Incendie du Constellation: les dernières révélations de l’enquête
Un mois après le tragique incendie d'un bar de Crans-Montana en Suisse, le parquet valaisan a élargi son instruction pénale à des responsables sécurité et incendie de la commune, qui seront prochainement entendus avant de nouvelles auditions des propriétaires de l'établissement.
Ce drame survenu la nuit du nouvel an dans le bar Le Constellation a fait 40 morts et 116 blessés, principalement des adolescents et jeunes adultes.
Le couple de Français propriétaires de l'établissement, qui font l'objet d'une instruction pénale pour «homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence», doivent être nouvellement entendus par le ministère public valaisan ces prochains jours: le 11 février pour Jacques Moretti, le 12 février pour son épouse Jessica, selon des documents officiels consultés par l'AFP.
Jacques Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d'une caution, et placé comme son épouse sous mesures de contrainte. La caution totale du couple s'élève a 400 000 francs.
Deux personnes visées au sein de la commune
Depuis mercredi, l'enquête pénale cible aussi désormais deux responsables de la sécurité de la commune de Crans-Montana, qui a reconnu avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans l'établissement depuis 2019, alors qu'ils doivent être faits annuellement.
- L'actuel responsable du service de sécurité publique de la commune de Crans-Montana doit ainsi être entendu le 6 février par le ministère public du Valais, également en «qualité de prévenu», selon une source proche du dossier.
- Un ancien chargé de sécurité incendie de la commune doit également être auditionné le 9 février. Il est aussi cité à comparaître comme prévenu, a indiqué jeudi son avocat, Me David Aïoutz.
«L'enquête avance et c'est une excellente nouvelle pour les familles» des victimes, a réagi auprès de l'AFP Me Romain Jordan, qui représente plusieurs d'entre elles.
Contacté, le ministère public valaisan s'est en revanche refusé à tout commentaire.
Le point sur les causes du drame
L'incendie du bar Le Constellation a été provoqué, selon l'enquête, par les étincelles de bougies «fontaine» qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l'établissement.
L'enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l'incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités.
Le ministère public valaisan fait de son côté face à un flot de critiques sur sa gestion de la procédure. Dernière critique en date : le traitement des images de surveillance de la commune. Plusieurs médias ont affirmé que la police intercommunale n'avait pas conservé les enregistrements avant le drame, à l'exception de ceux entre minuit et six heures du matin.
«Les communes du Haut-Plateau dispose d'environ 250 caméras sur l'ensemble du secteur», mais la question de la sauvegarde des images est du ressort du parquet, a indiqué la police de Crans-Montana.
La commune doit rester a distance de l'enquête
Le ministère public valaisan a de son côté rejeté, dans une ordonnance datée du 27 janvier, la demande de Crans-Montana visant à être reconnue comme partie à la procédure pénale. Me Jordan, avocat de victimes, commente:
Le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, avait expliqué lors d'une conférence de presse le 6 janvier ne pas savoir pourquoi les contrôles périodiques du bar n'avaient pas été effectués de 2020 à 2025.
Le résumé de la conférence de presse de Crans-Montana 👇
Silencieux depuis, il a déclaré cette semaine qu'il «regrette de ne pas avoir demandé pardon et formulé des excuses, au nom de la commune» lors de la conférence de presse.
Interrogé sur sa responsabilité dans le drame, il a affirmé: «Je suis coupable aux yeux de beaucoup de gens. Le ministère public instruira et établira les responsabilités de chacun, dont la mienne et j'y ferai face». (jah/afp)
