 73 ans.

Le créateur Thierry Mugler est mort dimanche à 73 ans de «mort naturelle», a annoncé son attaché de presse à l'AFP. Ayant régné sur la mode des années 1980, il continuait de ravir des stars internationales avec ses tenues spectaculaires aux silhouettes marquées.

L’article