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Image: EPA EFE

Messi au Barça, c'est 20 ans de titres et un geste devenu légendaire

Après le départ surprise de l'Argentin, impossible de ne pas se rappeler ses plus belles soirées à Barcelone. Retour sur le Clásico de 2017 où Lionel Messi, la lèvre en sang, a crucifié le Real Madrid à la dernière minute.
06.08.2021, 10:0906.08.2021, 16:03
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Ce soir-là, Lionel Messi débarque au stade Santiago-Bernabéu à Madrid avec la tête des mauvais jours. Au sens propre d’abord, l’Argentin arborant un magnifique oeil au beurre noir suite à un choc aérien avec le milieu de la Juventus, Miralem Pjanic quelques jours plus tôt.

Mais, au-delà de l’aspect esthétique, c’est surtout la situation du FC Barcelone qui préoccupe le futur sextuple Ballon d’or. Les Blaugranas viennent d’être éliminés de la Ligue des Champions et comptent, au coup d’envoi, trois points de retard sur leur éternel rival madrilène dans la course à la Liga.

La défaite est donc interdite pour les Catalans. Lionel Messi, lui, se sait attendu. Il n’a plus marqué face à la Casa Blanca depuis six confrontations, une éternité pour le meilleur buteur de l’histoire du Clásico.

Un début de match sanglant

Et les choses ne vont pas aller en s’améliorant pour l’Argentin. Dès la douzième minute, le numéro 10 réceptionne le ballon dans le rond central et élimine avec facilité son adversaire direct, Casemiro. Mais celui-ci se retourne et cisaille l’attaquant par-derrière.

A peine le temps pour l’arbitre de coller un avertissement au Brésilien que Messi se retrouve une nouvelle fois à terre, le visage en sang. Au ralenti, les 650 millions de téléspectateurs découvrent le coup de coude de Marcelo dans la mâchoire de la Pulga. Le choc est tel que certains prétendront plus tard qu’il a coûté une dent au meneur de jeu.

A priori involontaire, le geste fait pourtant ressurgir les heures sombres du Clásico, quand José Mourinho avait élevé le vice et les sales coups au rang de tactique footballistique face à la supériorité barcelonaise.

Image: Keystone

Tandis que le défenseur madrilène se fait désinfecter le coude, Messi revient sur le terrain, une compresse médicale dans la bouche. Quelques instants plus tard, la Casa Blanca ouvre le score sur un centre de Marcelo poussé au fond des filets par… Casemiro.

Comme dans tout bon scénario, les vilains commencent par triompher. Mais les Catalans n’ont pas le temps de s’apitoyer sur leur sort. A peine deux minutes plus tard, l’Argentin prend les choses en main, fait disparaître deux joueurs madrilènes à l’entrée de la surface et trompe Keylor Navas.

Le réveil de Messi

Un numéro d’équilibriste réalisé et célébré une compresse pleine de sang à la main. Juste avant la mi-temps, Lionel Messi croit même pouvoir donner l’avantage à son équipe quand il se rue en contre-attaque sur le but adverse. Mais sa chevauchée est stoppée par une nouvelle faute flagrante de Casemiro.

Si le Brésilien échappe, miraculeusement, à un deuxième avertissement, ce ne sera pas le cas de son capitaine, Sergio Ramos, expulsé à un quart d’heure de la fin pour un énième tacle les deux pieds en avant sur la Pulga.

Image: Keystone

En supériorité numérique et menant désormais 2-1 grâce à une merveille de frappe d’Ivan Rakitic, les Catalans paraissent en excellente position pour ravir la place de leader à leur éternel rival. A cinq journées de la fin du championnat, ces trois points pourraient s’avérer décisifs.

Mais un tel duel ne pouvait pas en rester là. A la 85e minute, James Rodríguez se charge de relancer le suspens et de faire lever tout le Santiago-Bernabéu en égalisant d’une reprise à bout portant. Malgré une ultime réaction d’orgueil des Barcelonais, la partie semble se diriger vers un match nul faisant les affaires des hommes de Zinédine Zidane.

Et le reste est historique...

Pourtant, ce 234e Clásico va basculer dans la folie. Il ne reste plus que trente secondes à jouer quand, parti de son poteau de corner, Sergi Roberto, le latéral droit catalan, se lance dans une course désespérée. A grandes enjambées, il remonte une bonne partie du terrain, déposant Modric puis Marcelo, avant de transmettre le ballon à André Gomes.

Aux abords des 16 mètres madrilènes, le Portugais temporise avant de servir parfaitement Jordi Alba qui centre en retrait. La sphère roule paresseusement à l’entrée de la surface, à la recherche d’un destinataire. Il sera argentin, il sera gaucher.

Oublié de tous, Lionel Messi surgit de nulle part. Bien aidé par la malice de Luis Suárez, il invente un espace entre Toni Kroos et Nacho, entre Keylor Navas et son poteau. Quand les filets tremblent, les joueurs de la capitale s’effondrent sur leur pelouse et le Barça reprend la tête du championnat.

Comble du symbole, l’assassin argentin vient de planter son 500e pion sous le maillot blaugrana. Il cherche des yeux son passeur pour le remercier de l’offrande mais celui-ci court dans la direction opposée. Alors, Lionel Messi improvise.

Une célébration
devenue iconique

Pris d’une inspiration géniale, il retire son maillot et le brandit devant les tribunes madrilènes, exhibant son nom et son numéro face à des supporters atterrés. Regard de défi dans les yeux, l’Argentin toise ce Colisée moderne dont il ressort blessé mais victorieux.

Anecdote du règlement, l’arbitre Alejandro Hernández Hernández vient avertir le meneur de jeu d’un carton jaune qu’il avait jusque-là utilisé pour tenter de le protéger des mauvais coups.

Les tristes amateurs de statistiques rappelleront sans doute que, fin mai, c’est tout de même la Casa Blanca qui sera sacrée reine d’Espagne. Mais ce 23 avril 2017, la Pulga a gagné bien plus qu’un titre. Lui, qui est d’habitude aussi brillant sur le terrain que sobre au moment de fêter ses réalisations, s’est offert une célébration iconique, de celles que l’on reproduit dans les cours de récréation.

La légende raconte qu’au moment de quitter le stade ce soir-là, Lionel Messi souriait de toutes ses dents. Ou presque.

Je n'ai jamais rien vu de plus fort
Ce récit est tiré du livre Je n'ai jamais rien vu de plus fort, paru aux éditions Cousu Mouche en 2021. De Mohamed Ali à Martina Hingis en passant par Joël Gaspoz et Michel Platini, 26 auteurs romands se sont réunis pour raconter leur plus beau moment de sport.
Image: Cousu Mouche

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