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Deux migrantes périssent lors d’une traversée de la Manche

Deux migrantes périssent lors d’une traversée de la Manche

Au large de Neufchâtel-Hardelot, près de Boulogne-sur-Mer, deux femmes ont trouvé la mort dans la nuit de vendredi à samedi, lors d’une tentative de rejoindre le Royaume-Uni à bord d’une embarcation de fortune.
27.09.2025, 10:5627.09.2025, 10:56

Deux migrantes sont décédées dans la nuit de vendredi à samedi lors d'une nouvelle tentative de traversée clandestine de la Manche entre la France et le Royaume-Uni.

Le drame s'est produit à hauteur de Neufchâtel-Hardelot, près de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, alors que près d'une centaine de migrants tentaient de prendre la mer sur une embarcation de fortune, a déclaré à l'AFP la sous-préfète de Montreuil-sur-Mer, Isabelle Fradin-Thirode.

Une soixantaine de personnes ont été prises en charge par la protection civile, les autres s'étant dispersées avant l'arrivée des secours, a-t-elle précisé. Trois personnes en hypothermie légère, un couple et leur enfant, ont par ailleurs été transportées «très rapidement» à l'hôpital de Boulogne-sur-Mer, a ajouté la sous-préfète.

Cela porte à au moins 25 le nombre de personnes décédées au cours de ces tentatives de traversées clandestines entre la France et le Royaume-Uni depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. Plus de 500 migrants ont péri dans la Manche depuis 1999, selon des associations.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre, trois migrants sont morts, vraisemblablement écrasés au fond d'une embarcation partie de Sangatte, près de Calais. Les autorités avaient alors également mentionné trois migrants probablement disparus en mer dans un autre secteur durant la même nuit.

Vendredi, une équipe de l'AFP avait constaté dans la localité de Gravelines que plusieurs centaines de migrants se déplaçaient vers le littoral, s'apprêtant à tenter des départs vers le Royaume-Uni depuis différents endroits à la faveur d'une fenêtre météo favorable.

«Si je reste ici, je suis mort»

Ces traversées très périlleuses se font sur des embarcations de fortune de quelques mètres de long, surnommées «small boats», souvent surchargées et dont les départs sont régulièrement chaotiques.

Malgré le renforcement régulier des moyens français pour empêcher ces traversées – avec un soutien financier conséquent du Royaume-Uni – ces départs ne faiblissent pas, bien au contraire: plus de 32 000 personnes sont parvenues à rejoindre les côtes britanniques depuis le début de l'année, un record.

Sous la pression notamment de l'extrême droite, le gouvernement britannique travailliste a conclu un accord migratoire avec Paris cette année, entré en vigueur depuis août, prévoyant le retour en France de migrants entrés illégalement au Royaume-Uni en échange de l'envoi dans le sens inverse de personnes pouvant prétendre à une régularisation, sur le principe du «un pour un».

De premiers échanges de quelques personnes entre Paris et Londres dans le cadre de ce nouvel accord ont eu lieu ce mois-ci. Mais ce dispositif, très critiqué par les ONG et s'exposant à des recours en justice, n'a pour l'instant qu'une portée essentiellement symbolique.

Il ne dissuade guère les candidats à l'exil de tenter de traverser la Manche, eux qui ont déjà souvent vécu tant d'autres épreuves avant d'arriver si près de leur but ultime. Plusieurs migrants rencontrés par l'AFP plus tôt cette semaine dans le camp précaire de Loon-Plage, près de Dunkerque, étaient ainsi sur la même longueur d'onde. Saad, un Palestinien d'Irak de 30 ans, résumait le mieux la mentalité ambiante à Loon-Plage:

Et si je rentre chez moi, je suis mort»

(tib/ats)

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source: getty images europe / wpa pool
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