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Le président brésilien Jair Bolsonaro.
Le président brésilien Jair Bolsonaro.Image: Shutterstock

Bolsonaro est «responsable» de la mort de plus de 300 000 Brésiliens

Un rapport d'une commission du Sénat brésilien conclut que le président a délibérément laissé le coronavirus tuer ses concitoyens dans une tentative ratée d'immunité collective. Il s'apprête à être lourdement incriminé.
20.10.2021, 02:5220.10.2021, 18:32
Jason Huther
Jason Huther
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Le président brésilien Jair Bolsonaro devrait être inculpé d'homicide de masse pour sa gestion calamiteuse de la pandémie. C'est ce qu'affirme un rapport très attendu d'une commission du Congrès brésilien. Il estime que le chef de l'Etat aurait délibérément laissé le coronavirus se propager dans sa population et, de fait, tuer des centaines de milliers de personnes.

Pourquoi? Il aurait, à travers sa politique, visé le double objectif suivant:

  • Chercher une immunité collective;
  • Relancer l'économie du pays.

Finalement, cela s'est révélé un échec sur les deux tableaux, rapporte le New York Times.

D'où vient l'information?

Le journal de référence américain a pu consulter des extraits de ce dossier à charge dont la publication est prévue prochainement, si bien que certains détails pourraient encore changer avant sa diffusion.

Le document recommande, en outre, également d'inculper 69 autres personnes proches du pouvoir. Parmi elle, les trois fils du président brésilien, relate, cette fois CNN.

Dans le détail qu'est-il reproché au président?

De ce dossier de près de 1200 pages on peut retenir quelques éléments:

  • Le président Bolsonaro est responsable - via sa politique - de la mort de plus de 300 000 Brésiliens, soit la moitié du nombre de décès dus au Covid dans le pays;
  • Le rapport exhorte les autorités à emprisonner le président;
  • Bolsonaro est également accusé de «génocide» à l'encontre de groupes indigènes en Amazonie, où le virus a décimé les populations pendant des mois après que les hôpitaux ont manqué d'oxygène;
  • Le président a fait la promotion de médicaments comme l'hydroxychloroquine, bien après qu'il a été démontré inefficace;
  • L'Administration Bolsonaro a provoqué un retard de plusieurs mois dans la distribution de vaccins au Brésil en ignorant plus de 100 courriels de Pfizer;
  • Le gouvernement a choisi de surpayer un vaccin non approuvé en provenance d'Inde. Un accord qui a, ensuite, été annulé à cause de soupçons de corruption.

Qui est derrière cette commission?

Le rapport est rédigé par un groupe de sénateurs brésiliens à l'issue de six mois d'enquête. Cette commission sénatoriale spéciale Covid-19 a tenu plus de 50 auditions, rappelle le New York Times. Ces dernières ont mis en lumière le système de corruption et les opérations de désinformation du pouvoir.

La commission, en elle-même, est dominée par des élus de l'opposition. Fait ironique, l'un des quatre soutiens du président à l’intérieur de cette institution est son fils Flavio et le rapport sur lequel il votera, la semaine prochaine, recommandera également des accusations criminelles à son encontre

Que risque Bolsonaro?

Ce n'est pas encore très clair. Le rapport pourrait conduire à des accusations criminelles. Le procureur général, Augusto Aras, est la seule autorité habilitée à dénoncer pénalement le président de la République auprès de la Cour suprême fédérale. Si le rapport est approuvé, il aura 30 jours pour le faire.

Par ailleurs, les allégations de la commission ont peu de chances d'être retenues, car le dirigeant d’extrême droite dispose d'un solide soutien au Parlement pour contrer à une éventuelle procédure de destitution, selon Libération.

Un avis partagé par le site de la Veja, un magazine brésilien. Ce dernier rappelle que la plupart des accusations portées ont été déjà examinée en partie. Toutes sauf une. Celle qui affirme que l'Administration Bolsonaro n'a pas fait son boulot en ne fournissant pas à temps des doses de vaccins.

Par ailleurs, le bureau du procureur salue, selon la Veja, le fait que l'enquête menée ait permis de lever le voile sur de nombreuses irrégularités pratiquées par des entreprises, notamment dans l'attribution et la vente de vaccins.

Alors cela a servi à quoi?

Toutefois, ces révélations pourraient s'avérer un défi majeur pour le chef d'Etat ultrapolarisant, qui doit affronter l'an prochain une élection et souffre d'une baisse de popularité. Ce qui est sûr, c’est que ces révélations diviseront encore un peu plus un pays déjà fracturé.

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