Accusé d'écrits antisémites, Bardella dénonce des faux
Le journal Mediapart s'appuie notamment sur des conversations privées, qu'il affirme avoir pu authentifier, qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l'été 2013, alors qu'il avait entre 17 et 18 ans.
Parmi ces conversations, plusieurs propos antisémites, comme «Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur».
«Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites», a réagi sur X le président du RN, affirmant avoir chargé son avocat d'engager «les procédures nécessaires».
Sollicité par le journal, Jordan Bardella, appelé à devenir premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, a répondu par courriel au média en dénonçant des «faux grossiers».
«Une barbouzerie dont Mediapart a le secret»
«Le fait que je n'étais pas militant actif au sein du Front national durant l'été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces 'sources'», a-t-il aussi déclaré.
«Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu'un faux, qu'une barbouzerie dont Mediapart a le secret», a réagi de son côté Marine Le Pen.
Le Rassemblement national mène une stratégie de «dédiabolisation» depuis que Marine Le Pen a repris en 2011 les rênes du parti à son père, Jean-Marie Le Pen, connu pour ses propos négationnistes qui lui ont valu d'être condamné à plusieurs reprises en justice.
Jordan Bardella avait été en mars 2025 le premier dirigeant de ce parti officiellement invité par le gouvernement israélien à venir en Israël pour une conférence sur la lutte contre l'antisémitisme.
Alain Soral
Un volet de l'enquête de Mediapart développe également une «fascination» qu'aurait eu le jeune militant pour Alain Soral, l'idéologue antisémite qui a rompu ses liens avec le FN en 2009.
Quatre ans plus tard, dans ces mêmes conversations, Jordan Bardella aurait écrit au sujet de l'essayiste, déjà condamné, notamment en Suisse, pour diffamation raciale et incitation à la haine: «ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits».
Mediapart affirme que le jeune militant RN aurait évoqué par exemple «la soumission de la France à une logique sioniste» ou le fait que «sionisme et domination bancaire so[ie]nt liés (Goldman Sachs, Rotschild, Lehman Brothers...)». (sda/ats/afp)
