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Environnement

Le Muséum de Genève face à l'invasion d'un insecte ravageur

Le Muséum de Genève face à l'invasion d'un insecte ravageur

En pleines rénovations, le Muséum d'histoire naturelle de Genève doit combattre un insecte minuscule qui dévore ses collections. Mardi, l'institution a présenté aux médias sa stratégie pour éradiquer le ravageur.
09.06.2026, 15:4209.06.2026, 15:42

«C'est une opération hors du commun qui est menée dans l'urgence contre la vrillette du pain», a souligné Arnaud Maeder, le directeur du Muséum de Genève. Les enjeux sont considérables. L'institution possède en effet des spécimens «totalement irremplaçables» qui servent de référence mondiale au monde scientifique.

«La priorité est la sauvegarde des collections»
Nelly Cauliez, conseillère en conservation du patrimoine au département de la Culture et de la Transition numérique de la Ville

La vrillette du pain a été découverte en grand nombre l'automne dernier au rez-de-chaussée du Muséum.

Un vrai fléau

Cet insecte constitue la hantise des musées de ce genre. Il se nourrit en effet de protéines telles que le collagène et la kératine. Il s'attaque donc aux poils, aux plumes et aussi au bois. L'insecte ne mesure pas plus de trois millimètres à l'âge adulte. Dans un lieu accueillant, sa capacité de ponte est très importante.

Il s'agit d'un insecte cryptique, a précisé Nelly Cauliez. Ses larves se dissimulent à l'intérieur des matériaux et une fois adultes, les individus se cachent dans les recoins. «C'est un ennemi difficile à combattre et extrêmement ravageur à l'état de larve», a ajouté la spécialiste.

Produit interdit

Toujours selon elle, l'infection a probablement plusieurs causes. La principale a vraisemblablement été l'interdiction de l'utilisation du bromure de méthyle, en Suisse, dès 2017. Ce puissant gaz a permis pendant longtemps d'éliminer les parasites. Mais sa nocivité pour l'environnement l'a mis au ban des produits autorisés.

Le fait aussi que le Muséum de Genève soit en travaux depuis 2024 pourrait expliquer la prolifération de la vrillette du pain. «Il y a beaucoup de mouvement, ce qui augmente les risques d'infestation», a noté la conseillère de la Ville. Le dérèglement climatique profite enfin à ces insectes qui aiment les températures modérées.

Le site a pris des mesures urgentes dès la découverte de la vrillette du pain dans ses murs, en septembre dernier. Les pièces les plus touchées ont été congelées afin de se débarrasser du ravageur. Il a ensuite fallu discuter de la stratégie la plus adéquate pour éliminer l'insecte indésirable.

La fumigation au bromure de méthyle a été rapidement abandonnée, la Confédération ayant refusé toute levée exceptionnelle d'interdiction de la substance. Les spécialistes ont également écarté l'idée d'une lutte biologique. Le fait d'introduire un prédateur aurait causé d'autres problèmes.

Privation d'oxygène

Les experts ont finalement opté pour les bulles d'anoxie, qui tuent les insectes en les privant d'oxygène. Il s'agit de placer les spécimens dans des endroits sous vide. Cette solution n'est pas la plus économique, mais en échelonnant les travaux, elle permettra de rouvrir une grande partie du musée au public d'ici à 2028.

Une demande de crédit devra être débattue en urgence lors de la prochaine session du Conseil municipal, à la fin du mois. Si elle est acceptée, l'assainissement en profondeur des galeries du musée pourra commencer à la rentrée, a indiqué la conseillère administrative, Joëlle Bertossa. (ats/vz)

- Ce chien a créé la sensation
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