Paris: Cet orchestre de 400 personnes a tenté de jouer au milieux des violences
L'Orchestre du Nouveau monde a été créé en 2020, alors que son fondateur, Etienne Jarrier, n'avait que 18 ans. Son idée: encourager «l'écologie et la justice sociale», selon son manifeste.
Depuis, le collectif a accompagné de nombreuses manifestations. Son but est toujours d'apporter de la joie et de créer «la bande originale de la révolution», comme le dit son fondateur. Parfois avec humour, les musiciens classiques n'hésitent pas à faire des références à la pop culture et à se déguiser.
Ce mardi, sur la place de l'Hotel de Ville de Paris, quelque 300 musiciens ont fait sensation, jouant notamment la Marseillaise ou encore la Marche impériale de Star Wars.
Gazés, ils ont tenu 20 minutes
Ce samedi devait donc être un grand jour pour Etienne Jarrier. Sur la place de la République, à Paris, le chef d'orchestre autodidacte attendait quelque 400 musiciens. L'orchestre était ouvert à tous, et les instrumentistes pouvaient télécharger les partitions pour se mettre au parfum.
On jouait notamment la bande-son des Avengers
Une répétition était programmée à 11h30, soit avant le début de la manif'. Le concert de l'Orchestre du Nouveau monde devait démarrer à 13h. Mais, rapporte Telerama, qui cite Le Monde, la police a envoyé des gaz lacrymogène dès 12h20. La suite, c'est Etienne Jarrier qui a la raconte.
Le musicien explique:
Sur une vidéo, on peut notamment voir les musiciens, dont certains masqués qui tentent de rester concentrés malgré le gaz qui leur brûle les yeux et la gorge. Ils interprètent notamment la musique de Hunger Games, The Hanging Tree.
Alors que les CRS allaient charger, l'orchestre a dû se résoudre à partir. Etienne Jarrier explique:
Le jeune militant est bien entendu remonté:
Une musicienne résume:
A voir si le collectif pourra reprendre les instruments dans une manifestation peut-être moins violente que celle qu'a connue la capitale française samedi.
Car comme le rappelle l'ATS, dans le quartier de l'emblématique place de la République, d'où s'est élancé le cortège parisien, flottaient d'épaisses fumées noires provoquées par des incendies de poubelles, qui se mêlaient à celle du gaz lacrymogène utilisé par les policiers pour contrer plusieurs centaines de manifestants, dont certains tiraient des mortiers d'artifice.
Deux personnes ont escaladé la statue, près de laquelle une voiture a été incendiée, pour l'habiller d'un gilet jaune floqué «2026 la police mutile les lycéens». (joe)
