La voiture électrique coûte de moins en moins face à l’essence
Dans son bilan annuel de l'électrification du transport routier en Europe, publié lundi, le Conseil international pour les transports propres (ICCT) tire ce constat: entre 2020 et 2025, le prix d'achat réel des voitures 100% électriques a baissé de 18% sur le marché automobile allemand (le premier d'Europe), si on neutralise l'amélioration de leurs performances et l'inflation. Dans le même temps, le coût des batteries a reculé de 35% et celui des voitures thermiques a augmenté de 2%.
«Le recul des prix des voitures électriques a été moins rapide que celui du coût des batteries. Il reste donc de la marge pour une baisse supplémentaire dans les années à venir», souligne Peter Mock, directeur Europe de cette ONG environnementale.
Baisse de la production des moteurs thermiques
Au vu des prix élevés des carburants, le bénéfice financier du 100% électrique se manifeste aussi à l'usage. En 2025, conduire une voiture électrique, rechargée alternativement sur des bornes publiques et privées, était 33% moins cher que d'utiliser une voiture thermique équivalente.
D'autant que le déclenchement du conflit au Moyen-Orient à la fin février a encore fait davantage flamber les cours pétroliers cette année.
Côté production de voitures particulières en Europe, la part des thermiques est passée de 91% en 2020 à 72% en 2025. L'an dernier, les voitures électriques ont représenté 19% de la production européenne.
Au premier semestre 2026, le 100% électrique a concentré 22% des nouvelles immatriculations de voitures particulières en Europe. L'attrait pour l'électrique s'est particulièrement manifesté dans les gros marchés comme la France (28% des ventes neuves) et l'Allemagne (26%), mais aussi dans des marchés moins importants comme la Belgique (36%) et le Danemark (80%). L'électrique a aussi commencé à décoller en Italie (8%) et en Espagne (10%).
Sur la même période, la tendance à l'électrification s'est aussi manifestée pour les autobus et autocars (28% des parts du marché neuf européen), les utilitaires et fourgonnettes (21%) et les poids lourds (2,3%).
Selon les auteurs de cette étude, l'électrification des transports routiers réduit déjà de 4,5 milliards d'euros par an les importations d'énergies fossiles dans l'Union européenne. (fnt/ats)
