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Manifestations Limoges: ce bâtiment historique a pris très cher

Vidéo: watson

Ils ont brûlé deux siècles d'histoire

L’incendie qui a ravagé la mairie de Limoges samedi, en marge des manifestations contre la vie chère en France, est désormais circonscrit, ont annoncé les autorités. Mais il aura coûté sa façade et ses vitres à ce bâtiment historique du 19e siècle.
18.10.2026, 11:1018.10.2026, 12:33

L'incendie qui a dévasté la mairie de Limoges (centre-ouest), lors des violences qui ont éclaté samedi en marge d'une journée de manifestations en France contre la «vie chère», est «circonscrit», ont annoncé dimanche les autorités départementales.

France, Limoges: Une «horde sauvage» a tout brûlé
Les flammes de samedi soir détruisent le toit et les vitres.Image: watson

«C'est sciemment que le feu a été mis», a dénoncé le représentant de l'État, Maurice Barate, en fustigeant «une horde sauvage» à l'origine du sinistre, qui a très lourdement endommagé l'édifice du 19e siècle, et de très nombreux dégâts dans la ville.

La partie historique du bâtiment, dont la toiture s'est effondrée, est «quasi 100% détruite» à l'intérieur, seule la partie arrière de la mairie, moderne, ayant pu être préservée par les pompiers, a précisé le préfet.

Dimanche matin, la façade, à l'architecture inspirée de l'hôtel de ville de Paris, était encore debout mais privée de son beffroi, avec de nombreuses vitres éclatées, l'ensemble donnant l'impression d'une coquille vide.

«Radicalisés et extrêmement violents»

«Vive la commune», lisait-on sur la margelle de la fontaine située devant l'édifice, une référence aux communes insurrectionnelles qui ont eu lieu dans plusieurs grandes villes françaises, notamment à Paris, à la fin du 19e siècle.

Environ 5 000 personnes, dont plusieurs centaines d'individus «radicalisés et extrêmement violents» selon les autorités, ont participé à la manifestation organisée samedi dans la ville pour la mobilisation du 17 octobre.

De violents heurts ont opposé ces derniers aux forces de l'ordre, notamment devant la mairie quand elle a été prise pour cible, des individus brisant des vitres pour s'introduire à l'intérieur et mettre le feu.

800 personnes dégagées

«Il y avait énormément de casseurs devant l'établissement (...) à peu près 800 personnes qui ont dû être dégagées par les forces de l'ordre»
Barate

De nombreux commerces du centre-ville ont parallèlement fait l'objet de pillages et «des particuliers ont également été pris à partie, parfois de manière violente, en marge des attroupements présents sur les lieux», a souligné la procureure à Limoges, Emilie Abrantes, dans un communiqué.

«Après de nombreuses interpellations, 17 personnes, dont 7 mineurs, sont en garde à vue» dimanche matin, a-t-elle ajouté.

La police dépassée

La police nationale «a manqué de moyens» et «a reculé» face aux casseurs, à Limoges comme ailleurs, a dénoncé dimanche le maire de cette ville, dont la mairie a été incendiée volontairement samedi lors de la mobilisation du 17 octobre.

«La police républicaine a reculé dans ce pays. En 2026, à Limoges, comme dans d'autres villes de France hier soir», a déclaré Guillaume Guérin (LR) à la presse devant les décombres de l'édifice.

«La police nationale a manqué de moyens. Les renseignements territoriaux vous le disent, la police nationale vous le dit, la préfecture vous le dit»

«Une extrême gauche a infiltré environ 700 individus. Cagoulés, surentraînés, armés. Mieux équipés que certains policiers nationaux, et là pour tuer des flics», a poursuivi l'édile.

S'ils sont arrivés devant l'hôtel de ville, c'est «parce que la police nationale qui les contenait sur les boulevards, à 15H30, n'avait plus de munitions (des grenades de désencerclement, NDLR). Je cite», a dit Guillaume Guérin, élu en mars à la tête de la ville.

«Donc la police a reculé et ce qui était prévisible s'est produit. Une partie du cortège s'est disloquée, les manifestants pacifiques sont tranquillement partis et ceux qui étaient là pour casser et détruire sont venus en partie devant l'hôtel de ville, amenant avec eux un certain nombre d'abrutis. Jeunes. Je ne sais pas s'ils ont conscience de ce qu'ils font ceux-là»

De Paris à Marseille, la journée de mobilisation contre la «vie chère» a réuni des centaines de milliers de Français samedi, à six mois de la présidentielle, mais s'est conclue par des affrontements et des scènes de chaos d'une intensité rare, des «casseurs» se livrant jusque dans la soirée à des pillages et dégradations vivement condamnés par le gouvernement. (afp)

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