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Une personne s'apprete a tracer des noms sur le bulletin de vote de la liste du conseil communal ce vendredi 12 fevrier 2021 a Daillens. Le premier tour des elections generales communales (municipalite et conseil communal) dans les communes du canton de Vaud se deroule le dimanche 7 mars 2021. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)

Le 7 mars, les Vaudois et les Fribourgeois sont invités à élire les personnes qui les représenteront au sein du conseil législatif de leur commune. Image: KEYSTONE

Mais à quoi servent ces gens pour qui l'on doit voter?

Le 7 mars, Vaudois et Fribourgeois éliront ceux qui les représenteront au sein de leur commune, durant cinq ans. Si cette longue liste de noms à sélectionner paraît décourageante, vous allez voir qu'elle a un impact très concret sur notre vie quotidienne.



Dans la vie, il y a deux choses dont la plupart d'entre nous ignorent l'utilité. La petite poche à l'intérieur de la poche droite de notre jeans et le conseil législatif de notre commune. Surtout que, pour ne rien arranger, ce dernier porte un nom différent d'un canton à l'autre.

Malgré ce flou artistique, il y a quelques semaines, Vaudois et Fribourgeois ont reçu une interminable liste de noms, avec pour consigne, de choisir celles et ceux qui les représenteront pour les cinq prochaines années. On a donc décidé de vous aider à y voir plus clair.

Déjà, exécutif, législatif, qui fait quoi?

«L'exécutif fait tourner la commune au quotidien, explique Lionel Pisani, élu PLR au législatif de Romanel-sur-Lausanne (VD) depuis quinze ans. Ils paient les employés, font venir la voirie pour déblayer la neige, etc. Mais à chaque fois qu'ils veulent changer quelque chose dans la commune, ils doivent passer devant nous, le conseil législatif. En fait, nous, on représente les citoyens.»

Le pouvoir législatif est chargé d'élaborer les lois et les règlements qui régissent la vie de la commune. Il est appelé conseil communal (VD), conseil général (FR, VS, NE, JU) ou conseil municipal (GE).

Le pouvoir exécutif est responsable d'administrer la vie de la commune, de mettre en œuvre les lois et de gérer les affaires courantes. Il est appelé municipalité (VD), conseil municipal (VS dans les grandes villes), conseil communal (FR, VS, NE, JU) ou conseil administratif (GE).

Un impact très concret

C'est donc le législatif qui va décider, par exemple, s'il faut une nouvelle place de jeu près de la gare, un bancomat au centre du village, si certaines rues doivent être limitées à 30 km/h, ou encore si le préau de l'école doit être agrandi. Les idées peuvent venir tant du législatif que de l'exécutif, mais au final, c'est toujours le législatif qui tranche par un vote lors de l'une de ses séances en soirée.

A cause du rythme de la politique de milice et des différentes procédures à respecter, il faut souvent beaucoup de temps – davantage que ce que l'on imagine de l'extérieur – pour faire avancer les projets. Mais, quand ils aboutissent, ils influencent très concrètement le quotidien des habitants.

Un autre domaine où le législatif a un effet direct: celui des impôts communaux. Chaque année, les conseillers doivent voter pour fixer le taux. «Ça, ça a un impact sur le porte-monnaie des gens, même s'ils la plupart ne se rendent pas compte que c'est nous qui décidons», pointe Lionel Pisani.

Un véritable sacerdoce

Très clairement, les conseillers au législatif donnent de leur personne pour leur commune. Ils se réunissent entre une et trois fois par mois, voire plus, en fonction de leur implication et de la taille de la ville. Très souvent en soirée, ces séances peuvent vite se révéler interminables et se perdre en débats stériles.

En y ajoutant les différentes commissions, auxquelles ils doivent participer à tour de rôle, et les nombreux rapports à lire, les élus consacrent donc, au total, entre 5 et 20 heures par mois à leur mandat. Et tout ça, bénévolement ou presque.

«Parfois, on entend: "les politiciens s'en mettent plein les poches". Je peux vous assurer qu'il n'y a rien à gagner, d'un point de vue financier, dans nos mandats»

Stéphane Balet, élu socialiste au législatif d'Yverdon

«On reçoit des jetons de présence, au total cela fait entre 300 et 500 francs par année», détaille Elodie Surchat, conseillère socialiste à Bulle (FR). A peine de quoi couvrir les frais donc. Les tarifs sont à peu près les mêmes à Romanel-sur-Lausanne et à Yverdon (VD) où Stéphane Balet, élu socialiste au législatif, touche 700 à 800 francs par an.

Heureusement,
ils ont la passion

Malgré toutes ces difficultés, tous soulignent les aspects positifs de leur engagement en politique. «C'est une expérience de vie extraordinaire. Tu développes tes idées, tu apprends à écouter les gens et tu accrois ta culture générale», assure Lionel Pisani.

Elodie Surchat abonde. «Ce que je trouve intéressant à l'échelon local, c'est que c'est très concret, on peut orienter l'action de la commune dans laquelle on habite pour les prochaines années.»

Stéphane Balet met lui aussi en avant son plaisir de défendre des causes et de prendre part à des décisions. Il pointe également un autre aspect, plus social. «Cela m'a permis de rencontrer beaucoup de gens et de connaître tout le monde à Yverdon. Rien que pour ça, ça valait la peine.»

PS: Pour la poche du jeans, vous savez, celle de l'intro, la réponse se trouve ici.

La politique locale est bien différente de celle de la TV

«Je ne me reconnais pas dans l'image que le grand public a des politiciens. A notre niveau, c'est beaucoup moins politisé. Ici, c'est le bien de la commune qui compte. S'il y a une bonne idée, on la suit, qu'on soit de gauche ou de droite», assure Lionel Pisani, élu PLR au législatif de Romanel-sur-Lausanne.

Un ressenti confirmé par Elodie Surchat, élue socialiste au législatif de Bulle. «C'est assez différent de la politique que l'on voit à la TV. Il y a moins une guerre de tranchées entre la gauche et la droite et moins de politique politicienne. Il y a davantage de discussions entre nous.»



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