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Yéniches: Le Conseil national reconnaît la persécution

Vue des caravanes des gens du voyage depuis le site de Y-Parc avec les policiers de la Police du Nord vaudois le 8 mars 2024 à Yverdon.
Vue des caravanes des gens du voyage depuis le site de Y-Parc avec les policiers de la Police du Nord vaudois le 8 mars 2024 à Yverdon (image d'archives). keystone

Le Conseil national reconnaît que la Suisse a persécuté ce peuple

Le Conseil national a reconnu lundi la persécution des Yéniches et des Manouches/Sintés en Suisse, adoptant une déclaration qualifiant ces actes de crime contre l’humanité.
27.04.2026, 19:5127.04.2026, 19:51

Le Conseil national reconnaît la persécution subie par les Yéniches et les Manouches/Sintés en Suisse. Il a adopté lundi, par 100 voix contre 67 et 20 abstentions, une déclaration qualifiant de crime contre l'humanité les actes perpétrés sur ces communautés.

Le texte vise à contribuer au travail de mémoire touchant à une période très sombre de l'histoire suisse. Le Conseil fédéral avait déjà reconnu ce «crime contre l'humanité» il y a un an.

«Il appartient à notre Parlement de faire de même pour que ce pan de notre histoire ne se répète plus jamais», a déclaré Vincent Maitre (Centre/GE) pour la commission. La fondation Pro Juventute, à l'origine du programme «Oeuvre des enfants de la grand-route» au XXe siècle, a retiré entre 1926 et 1973 des enfants aux gens du voyage.

2000 enfants concernés

Des organisations caritatives religieuses ont également participé à ces actes. Les enfants ont été placés dans des foyers, des familles d'accueil, des asiles psychiatriques et des prisons.

On estime à 2000 le nombre d'enfants concernés. Des adultes ont aussi été mis sous tutelle, placés dans des institutions, interdits de mariage ou stérilisés de force.

L'UDC et une partie de la droite étaient contre. Elles n'ont pas été suivies.

Faire la lumière

L'Union des Associations et Représentants des Nomades Suisses (U.A.R.N.S.) salue cette décision. Dans un communiqué, elle estime toutefois que des mesures immédiates sont nécessaires. Elle exige notamment la création «rapide» d'une commission indépendante.

Cette dernière devra faire la lumière sur l'histoire des persécutions et des injustices subies par les Yéniches et les Manouches, assurer un processus de vérité, de reconnaissance et de réhabilitation, mettre en place des mesures pour que cela ne se reproduise plus et garantir que des mesures pour réparer les torts. (sda/ats)

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