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Bolsonaro, officiellement accusé de «crime contre l'humanité»

Le rapport accusant Bolsonaro de «crime contre l'humanité» approuvé

Une commission du sénat brésilien a accepté un dossier accusant le gouvernement d'avoir «délibérément exposé» les Brésiliens à «une contamination de masse».
27.10.2021, 06:2627.10.2021, 15:20
Le rapport de la commission d'enqu
Le président brésilien Jair Bolsonaro.Image: sda

La commission d'enquête parlementaire (CPI) sur la pandémie au Brésil a approuvé tard mardi le rapport accablant de ses six mois d'enquête. Il recommande l'inculpation du président Jair Bolsonaro pour neuf crimes, dont «crime contre l'humanité». Le président est, selon le rapport, responsable - via sa politique - de la mort de plus de 300 000 Brésiliens, soit la moitié du nombre de décès dus au Covid dans le pays.

A l'issue de dizaines d'auditions, souvent poignantes, la CPI a accusé le gouvernement d'avoir «délibérément exposé» les Brésiliens à «une contamination de masse».

De quoi est-il accusé?

Sept des 11 sénateurs ayant mené les travaux de la commission ont approuvé en soirée le texte de près de 1200 pages qui demande l'inculpation du président pour, notamment:

  • «Crime contre l'humanité»
  • «Prévarication»
  • «Charlatanisme»
  • «Incitation au crime»

A l'issue du vote, les sénateurs ont observé une minute de silence en hommage aux plus de 606'000 Brésiliens décédés du Covid-19.

Le texte, qui avait été présenté par le rapporteur Renan Calheiros la semaine dernière, recommande aussi l'inculpation de quelque 80 personnes, dont plusieurs ministres, ex-ministres, compagnies et les trois fils aînés de Bolsonaro, tous des élus.

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Alors, Bolsonaro sera-t-il jugé?

La CPI ne pouvant aller plus loin, son rapport va être transmis au parquet, seul compétent pour inculper les personnes qu'elle a incriminées. Ce qu'il faut retenir:

  • Dans le cas de Jair Bolsonaro, les spécialistes jugent une inculpation peu probable, puisqu'elle est du ressort du procureur général, Augusto Aras, un allié du président.
  • Toutefois, le «crime contre l'humanité» pourrait être jugé à la Cour pénale internationale de La Haye.

Les accusations de la CPI devraient donc avoir une portée surtout symbolique pour l'heure, Jair Bolsonaro bénéficiant aussi de soutiens au Parlement à même de lui éviter une destitution.

Comment se défend Bolsonaro?

Le président brésilien - anti-vaccin, anti-pass sanitaire et dont la cote de popularité est au plus bas - s'était dit la semaine dernière «coupable d'absolument rien».

«Nous savons que nous avons fait ce qu'il fallait dès le début»
Jair Bolsonaro

Mais pour la CPI, ces crimes sont «intentionnels», le gouvernement ayant délibérément décidé de ne pas prendre les mesures nécessaires contre le coronavirus, espérant que la population atteigne «l'immunité collective», une stratégie «à haut risque». (jah/ats)

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