Un inquiétant phénomène frappe les pilotes de Swiss
«Prendre l'avion est sûr... si tout est fait correctement», déclare Thomas Steffen au micro de la SRF. Membre du conseil d'administration d'Aeropers, le syndicat des pilotes de Swiss et Edelweiss, il était invité à réagir à une enquête de l'European Cockpit Association (ECA), l'organisation européenne des pilotes de ligne.
Menée en août dernier auprès de plus de 7000 pilotes, celle-ci a abouti à des conclusions des plus inquiétantes. Selon la SRF, plus de trois quarts des pilotes ont ainsi révélé s'être déjà brièvement endormis en vol.
En outre, plus d'un tiers d'entre eux admettent ne pas être suffisamment reposés au moment du décollage. Et 40% des sondés expliquent ne pas déclarer ces incidents, par crainte de représailles de la part de leur hiérarchie.
Une réglementation plus stricte exigée
Aeropers indique à la SRF être au fait du phénomène et confirme que celui-ci affecte les pilotes en Suisse. Thomas Steffen pointe notamment la «pression croissante» des compagnies aériennes sur leur personnel dans leur optimisation des coûts.
Aeropers appelle dès lors à une réglementation plus stricte en matière de fatigue, un facteur impliqué selon l'association dans plusieurs incidents, comme le crash d'un avion d'Asiana Airlines qui reliait Séoul à San Francisco en 2013. Celui-ci avait fait trois morts et 182 blessés.
Interpellée par la SRF, Swiss dit prendre cette problématique très au sérieux. Elle explique disposer d'un système de signalement interne des incidents ainsi que de règles «plus strictes que les exigences légales».
La quête de rentabilité «ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité ni du repos nécessaire» aux équipages, conclut la compagnie aérienne. (jzs)
