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Santé

«Il n'y a plus assez de médecins disponibles pour soigner la population»

«Il n'y a plus assez de médecins disponibles pour soigner la population»

Dr. Stephane Fournier, chef de clinique cardiologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) opere une personne avec un probleme de coeur dans la salle de catheterisme le mardi 23 aout 2022  ...
Le manque de praticiens concerne également des domaines spécialisés comme la cardiologie et la radiologie.Image: KEYSTONE
Philippe Luchsinger, le président de l'association Médecins de famille et de l'enfance Suisse, dresse un constat alarmant: la Suisse manque de médecins. Bientôt, les spécialistes de la santé devront refuser certains patients.
29.07.2023, 13:0529.07.2023, 17:51

Le président de l'association Médecins de famille et de l'enfance Suisse, Philippe Luchsinger, alerte face aux conséquences de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans le secteur de la santé. «Nous aurons d'énormes problèmes dans les deux à trois prochaines années».

Dans un entretien diffusé samedi dans les journaux alémaniques du groupe de presse Tamedia, il ajoute:

«Il n'y a plus assez de médecins disponibles pour soigner la population, ni dans les hôpitaux ni dans les cabinets»

Il faut se préparer à devoir attendre plusieurs mois pour avoir un rendez-vous avec un médecin de famille ou pour un examen par un spécialiste, poursuit-il.

Des patients seront refusés

Philippe Luchsinger estime qu'un tri sera introduit:

«Nous devrons refuser des patients atteints de maladies plus bénignes, parce que nous n'aurons plus de temps pour eux. Cela signifie que l'on ne pourra peut-être pas traiter une maladie à un stade précoce.»

Or, pour certaines maladies, comme le cancer, un traitement précoce est décisif, explique Philippe Luchsinger.

Le médecin généraliste de 66 ans remarque que le manque de praticiens ne concerne pas seulement la pédiatrie, mais aussi des domaines spécialisés comme la cardiologie et la radiologie. «On n'a pas réussi à former suffisamment de médecins», déplore-t-il.

Il pointe les limites du numerus clausus. Restreindre le nombre de places d'étude à 1350 par année était loin d'être suffisant, lâche-t-il. Il appelle les cantons à «offrir plus de places d'études». (baf/ats)

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