Ils ont brûlé deux siècles d'histoire
L'incendie qui a dévasté la mairie de Limoges (centre-ouest), lors des violences qui ont éclaté samedi en marge d'une journée de manifestations en France contre la «vie chère», est «circonscrit», ont annoncé dimanche les autorités départementales.
«C'est sciemment que le feu a été mis», a dénoncé le représentant de l'État, Maurice Barate, en fustigeant «une horde sauvage» à l'origine du sinistre, qui a très lourdement endommagé l'édifice du 19e siècle, et de très nombreux dégâts dans la ville.
La partie historique du bâtiment, dont la toiture s'est effondrée, est «quasi 100% détruite» à l'intérieur, seule la partie arrière de la mairie, moderne, ayant pu être préservée par les pompiers, a précisé le préfet.
Dimanche matin, la façade, à l'architecture inspirée de l'hôtel de ville de Paris, était encore debout mais privée de son beffroi, avec de nombreuses vitres éclatées, l'ensemble donnant l'impression d'une coquille vide.
«Radicalisés et extrêmement violents»
«Vive la commune», lisait-on sur la margelle de la fontaine située devant l'édifice, une référence aux communes insurrectionnelles qui ont eu lieu dans plusieurs grandes villes françaises, notamment à Paris, à la fin du 19e siècle.
Environ 5 000 personnes, dont plusieurs centaines d'individus «radicalisés et extrêmement violents» selon les autorités, ont participé à la manifestation organisée samedi dans la ville pour la mobilisation du 17 octobre.
De violents heurts ont opposé ces derniers aux forces de l'ordre, notamment devant la mairie quand elle a été prise pour cible, des individus brisant des vitres pour s'introduire à l'intérieur et mettre le feu.
800 personnes dégagées
De nombreux commerces du centre-ville ont parallèlement fait l'objet de pillages et «des particuliers ont également été pris à partie, parfois de manière violente, en marge des attroupements présents sur les lieux», a souligné la procureure à Limoges, Emilie Abrantes, dans un communiqué.
«Après de nombreuses interpellations, 17 personnes, dont 7 mineurs, sont en garde à vue» dimanche matin, a-t-elle ajouté.
La police dépassée
La police nationale «a manqué de moyens» et «a reculé» face aux casseurs, à Limoges comme ailleurs, a dénoncé dimanche le maire de cette ville, dont la mairie a été incendiée volontairement samedi lors de la mobilisation du 17 octobre.
«La police républicaine a reculé dans ce pays. En 2026, à Limoges, comme dans d'autres villes de France hier soir», a déclaré Guillaume Guérin (LR) à la presse devant les décombres de l'édifice.
«Une extrême gauche a infiltré environ 700 individus. Cagoulés, surentraînés, armés. Mieux équipés que certains policiers nationaux, et là pour tuer des flics», a poursuivi l'édile.
S'ils sont arrivés devant l'hôtel de ville, c'est «parce que la police nationale qui les contenait sur les boulevards, à 15H30, n'avait plus de munitions (des grenades de désencerclement, NDLR). Je cite», a dit Guillaume Guérin, élu en mars à la tête de la ville.
De Paris à Marseille, la journée de mobilisation contre la «vie chère» a réuni des centaines de milliers de Français samedi, à six mois de la présidentielle, mais s'est conclue par des affrontements et des scènes de chaos d'une intensité rare, des «casseurs» se livrant jusque dans la soirée à des pillages et dégradations vivement condamnés par le gouvernement. (afp)
