Deux jeunes hommes arrêtés à Zurich après la manif' de cette nuit
La police cantonale zurichoise a arrêté dans la nuit deux jeunes hommes dans le cadre des violences ayant émaillé des manifestations non autorisées. Selon la police, les deux hommes étaient en possession d'armes et de matériel permettant de se dissimuler le visage.
Les armes saisies étaient des gants lestés de sable de quartz, a précisé dimanche un porte-parole de la police à Keystone-ATS. Ces gants sont considérés comme des armes car ils amplifient la force des coups.
La police cantonale a surpris les deux Suisses, âgés de 19 et 21 ans, alors qu’ils ramassaient des projectiles présumés sur un chantier afin de pouvoir les utiliser ultérieurement contre les forces de l’ordre. Elle a par ailleurs prononcé 18 mesures d’éloignement.
Tard samedi soir, plusieurs centaines de personnes portant des masques d’Halloween se sont rassemblées pour une manifestation non autorisée, qui a entraîné des dégâts matériels. Des participants ont érigé des barricades dans les rues et incendié une voiture.
Les forces de l'ordre ont été attaquées à l'aide de feux d'artifice, de bouteilles et de pierres. Elles ont quant à elles utilisé des canons à eau, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Des débordements ont également eu lieu samedi soir à Bâle et à Berne.
Les Jeunes PLR et les Jeunes UDC zurichois ont exigé dimanche que les partis de gauche et leur section jeunesse se distancient explicitement de ces violences.
Violences condamnées
Le PS de la ville de Zurich a condamné dimanche «avec la plus grande fermeté» la violence et la rage destructrice de la veille. «De toute évidence, les personnes impliquées ne cherchaient que des déprédations et la confrontation», a estimé son président Oliver Heimgartner, cité dans le communiqué.
Il n'y a pas de place à Zurich pour de telles actions, a indiqué à Keystone-ATS Eticus Rozas, co-président des Vert-e-s de la ville de Zurich. Et d'assurer que son parti condamne la violence insensée. Cela le dérange qu'un petit groupe se serve des manifestations de jeunes en Europe, qui ont des revendications légitimes, pour exercer de la violence.
«Etant donné que nous, la Jeunesse socialiste de la Ville de Zurich, n'avons pas été impliqués dans les événements de la nuit dernière et que les faits exacts nous sont inconnus, aucune déclaration hâtive ne peut être attendue de notre part», a écrit sa co-présidente Alexandra Zeidler à Keystone-ATS.
Ressources supplémentaires exigéesPlus tôt, les Jeunes PLR et les Jeunes UDC zurichois avaient exigé que les partis de gauche et leur section jeunesse se distancient explicitement de ces violences. «Contrairement à la France et à l'Italie, il n'y a pas à Zurich de crainte pour l'avenir», a pour sa part écrit le PLR. Et de dénoncer une mise en scène criminelle.
Les Jeunes UDC ont aussi demandé des explications à la conseillère communale Karin Rykart, en charge de la sécurité, tandis que les Jeunes PLR exigent des postes et du matériel supplémentaire pour la police.
Dans une prise de position transmise à Keystone-ATS, Rykart a rappelé qu'elle demande depuis des années davantage de personnel pour la police municipale. Et d'assurer qu'elle continuera à s'engager pour que les policiers et policières puissent mener à bien leur travail exigeant, difficile et essentiel, à savoir assurer la sécurité et l’ordre à Zurich. (dal/tib/ats)
