Marine Le Pen maintient «totalement» sa confiance en Jordan Bardella
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle française de 2027, a annoncé samedi maintenir «totalement» sa confiance en Jordan Bardella. Le président de son parti est accusé d'avoir écrit des messages antisémites en 2013, ce qu'il dément. Elle a indiqué à «La Tribune Dimanche»:
La campagne présidentielle pourrait être bouleversée
Il s'agit de la première réaction publique de la cheffe de file du Rassemblement national, deux jours après que le média d'investigation Mediapart, à l'origine de ces révélations, a publié des éléments d'authentification de ces messages.
Cette affaire pourrait bouleverser la campagne présidentielle, puisque Jordan Bardella est prédestiné au rôle de premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen, qui fait actuellement figure de favorite dans les sondages. Elle écorne également sa stratégie de «dédiabolisation» menée depuis 15 ans par le mouvement d'extrême droite.
Mediapart avait dans un premier temps publié lundi des captures d'écran de messages datant de 2013, qu'il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. «Les banques sont toutes détenues par des Juifs»; «Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur», aurait notamment écrit sur la plateforme Messenger – la messagerie de Facebook – Jordan Bardella, qui conteste «formellement» être l'auteur de ces messages.
L'authenticité est fermement contestée
Marine Le Pen s'était alors affichée immédiatement en soutien de son dauphin, dénonçant une «barbouzerie», et promettant de «démonter ces manipulations bien lourdes et bien crasseuses». Elle avait même suggéré à Mediapart «d'enfiler son costard en kevlar». Elle s'est montrée plus mesurée après la deuxième salve tirée par Mediapart jeudi soir. Le journal en ligne s'appuie notamment sur l'extraction de ces messages par Meta, maison-mère de Facebook, sous contrôle d'huissier.
Selon Mediapart, des éléments biographiques révélés dans les conversations par l'utilisateur du compte prouvent bien qu'il s'agissait du vrai Jordan Bardella: mère née en Italie, mention d'une interview qu'il avait accordée au quotidien «Le Parisien» en 2013, ou échec au concours de Sciences Po, grande école parisienne.
Jordan Bardella a fustigé «des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus». Il avait ajouté dès jeudi soir:
(btr/ats)
