Une rare trêve annoncée par Melania Trump semble tenir en Ukraine
Un cessez-le-feu localisé, annoncé par Melania Trump en vue d'une opération humanitaire, semblait tenir mardi matin, autour d'Olechky, ville occupée du sud de l'Ukraine en proie à des pénuries. Au-delà de cette région, des frappes se sont poursuivies dans la nuit.
La trêve a été annoncée sur fond de rapprochement entre Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump. L'Ukraine et la Russie ont toutes les deux confirmé que cette pause, rarissime, tenait après avoir commencé à 01h00 GMT à Olechky.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé, mardi matin, que «pour l'instant, aucun signalement de violation» n'avait été rapporté. Même son de cloche chez Pavlo Drogal, un porte-parole de l'infanterie de marine ukrainienne déployée dans cette zone.
L'AFP n'est pas en mesure de vérifier sur place l'arrêt des hostilités, dont la durée et les contours géographiques restent flous.
Melania Trump dans le coup
La première dame des Etats-Unis Melania Trump avait annoncé vendredi cette trêve à Olechky pour faciliter l'acheminement d'aide humanitaire et l'évacuation d'habitants, la Russie refusant un cessez-le-feu généralisé depuis le lancement de son invasion il y a presque cinq ans.
«Je m'attends à ce que certains veuillent aller en Russie et d'autres en Ukraine», a-t-elle ajouté. Mardi, la chaîne de télévision d'Etat russe Vesti a diffusé des images, non datées, censée montrer des civils se déplaçant à vélo à Olechky.
Routes dangereuses
Moscou a aussi affirmé que les habitants souhaitant partir l'avaient pour la plupart déjà fait, alors que la population d'Olechky, touchée par de graves inondations en 2023 après l'explosion d'un barrage déclenchée par la Russie selon Kiev, est passée d'environ 24 000 habitants à quelque 2000 aujourd'hui.
Située sur le fleuve Dniepr, qui marque la ligne de front dans la région méridionale de Kherson, Olechky est sous occupation russe depuis les premières semaines de l'invasion russe lancée en février 2022.
La ville se trouve à moins de 10 kilomètres à vol d'oiseau de Kherson, la capitale régionale, reprise lors d'une contre-offensive ukrainienne en novembre 2022 et violemment bombardée par la Russie depuis.
Olechky et ses derniers habitants sont très isolés car leur ville est à la fois sous la menace permanente des drones explosifs russes et ukrainiens, qui attaquent les véhicules, et parce que les routes y conduisant sont minées.
Selon d'anciens résidents interrogés par l'AFP début octobre, cette situation a provoqué de graves pénuries de nourriture et de médicaments ces dernières semaines. L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement d'entraver les livraisons de vivres et les évacuations.
Négociations en novembre
Cette opération intervient dans un contexte de rapprochement entre le président Donald Trump et la Russie, au grand dam de l'Ukraine et de ses alliés européens.
Lundi, le Kremlin s'est déclaré ouvert à d'autres trêves humanitaires de ce type, tout en soulignant que les négociations prévues en novembre entre Moscou, Kiev et Washington n'impliquaient pas de ralentissement des opérations militaires.
A Kiev, en état d'alerte quasi permanent, des frappes russes lundi soir puis pendant la nuit ont tué une personne et endommagé des installations médicales, un bâtiment universitaire et des dortoirs pour étudiants, selon les autorités locales.
Le pont Sud, une infrastructure importante de la capitale qui relie les deux rives du Dniepr, a également été endommagé, entraînant sa fermeture ainsi que celle de plusieurs stations de métro, également touchées, a indiqué le maire Vitali Klitschko.
En territoire ukrainien occupé, un autocar reliant Moscou à la Crimée annexée a été frappé par un drone ukrainien, faisant un mort et 31 blessés, selon le gouverneur installé par la Russie, Evguéni Balitski. Et en Russie, des attaques de drones ont fait deux morts dans la région frontalière de Briansk, et un autre dans celle de Belgorod. (jah/ats/afp)
