«J'ai la nausée»: on a testé l'Hyrox, ce sport qui cartonne en Suisse
Mais dans quoi me suis-je encore embarquée? Mon regard parcourt la salle de cours de l'Infiniti Fitness, à Frick (AG). «Encore deux minutes», lance la coach Vanessa Kämpfer. Ça m'impressionne qu'elle ait encore suffisamment de souffle pour couvrir la musique assourdissante!
A côté de moi, les femmes pédalent sur leurs vélos d'appartement comme si la ligne d'arrivée du Tour de France était à portée de main. Ici, faute de place, le vélo statique remplace la traditionnelle course à pied dans l'Hyrox. En réalité, nous devrions pédaler debout, et non assises sur la selle. Mais je triche un peu et dois déjà me rasseoir. Sans cela, je ne tiendrais jamais les 75 minutes.
Ce soir-là, je participe à un bootcamp Hyrox avec 15 autres personnes. Pendant le cours, la moitié des participants pédalent durant trois minutes, tandis que les autres effectuent chacun l'un des différents exercices de l'Hyrox. Puis les rôles s'inversent.
Nausée, sueur et détermination
J'ai déjà souvent observé sur mon téléphone les huit épreuves mêlant force et endurance. Depuis des mois, les réseaux sociaux me montrent régulièrement des personnes qui courent à travers d'immenses halls, font chauffer les rameurs à blanc et s'épuisent en enchaînant les burpees – un exercice très intense qui combine une flexion des jambes, une position de pompe et un saut vertical. Et quoi de mieux que de tenter l'expérience soi-même?
Une barre chargée sur les épaules, je traverse la salle en effectuant des fentes (on avance en écartant les jambes, le genou arrière devant toucher le sol à chaque pas). Après seulement deux longueurs, je ne parviens déjà plus à toucher le sol avec mes genoux. Je serre les lèvres pour éviter d'avaler la goutte de sueur qui ruisselle sur mon visage.
Place aux burpees. J'ai tellement la nausée que je dois me concentrer pour ne pas vomir. Alors que je me redresse péniblement et m'apprête à sauter, la musique change et un nouveau morceau résonne dans la salle, porté par des basses puissantes. «I'm sexy and I know it», entend-on. Cela fait pourtant longtemps que je ne me suis pas sentie aussi peu séduisante. Et malgré tout, cette musique assourdissante me donne étrangement du courage.
Autour de moi, je vois la sueur briller sur le front des hommes et des femmes. Mais rien ne les arrête: ils pédalent sans relâche et enchaînent les différents exercices. Au programme figurent notamment la traction et la poussée d'un traîneau lesté, le SkiErg, un appareil qui reproduit le mouvement des bâtons en ski de fond, les burpees avec saut en longueur, le rameur, le transport de deux lourdes kettlebells, les fentes ainsi que les fameux «Wall Balls».
Ces lancers de ballon contre un mur constituent mon dernier exercice. Mais au lieu de propulser le médecine-ball vers le haut, presque jusqu'au plafond, je le laisse sans cesse échapper de mes mains tremblantes. Lorsque la coach Vanessa Kämpfer coupe la musique et annonce la fin du circuit, je suis déjà complètement trempée de sueur.
Le cours est terminé et nous prenons quelques minutes pour reprendre notre souffle. En plus de Vanessa Kämpfer, Joel Giger a lui aussi participé à l'entraînement. Il est le directeur de la salle de fitness et a été à l'origine de l'introduction du bootcamp Hyrox.
«Avant, je faisais presque exclusivement de la musculation», raconte Vanessa Kämpfer. Mais la combinaison de force et d'endurance, deux qualités indispensables en Hyrox, l'a conquise.
On est certes épuisé physiquement, mais on se sent incroyablement bien.
Lors des compétitions, les participants doivent parcourir huit kilomètres de course à pied, entrecoupés de huit ateliers physiques. Au programme: rameur, poussée et traction de traîneau lesté, burpees, fentes ou encore lancer de ballon lesté contre une cible.
Accessible aux amateurs comme aux athlètes confirmés, l'Hyrox se pratique individuellement, en duo ou en relais. Il se distingue du CrossFit par son format standardisé, identique d'une compétition à l'autre.
De manière générale, il règne «une ambiance de folie» dans les halls qui accueillent les compétitions Hyrox, selon Kämpfer. Comme c'était par exemple le cas ce week-end à Genève, du 9 au 11 octobre, pour la deuxième édition du Let's Go Fitness HYROX Geneva. «Tout le monde s'encourage mutuellement, c'est tellement génial», s'enthousiasme-t-elle. Professionnels ou débutants, tous se réjouissent pour ceux qui parviennent à franchir la ligne d'arrivée après huit tours.
«L'Hyrox existe depuis bientôt dix ans. Mais c'est seulement depuis trois ou quatre ans qu'il a véritablement pris son essor», explique Joel Giger. Et il voit une grande qualité dans cette discipline «hybride»: elle incite même les hommes et les femmes les plus musclés à faire travailler leur système cardiovasculaire.
En principe, l'Hyrox conviendrait à tout le monde, jeunes et moins jeunes, sportifs entraînés ou personnes encore peu en forme. «Ce que je recommanderais toutefois à chacun, c'est de faire un examen cardiaque», souligne Giger. Car vous l'aurez compris: même si elle procure du plaisir, cette activité reste un effort intense.
Adaptation en français: Yoann Graber
