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«Certains pensent qu’avec leur diplôme en poche, ils ont le monde à leurs pieds»

Le mentorat. Dans l’univers du travail et des études, personne ou presque n’échappe à ce terme. Il sonne bien, mais que signifie-t-il vraiment? Est-ce juste une mode ou la clé du succès?

Guy studer



En partenariat avec FH Suisse

L'association FH Suisse fournit le contenu de ce blog. Guy Studer y parle du monde du travail, de carrière, d'éducation et de formation. Il ne s'agit pas d'un contenu payant.

Les fondateurs et fondatrices de start-up jurent souvent par le mentorat. On le retrouve aussi partout dans le monde du travail et dans le cadre des hautes écoles. Mais pourquoi maintenant? Et comment fonctionne un bon mentorat? Roland Schmid (68 ans) a les réponses. Il a travaillé de nombreuses années dans le tourisme, notamment en tant que responsable des domaines Communication, Durabilité et Gestion de crise chez TUI Suisse pendant 17 ans.

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Roland Schmid.

Aujourd’hui, il est toujours actif dans cette même branche, mais comme conseiller, intervenant et mentor indépendant. Il représente la Fédération Suisse du Voyage auprès d’organismes nationaux et internationaux. De plus, il s’engage dans le programme de mentorat de la HES des Grisons.

Monsieur Schmid, que signifie le mentorat?
Roland Schmid: Le mentorat a entre autres pour objectif de guider les diplômés et diplômées des hautes écoles de la théorie à la pratique et de leur offrir un soutien. En effet, malgré la pénurie de personnel qualifié, il n’est souvent pas aisé de trouver un emploi ou le bon poste. Pour moi, cela signifie encourager les jeunes à suivre leur voie et leur apporter mon soutien pour qu’ils puissent évoluer sur le plan personnel et professionnel. Ils apprennent à gérer les différentes options offertes après les études. Comme le disait Aristote, puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles. Or, il n’y a pas de recette miracle. Pour cette raison, au début du mentorat, nous définissons les objectifs que la personne mentorée souhaite atteindre pendant la période d’accompagnement d’un an.

Il semble que de nos jours, le monde de l’économie et de la formation n’a d’yeux que pour le mentorat. Pourquoi ce concept est-il si à la mode?
Peut-être qu’on entend ce terme plus souvent. La HES des Grisons a par exemple démarré un tel programme en 2007 déjà. Par le passé, des «parrains» et des «marraines» accompagnaient la relève. Le manque de personnel spécialisé fait que, outre la manière dont développer leurs compétences sociales et spécialisées, les personnes mentorées peuvent aussi acquérir, de manière informelle, une expérience professionnelle. Et cela, aucun livre ne vous l’apprendra.

Il s’agit donc plus d’une nécessité que d’une mode?
Ce n’est en effet pas une mode, mais un besoin de l’économie et de la société. Et c’est aussi un moyen d’associer l’expérience et les nouvelles connaissances. Tout comme d’aller au-delà de l’aspect générationnel dans les entreprises. C’est possible car nous communiquons plus que par le passé. Les jeunes veulent progresser et ont soif de connaissances. Leurs aînés, eux, sont disposés à partager leur réseau et leur savoir.

En quoi se distingue un bon mentorat?
Premièrement, Le ou la mentor et la personne mentorée doivent être sur la même longueur d’ondes. Un peu de sympathie mutuelle ne fait bien sûr pas de mal. Ce n’est pas une relation hiérarchique, mais pas une amitié non plus. Il est essentiel que les souhaits de la personne mentorée et les compétences de son ou sa mentor soient en adéquation. J’ai parfois dû refuser après avoir constaté que je n’étais pas la bonne personne. Deuxièmement, le ou la mentor guide et motive la personne mentorée, en expliquant par exemple comment s’imposer ou comment négocier. Troisièmement, le ou la mentor aide son ou sa protégé-e à trouver un emploi, l’intègre dans un réseau ou encore rédige une recommandation. Il ou elle l’emmène par exemple à un événement et le ou la présente personnellement à ses connaissances. Quatrièmement, il faut de l’engagement et de la confiance de la part des deux parties concernées! C’est une relation donnant-donnant. Pour cette raison, on n’est pas uniquement disponible à des heures fixes, mais aussi pour répondre à un appel ou à un mail.

Avez-vous déjà vécu un mentorat infructueux?
Oui, j’ai été témoin d’une «rupture». Mais cela est plutôt rare; un échec menace par exemple quand l’une des personnes impliquées ne prend pas le mentoring au sérieux. Dans ce cas, il faut l’interrompre. Un jour, un mentoré m’a demandé si je voulais devenir son mentor, car le sien n’avait pas assez de temps.

Les attentes des personnes mentorées sont-elles parfois trop élevées?
J’aimerais citer l’humoriste allemand Wilhelm Busch: «Celui qui a grimpé sur un arbre à grand-peine et pense déjà être un oiseau se trompe.» Les personnes mentorées s’engagent et ont de grandes attentes au niveau professionnel. Certaines pensent qu’avec leur diplôme en poche, elles ont le monde à leurs pieds. Nombre d’entre elles s’attendent même à un poste de direction, mais la réalité est souvent bien différente. De nos jours, les carrières ne sont plus linéaires et prennent parfois des voies secondaires. Il faut parfois commencer par un stage, sans pour autant se faire exploiter; cela peut être la bonne manière de mettre en lumière sa personnalité par le biais d’un bon travail et d’acquérir de l’expérience. Et c’est précieux.

Comment profitez-vous de votre rôle de mentor?
Je profite tellement, les échanges avec les jeunes sont fantastiques! Nous gardons le contact, je vois de quel bois ils sont faits et l’idée qu’ils se font du travail, de leur carrière et de leur employeur. Je découvre de nouvelles perspectives et suis souvent prié de remettre en question ma vision de la vie professionnelle. Dans le cadre du programme de la HES des Grisons, un événement de mentorat annuel a lieu, où l’on fait connaissance avec d’autres mentors. Un précieux réseau voit ainsi le jour.

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