Sanction historique pour le gardien de Genève-Servette
Le public bernois est en colère: il siffle le gardien de Genève-Servette, Robert Mayer, pendant toute la séance de tirs au but. Ce dernier quitte ensuite la patinoire sous une immense bronca, après la victoire de son équipe 3-2 à l’extérieur.
Que s’est-il passé?
Lors de cette séance fatidique, Mayer ne s’est laissé battre ni par Emil Bemström, ni par Dario Rohrbach, Rodwin Dionicio, Rodrigo Abols et Benjamin Baumgartner. Auparavant, il avait déjà arrêté 94,44% des tirs adverses durant le match. Jimmy Vesey est le seul à avoir transformé son tir au but face à Connor Hughes, ce qui a suffi à offrir la victoire à Genève-Servette.
Robert Mayer n’est certes plus que le gardien numéro deux du GSHC, derrière Stéphane Charlin. Mais vendredi à Berne, il a très certainement livré son meilleur match depuis la saison du titre, en 2022/2023. A l’époque, il avait été élu meilleur gardien et MVP de la ligue.
Mais ce ne sont pas ses arrêts qui ont provoqué la colère des supporters des Ours. Pendant la séance de tirs au but, Mayer a agacé en faisant traîner le jeu. Il a ostensiblement pris son temps avant de se déclarer prêt à affronter les tireurs adverses, qui ont donc dû patienter tout en gambergeant. L’arbitre Daniel Piechaczek confirme:
Piechaczek ne se souvient pas avoir infligé de pénalité lors d’une séance de tirs au but. Il officie depuis plus de quinze ans.
De fait, celle de dix minutes attribuée à Robert Mayer constitue un événement historique. Depuis l’introduction des tirs au but en cas d’égalité en saison régulière, en 2006, une telle pénalité n’avait encore été prononcée qu’une seule fois.
Le 26 janvier 2013, Kloten avait battu l’EV Zoug 3-2 aux tirs au but. Le Zougois Linus Omark avait échoué face au gardien Ronnie Rüeger. Une altercation s’en était suivie. Omark avait écopé d’une pénalité pour dureté excessive, Rüeger d’une pénalité pour «slashing».
Et voilà que vendredi soir à Berne, Robert Mayer a été sanctionné d’une pénalité de dix minutes pour comportement antisportif. Comme le veut le règlement, il a pu rester dans son but et n’a eu à rejoindre ni le banc des pénalités ni les vestiaires. Ses provocations n’ont eu aucune conséquence. Sauf peut-être dans les têtes des Bernois, et c’est là toute l’intelligence du gardien genevois.
Le meilleur buteur du CP Berne, Dario Rohrbach, déclare toutefois à propos de cet épisode qu’il ne l’a pas perturbé. «Pour moi, cela n’a joué aucun rôle.» Dit-il seulement vrai?
